‹ Le confesseur: par l'abbé (volume 2)Chapitre 2 sur 17 · I PRÉFACE SI · texte numérisé non relu

I PRÉFACE SI

Maintenant je poursuis mon œuvre dans le Confesseur. Le clergé semble concentrer aujourd'hui toute sa force dans la confession. A part les hommes honorables dans le clergé séculier qui exercent avec une louable réserve ce difficile ministère, il y a la foule des fanatiques qui se servent du confessionnal pour en faire une machine de guerre. Il ne faut pas avoir beaucoup écouté dans le monde, pour savoir que rien n'est odieux à l'homme moderne comme cet abus incessant d'un ministère respectable par luimême, mais tournant aujourd'hui en une arme terrible contre le progrès de la civilisation.

J'avertis à temps le clergé : les uns pour qu'ils atténuent de plus en plus la domination déjà assez lourde sur les consciences qui est attachée à cette forme pénitentielle ; les autres pour qu'ils comprennent qu'en détournant, comme ils le font, la confession de son but exclusivement religieux, ils sapent le catholicisme par la base, et préparent contre lui une réaction formidable.

Serai -je toujours Gassandre? cela est à craindre. Mais il est honorable, dans une carrière d'écrivain, d'avoir pressenti le danger, d'avoir montré les écueils. Tant pis pour qui s'obstine dans de coupables errements. L'heure viendra où je pourrai dire : Je suis pur de vos malheurs.

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Je ne terminerai pas sans rappeler aux critiques de la grande presse, qu'ils feraient un mquvàis calcul, en espérant adoucir les hommes du jésuitisme par quelques traits un peu vifs contre mes livres. M. Cuvillier-Fleury, des Débats, avait cru faire sa paix avec eux dans son compte rendu du Maudit. Mais de tels hommes ne veulent pas de concessions incomplètes; il fout aller se présenter à eux pieds et poings liés ; il faut venir déclarer qu'on est prêt à jeter l'injure à tout ce qu'on avait adoré jusque-là. Le rédacteur de la Bibliographie catholique, M. U. Maynard, a très bien signifié cela à M. Cuvillieiv Fleury , dans un de ses derniers articles.

Pouvait- il lui pardonner ce qu'il avait rendu de justice à mon livre, et tout ce qui lui était échappé de bienveillant sur « le doux et l'éloquent Julio? » Qu'on le sache bien : il est dans la secte que j attaque, des hommes qui ne veulent que des vaincus, pour les humilier et en faire leurs esclaves. La paix n'est avec eux qu'à ce prix.

Je m'empresse de donner la rectification que me demande M. Sh. de Christiania (Norwége) sur une note du Moine, page 517. Selon M. Sh., il n'y aurait rien de réel dans ces révélations faites à la Chambre des communes par M. Niewdegate et relatées dans cette note.

J'accueillerai toujours avec bienveillance les

renseignements de ce genre qui me seront adressés par la voie de mon éditeur, comme aussi je suis heureux de remercier tous ceux qui m'ont témoigné, soit par des lettres privées, soit par la presse, leurs bonnes sympathies.

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