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fin il pourra user — portait la Bulle — du linge et de l'argenterie dont dispose Téconomat du palais pour le service des étrangers et des hôtes. Il pourra de même disposer de tout le personnel du palais dont le service ne prend pas fin avec la mort du Pontife ».

Nous avons dit que le Majordome, gouverneur du Conclave, doit régler le service des « tours », assurer le roulement du personnel de la prélature en fonctions, déterminer les occupations de tous le& individus attachés au service du palais, pourvoir aux fournitures et aux approvisionnements. Pour tous les détails relatifs au service de surveillance, il devra s'entendre avec le Maréchal chargé de la haute direction de la police militaire qui, du dehors, assure la clôture matérielle du Conclave. Les origines de cette organisation remontent très haut : dès le XIP et le XlIP siècles, il est fait mention du maréchal de la Cour pontificale comme d'une sorte de chef de la maison militaire des papes, chargé surtout de la police du palais et du personnel qui y était attaché. Dans les grandes cérémonies religieuses, il portait la tiare du Pontife, et, comme grand maître du palais, il représentait le pape auprès des princes étrangers et des hôtes de distinction. On lui confiait aussi, parfois, des missions confidentielles et délicates pour lesquelles on ne voulait pas faire appel aux agents diplomatiques. Il en résulta que cette charge, dont l'importance grandissait, fut ambitionnée par les représentants des principales familles patriciennes.

Lors de la fameuse élection de Yiterbe d'où date l'invention du Conclave fermé, un Savelli, parent du Camerarius Cencio (Ilonorius III), était, dit-on, mare-

chai de la Cour pontificale. En cette qualité, il seconda vigoureusement les intentions des gens de Viterbe et fit bonne garde autour de la clôture (1271). Il paraîtrait même que, pour le. récompenser de son zèle, Grégoire X, l'élu de ce premier Conclave, lui aurait accordé rhérédité, dans sa famille, du titre et de la dignité de Custode du Conclave. Nous voyons cependant à Avignon, les fonctions de maréchal de la Cour pontificale exercées par quelques gentilshommes provençaux, lesquels furent accusés de prélever un impôt spécial sur les personnes que leur policé était chargée de surveiller. Quoiqu'il en soit, et à Avignon même, Innocent VI (1332), reconfirma le privilège des Savelli, et depuis lors, malgré quelques tentatives faites au commencement du XV' siècle pour confier la garde du Conclave aux chevaliers de Malte (1), les chefs de cette famille ont toujours été investis de cette prérogative.

Chef de la police de la Cour pontificale, le Maréchal exerçait encore une certaine action judiciaire, qui lui valait parfois le nom de maréchal de justice . Les Savelli avaient, de ce chef et parmi leurs privilèges, la direction d'un véritable tribunal de police correctionnelle, la Cwna Sabellia, installée près de leur résidence patricienne, non loin du palais Farnèse. A ce tribunal était annexée une prison spéciale, sur remplacement de laquelle Innocent X fit édifier les vastes bâtiments des Carceri 7iuove^ sous la

(1) Les ambassadeurs des princes étrangers furent aussi parfois requis pour la garde du Conclave. Il en fut ainsi notamment aux Conclaves de Nicolas V (1447) et de ses successeurs, surtout à celui ouvert par la mort d'Alexandre VI (1513). — La Bulle In eligendis de Pie IV nomme les Oratores Principum parmi les personnages auxquels les Cardinaux pourront confier la garde du Conclave.

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devise Jusiilùr et démentis. La Ciiria Sabellia, qui, dans le principe, exerçait sa juridiction sur le personnel laïque de la Cour pontilicale, poussa graduellement si loin ses cmpiëtcmentsqu'audébutdu XVI' siècle, Jules II et plusieurs de ses successeurs furent obligés de la restreindre, jusqu'à ce qu'enfin Innocent X (1641) la supprimât complètement. C'est à partir de ce moment aussi que les attributions du Maréchal commencèrent à décroître, de telle sorte qu'il n'en resta plus guère que la partie accessoire et occasionnelle : la Cuslodie ou la garde du Conclave, dernier débris des anciens privilèges de la maison Savelli.

Nous avons entrevu quelques-uns de ces privilèges, mais nous ne pouvons les énumérer tous. L'ne garde d'honneur se plaçait jadis fi la porte du palais du prince Maréchal aussitôt après la mort du pape. Pendant la période des novemdiali, le Maréchal faisait une tournée oflicielle de visites aux cardinaux présents à Rome. On aménageait, pendant ce temps, son appartement au Vatican, à cfllé de la Scala liegia de Berniai, vers l'escalier spécial qui, de la petite Cour — dite encore fitt riiarécha/, — conduit directement à la <i Salle Royale ». Sur la place de S. Pierre, l'on construisait des corps-de-garde pour ses gens d'armes.

