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Il est inutile d'énumérer les dix-huit manières différentes dont s'est faite, selon Panvinius, l'élection des pontifes romains et qui, de l'avis de Mabillon, peuvent se réduire à six. Depuis le treizième siècle, il n'y a plus que trois modes d'élection pontificale, déterminés par Innocent III (1), réglementés définitivement et précisés par Grégoire XV. C'est presque pour mémoire seulement que nous citons les deux premiers : l'élection par inspiration, acclamation ou adoration (2), et l'élection par coînpromis. Ces deux
(1) Gap. Quia propter. — De elertionr, Décrétai. I, lit. 6. — Ce canon, porté au 4* concile deLatran, vise les élections épiscopales en général, mais ses dispositions étaient appliquées tout naturellement, à l'élection du Pape.
(2) Sous trois désignations différentes c'est presque la môme chose. L'inspiration est le terme générique indiquant une sorte de mouvement d'opinion instinctif, une impulsion spontanée qui se manifeste sous une double forme : soit par V acclamation ou vote à haute voix, soit par Vadorationy ou l'acte d'obédience etd'hom-
m'idf^ ea«ffe(. Li*rD qn^r eooshléré tocjonrç comine licile^. ii<^ T'idreDt SQ^re arec l'allare de« iJioDclaves modernes. L éi^'^tion par ' iiupiratioo ^'esl produite plo^ d'une foi«, dans !•;« siècles pa^sé^. Grégoire VU. pcDdaol qn'il c>fî*fLrail à l'aotel les fiuiênilles de son prédéces^ur Alexandre II, fui acclamé par on long cri sorti de l'assistance du peuple et clei^. — Ad XVI* «iècle ce procédé, sous la forme d'une sorte de vote public, devint assez commue. Clément VII nr,:i . Faul III I5:U . Jules III lôôO . .Marcel II ri.'Î.VM, Paul IV l.j.';.'; , Pie IV 1559, Pie V 1566, Sisie-Quint 1583', Urbain VII il590), furent élus par- acclamation m, ou plutôt par << adoration »: le scrutin public n'était plus ensuite que la con6naatîon de ce vote démonstratif. Avant l'ouverture de l'opération électorale, un groupe de cardinaux sûrs d'';lre suivis par l'immense majorité du Conclave, allait s'agenouiller devant celui que désignait l'opinion générale : les autres suivaient, et l'élection était faite. On votait bien encore, il est vrai, à bulletin ouvert, mais c'était une simple formalité ({). Grégoire XV (1021), bien qu'élu de cette façon, considérant que ce système pouvait facilement dégénérer en démonstrations tumultuaires et trop précipitées, maintint le principe de ce mode traditionnel ; mais,
ma^f! exlûrieur, ayani la uiëme significatioD. Le mol adoralio est priH ùantt le aena <!-lyniologique {"d ot).
li) Au XVI* siècle, qui avait pris l't)abitude de ces procédés un pnii Nom m a ires, le coiiiplémenl par le scrutin, le plue souvent à bulIclinH ouvcrla, uVttait guère qu'une formalité. Pour Sixte V, Vtiiliii-i'iioii (ut sanclionnèe, par un scrutin public, d'appel nominal. Uepuia les bulles do Grégoire XV qui imposent le secret du vote, CDH procédés n'ont plua pu être employés. Déjà avant lui. l'ia IV, frappé des inconvénients d'un vote quasi-public, avoil eu un Insbint la pensi''e de prescrire un mode d'élection analogue à. celui usité pour les Dogea de Venise.
dans la pratique, il y mit des conditions restrictives si formelles que, depuis lors, l'emploi en a disparu en fait.
