‹ Le confesseur, Volume 2Chapitre 2 sur 30 · RREUR CAPITALE DE LA MORALE DES DIRECTEURS · texte numérisé non relu

RREUR CAPITALE DE LA MORALE DES DIRECTEURS

Je ne remplirais pas le but élevé de ce livre, si, dans le drame où le personnage singulier que j'ai pris dans les rangs des confesseurs sco* lastiques joue le premier rôle, je ne découvrais pas l'erreur capitale où sont tombés les théologiens qui ont traité des péchés impurs.

Tous partent de ce principe, « que la délectation attachée à l'union des sexes n'est permise que pour la propagation de l'espèce humaine, Delectatio venerea ad solam generis humani pro*pagationem indulta est. » Les théologiens relâchés comme les théologiens rigides s'entendent sur ce point.

Saint Liguori, d'ordinaire tolérant, n'admet

pas même de légèreté dans la matière de la délectation sensible ou naturelle, comme le contact de la main d'une femme.

Sanchez, Billuart, Collet, Bouvier, le père Debreyne admettent légèreté de matière dans cette délectation, mais ils concluent qu'elle est rarement exempte de tout péché. Billuart dit que c'est un péché véniel de regarder une belle femme, de toucher sa main ou son visage.

Les casuistes n'en sont venus à des conclusions aussi bizarres qu'en raison d'une autre idée, tout aussi fausse, que la délectation attachée à nos sens est un acte de nature corrompue.

Avec de tels principes, il est naturel qu'ils se soient livrés à toutes les aberrations qui remplissent leurs livres de mœchialogie. Si, en eflfet, la délectation, c'est à dire un plaisir éprouvé à l'aide des sens, était un acte de nature corrompue, les plus vifs de ces plaisirs qui se rapportent de loin ou de près à Tattrait des sexes seraient les plus coupables. La théologie, à ce point de vue, se comprendrait. Un regard, une pensée, un attouchement seraient un danger, ^t la seule sécurité morale dans la vie serait la réclusion loin du monde ou la fuite dans les solitudes.

Heureusement, il n'en est point ainsi. Il est faux que le sentiment de plaisir, ce que les théologiens appellent délectation, vienne d'une vice

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