Que le lecteur nous pardonne les répétitions et les retours en arrière : mais au milieu de l'amoncèlement des détails et de l'enchevêtrement des situations, les redites sont inévitables. Nous avons vu quelle jour de l'entrée en Conclave, le Maréchal prête serment dans la chapelle Pauline, entre les mains du Camerlingue, immédiatement après le Majordome, t'ette ce-

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rémonie accomplie, il visile les cardinaux dans leurs /•flliilfts, et, pendant que le Camerlingue surveille la .ure des serrures intérieures, il préside à tout concerne la clôture extérieure. Dès lors, il a constamment sur lui, dans une bourse de ve- :ramoisi, les clefs de cette clôtureun cardinal retardataire demande à entrer en ive, c'est le Maréchal qui le reçoit et qui ouvre, à e convenue avec le Camerlingue, la grande poritérieuae. 1! reçoit les ambassadeurs qui désirent uniquer avec le S. CoIl^ge, à la grille de cette porte ; il veille à ce que nul ne cherche à prali- [uelque ouverture clandestine ; il a la responsades <' tours » ; c'est un de ses officiers qui, chaque , les ouvre et qui les ferme chaque soir. Même embres de la prélature qui font un service aule ces » tours » relèvent de lui ; aussi sont- 'ités,chaque jour et à toui- de rôle, soit à sa table celle du Majordome. Maréchal et Majordome reit pour cela de la Chambre apostolique le piatto lleécus romains parmois.Onvoyait ce dignitaire er, lorsqueRome était au Pape, se promenerdans eet se rendre de tempsentempsàquelque égligrande pompe et accompagné de lagarde suisse, e plus grand plaisir du peuple. Ces beaux jours it plus 1 Mais aujourd'hui comme alors, une fois :ion du Pape faite, le Maréchal procédera à l'oure de la grande porte de clôture, il sera le second us du dehors ^baiserlamule dunouveauPon- L recevoir sa bénédiction : le Majordome seul ici le pas sur lui.

allait, pour rintelligence du fonctionnement du

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Conclave, décrire minutieusement ce rôle du Maréchal, bien que la situation nouvelle de la papauté y ait introduit des modifications déjà signalées, en partie, à l'occasion du Conclave de 1878. A Rome plus que partout ailleurs, tout — même les innovations — s'explique par l'histoire.

Le dernier des Savelli mourait on 1712, enseveli dans l'Église d'Ara-Cœli, ayant aux pieds de son cercueil les deux clefs d'argent, symbole de sa dignité séculaire. Le pape Clément XI (Albani) n'avait pas voulu que ces clefs historiques des Savelli passassent, avec le reste de leur héritage, aux Sforza-Cesarini.

Elles furent données par lui au neveu d'Alexandre VU, don Agusto Chigi. Tous les princes Chigi ont exercé depuis, à leur tour, cette charge, à titre héréditaire. D'abord ils armaient une compagnie de cent de leurs hoitimes portant la livrée bleue et blanche; mais, plus tard, ils commandèrent le détachement d'infanterie que le ministre des armes mettait à leur disposition. Pie VI mécontent, paraît-il, de l'attitude de don Sigismond, en 1791, après les premiers mouvements révolutionnaires de France, suspendit sa dignité de maréchal, mais pour en investir, deux ans plus tard, son fils, don Agostino. Celui-ci se rendit à Venise, en 1799, pour y exercer ses fonctions près du Conclave au couvent de S. Georges dont sortit l'élection de Pie VII. Il eut ensuite la garde des quatre conclaves célébrés, en ce siècle, au Quirinal, y compris celui de Pie IX.

En 1878, nous avons vu, don Mario — le frère du cardinal qui avait été nonce à Paris — remplir son office au conclave de Léon XIII ; et, selon toute prévision, ce sera lui encore qui sera le Custode duCon-

vc prochain. Mais aon fils lui succède ra-t-il à son ir? Ici la réponse est dlTRcile et la question délle. L'établissement, & Rome, de la royauté de Savoie ivisé le patriciatdes vieilles familles romaines en IX camps : Neri et Bianchi, GueKes et Gibelins, ttme au temps du Dante. Et malgré les mélanges, Igré les nuances, malgré les gris et les tons interdiaires qu'on rencontre du Vatican au Quirïnal, la tinction se maintiendra, sans doute, longtemps ene. Longtemps encore, on fera la différence des fidè qui iront trouver le Pape dans sa réclusion solitaire les ralliés qui se feront recevoir à la Cour de la Qc Marguerite. Or, don Agoslino, le futur chef de la lille du pape qui encadra la place de S. Pierre is la colonnade du Bemin, l'héritier d'Alexan- : VII, est lieutenant dans l'armée royale de Humt de Savoie !,., On peut donc se demander s'il conlera d'appendre à son écusson aux six montagnes montées de l'étoile d'or, les deux clefs du « Maréil de la Sainte Église romaine et Custode perpétuel Conclave <> ?

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