Ilfaut en effet, désormais , pour qu'une telle élection soit canonique, qu'elle n'ait été, parmi les cardinaux, Tobjet d'aucune entente préalable dans le Conclave ni, à plus forte raison, en dehors du Conclave, et qu'au lieu des deux tiers, ce soilY unanimité des \o\x qui se déclarent en faveur de l'élu acclamé. Il faut qu'au prononcé du nom du candidat, ou sur la proposition formelle de l'un des cardinaux, toute l'assemblée, réunie dans la chapelle du scrutin acclame la candidature ainsi proposée, chaque cardinal prononçant à haute voix la formule Ego eligo (1). C'est, au fond, un vote public et unanime que requiert Grégoire XV, et cela dans des conditions qui ne le rendent guère praticable.
Une démonstration plus fréquemment usitée, et qui ressemble de loin à « l'adoration », est celle pariaquelle, après le dépouillement d'un scrutin où peu de voix seulement ont manqué au candidat de la majorité, le groupe des cardinaux de la minorité va s'agenouiller devant lui et lui baise la main en signe déraillement et d'adhésion. En ce dernier cas, néanmoins, pour prévenir toute surprise et toute contestation, on recommence le scrutin secret, ainsi qu'il fut fait pour Innocent XI en 1676 (2).
\ (1) c Si» par exemple, dit le GérémoDial, ua des cardinaux, sans entente préalable, disait : Reverendissimi Domina perspecta sin^ gulari virtute et prohitate Rev. D, N.,judicarem illum eligoi' dum esse, ipsum eligo in Papam^ et que, spontanément, tous les cardinaux, par le mot Eligo, opinent pour la motion présentée, rélection serait canoniqi^ v.
(2) Ce môme mouvement se produit presque toujours au moment
L'élection par compromis est un procédé utile dans des Conclaves que la division des esprits prolonge outre mesure. C'est en quelque sorte une élection à deux degrés: les cardinaux conviennent à l'wnanimité de désigner un certain nombre de leurs collègues pour choisir le pape (1). L'acte par lequel cette délégation est constituée — acte rédigé avec tout le soin possible — doit indiquer les conditions dans lesquelles le vote des délégués devra s'effectuer et la forme concertée pour en déterminer la validité (2).
où la proclamation d'un scrutin donne à un Cardinal le chiflfre de voix nécessaire. Mais il est inexact de parler alors, comme on le fait parfois, à: élection par adoration,
(1) Ainsi furent élus, notamment, quelques papes de l'époque con temporaine de l'institution du Conclave : CWw^ni IV en 1265 et Grégoire X lui-môme, en 1471 ; puis Clément Vk Pérouse eu 1305 ; peut-être aussi le successeur de ce dernier à Lyon, Jean XXII, qui se fixa définitivement à Avignon (1316), et l'un des derniers pa pes du grand schisme, Jean XXIII élu à Bologne par Tobédience de Pise (1410). Sur le compte de ces deux derniers s*est formée la légende d'après laquelle, chargés de désigner le pape, ils se seraient élus eux-mêmes. Le célèbre Ego sum Papa^ est un conte dont la critique a fait justice.
Depuis le retour des papes à Rome, ce mode n*a plus été employé, et la Constitution de Grégoire XV n'en facilite guère la mise en œuvre. Cependant, il parait qu'au Conclave de Venise, en 1799- 18(X), on songeait, quand arriva le troisième mois, à reco urir au Compromis afin d'obtenir enfin une élection qui aurait été confiée à une commission de dix cardinaux. Mais une majorité se dessina subitement en faveur de Pie VII, et l'on renonça aux moy ens extraordinaires.
(2) Grégoire XV a voulu que l'on employât cette formule :
« In nomine Domini. Amen. — Annoab ejusdem... mense... die... Nos episcopi, presbyteri et diaconi S. R. E. Cardinales omnes et singuli in conclavi existentes, videlicet N. N. {ici on les nomme tous ) elegimus per viam procedere compromissi et unani miter et con cordiler, nemine discrepante, eligimus compromissarioa N. N . et "S. (ici on 7iomme les cardinaux chargés du compromis) CArdinales, etc., quibus damus plenariam facultatem providendi S. R. E. de Pastore sub hac forma, etc. » [Ici les cardinaux exprime nt
Mais, « adoration » « acclamation » ou « compromis », ce sont là, évidemment, des procédures exceptionnelles et extraordinaires : la forme habituelle et normale de Télection pontificale est celle du scrutin. Le s^utin, tant que la majorité requise n'est pas atteinte, est toujours à double tour : le premier tour est lescrutm direct ou proprement dit ; et le second, le scrutin par accession ; tous les deux se suivent toujoui's dans la même séance. Aujourd'hui ces séances ont lieu régulièment deux fois par jour, matin et soir, et tous les cardinaux doivent y assister sous peine d'excommunication. Mais au XVP siècle, on procédait aux scrutins sans ordre déterminé, souvent même pendant la nuit ou de grand matin. Pie IV prescrivit au moins un scrutin par jour et Grégoire XV ordonna le double vote quotidien.
Le vote d'accession, emprunté, paratt-il, aux usages de l'ancien sénat romain, est censé être un moyen d'accélérer le résultat de l'élection (1). Il est basé
la manière et la forme selon lesquelles les délégués procéderont à V élection,)
La formante du compromis se termine ainsi : a Et promittimus nos illum pro Romano Pontiûce habituros, quem Domini compromissarii secundum formam prsBdictam duxerint eligendum. » Cette formule prescrite par Grégoire XV est conforme à celle indiquée déjà par les anciens Ordo romains publiés par Mabillon (Mus. Ital., t. II, p, 246.)
(1) Le vote d'accession semble avoir été pratiqué, pour la première fois, au Conclave de Callixte III on 1455; tentarono : d'eleggerto per accesso, che fin allora non era stato posto in uso (Conclavi dei Pontifici, p. 42). Pour son successeur, Pie II (1458), il est dit de m^me : son soliti i Cardinali^ fatto lo scru tiniOy di mettersi a sedere insieme^ e par lare ira loro se per avventura fosse qualcuno, che volesse mutare propos itOj e la voce dare ad un altroj il quale m^odo si chiamava accesso. A Forigine donc, alors que le nombre des cardinaux était bien moins considérable, l'accession se faisait d'une façon publique, en quelque sorte, et comme en famille. La bulle de Pie IV laissa subsister ce procédé,
612 LE COaCLAl-E. — CHAP. XV
sur le principe qu'un électeur a le droit de modiTier son vote, séance tenante, et de le reporter, dans us second toor, sur un nom qui, au premier, a déjà reçu un certain nombre de suffrages. En accédant ainsi à une candidature à laquelle il n'a manqué que peu de voix, quelques cardinaux peuvent déterminer une élection imniédiate.
Le fonctionnement de ce mécanisme est toujours assez délicat. Mais depuis Grégoire XV, la sincérité en est assurée par un ingénieux système de bulletins et de vérifications. Afin de le mieux comprendre, rappelons les conditions fixées, pourla validité de l'élection, par la Bulle constitutive de Grégoire '^fjElerni Pairis.
i" La majorité requise est celle des deux tiers des cardinaux présents.
2" Nul ne peut se donner à soi-même sa propre voix ; s'il le faisait, son bulletin serait annulé.
3** Nul ne peutdonner, dans le scrutin et dans l'accession, sa voix au m&me candidat, parla raison fort simple que, les suffrages de l'accession s'additionnant à ceux du premier tour, l'électeur se trouveraitdonner deux voix, tandis qu'il ne dispose que d'une seule. Son vote, en ce cas, serait annulé.
4" Pour rendre possible une vérification ad hoc des bulletins du scrutin et de ceux de l'accession, chacun de ces bulletins doit porter une devise et un chiffre correspondants, ainsi que la signature du votant .
5* Néanmoins le secret du vote doit être respecté- En conséquence, tandis que le chiffre et la devise
OPÉRATIONS ÉLECTORALES. — SCRDTIN
sont toujours vérifiés, la signature n'est lue qu'en cas de besoin : par exemple, si l'un des candidats n'obtient strictement que les deux tiers des voix ; ou si deux bulletins à candidats différents portaient des devises semblables, dans le même tour ; ou bien encore si, en comparant les résultats des deux tours, il se ti'ouvait que les chiffres et devises d'un bulletin d'accession ne correspondissent pas à ceux des bullelins du premier tour.
6° Tout bulletin portant deux noms est annulé.
7® Si le nombre des bulletins ne correspond pas à celui des cardinaux présents, le scrutin est annulé, les bulletins sont détruits séance tenante, et le vote recommence aussitôt.
8** Toutes les précautions doivent être prises pour que le secret du vote ne soit pas violé, en dehors des cas où une vérification devient indispensable pour constater l'existence de la majorité requise.
Afin que toutes ces dispositions essentielles soient strictement observées, la Bulle du Cérémonial prescrit minutieusement la forme des bulletins et prévoit les moindres détails de l'opération du dépouillement.
La forme des bulletins est déterminée de façon à concilier le secret du vote avec la possibilité d'en vérifier la sincérité en cas de besoin.
Ces bulletins préparés d'avance par les soins de s cérémoniaires portent, imprimées, les indications générales, et sont divisés en trois compartiments. Dans le compartiment inférieur, l'électeur inscrit une devise et un chiffre quelconques. Ces signes suffisent pour la plupart des vérifications.
Le compartiment supérieur, qui n'est décacheté
61i LK CONCLAVE. — CSAT. XV
que dans les cas extrêmes, contieDt le dodo da votant: EGO Hippoiyius C\RDI.NALIS Guibfrt
Lf compartiment do milieu porte le nom do caadidat, selon la formule :
EUGO IN SUMMUM PONTIFICEM R. D. MEIM D. GARD. Bilio.
Le bulletinestpliédefaçonàceqae, seul.cecom- [larlimentda milieu tombe sous l'œil des Scru/offr;. Les cases inférieure et supérieure sont repliées sur elles-mêmes et cachetées d'an cachet de fantaisie, inonyme en quelque sorte, qui ne trahisse pas celui qui l'emploie. Ce cachet peut porter, au choii, 3es lettres ou des signes de' convention, pourvu que les unes ou les autres soient peu compliqués, afin que le relevé de détail s'en fasse aisément dans l'opération du dépouillement.
Pour plus de sécurité, et afin que la transparence du papier ne laisse rien deviner, le verso des deux compartiments inférieur ef supérieur est couvert de vignettes ou d'arabesques, et porte imprimés en grosses lettres les mots nomen et signa (devises), qui empi^cheronl les Scrutateurs d'ouvrir par mégarde le p'' qui doit demeurer cacheté.
La Bulle du Cérémonial indique, avec un soin uunuticux, la disposition des bulletins et leurs dimensions, donnant, pour plus de précision, le fac-smiif du recto et du verso de ces t schédules » de scrutm- Nous ne pouvons que le reproduire à notre tour :
Voici le modèle du bulletin à la dimension de 0 m. 15 shr 0 m. i2y réduite d'un tiers:
Ego Cardinal
inàlîs.^^^^^^^
mm.
M-fî
^fifgjgQgjf^
Cligo in Sunnouni Pôntifrcem B.^ D incum D "" ' ^ "*^ '
JE
On plie une première fois les bords supérieurs et inférieurs sur les lignes pointillées ab et /m, et on cacheté aux quatre extrémités. On replie une seconde fois, sur les lignes ef et A&, ce qui fait apparaître les vignettes nomen sur la ligne gh et signa sur la ligne iî. On replie encore de façon à recouvrir le compartiment du milieu, D. (Les lignes pointillées n'existent pas dans l'original).
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Presbyteri XL VL
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.g.Oddcalcus -ILScfaônbom -IL.AIberoaoft- -ILGefiires — .«.OeBoufiù .
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