PIEUSE CORRESPONDANCE S4S
Les événements nous servent. La paralysie de madame Yillaret tient son fils éloigné de Vareilles. C'est un obstacle de moins. Vous pourrez exercer plus de pression sur le cœur de Laurence en faveur de Chantonnay, qui sent croître chaque jour son amour. Moi-même, dans les intérêts pressants de la papauté et de FÉglise, j'ai hâte que*ce mariage s'accomplisse. Des plans d'une croisade plus énergique, en faveur de notre très saint père, s'y rattachent. La Providence a mis tout cela entre vos mains.
Agissez habilement et fortement sur votre mari et sur votre fille.
J'ai maintenant ceci à vous proposer. Je vais m'appartenir complètement pour la première quinzaine de juin. Mon supérieur m'a accordé ce temps pour me reposer des fatigues de mon mois de Marie. J'ai travaillé, vous le savez, et je travaille encore pour l'œuvre de votre digne curé. Ne pourriez-vous pas, tout doucement, sans qu'il devinât votre but particulier, l'engager à me demander une retraite paroissiale. Je passerais ma quinzaine chez lui ; je serais près de vous. Pendant que M. Yillaret n'y sera pas, il faudra frapper le grand coup. Madame de Savinières, accompagnée de son neveu et de M. de Ghantonnay, va se rendre auprès de vous. Elle y restera, m'a-t-elle dit, trois semaines avant de se rendre aux eaux. Vous ne vous trouverez pas
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seule 60 ÙLce du mari récalcrtreint. Vous swvet combien madame de Sayinières aime M. de Châiitoniiay, et vous m'ayez dît tenir de la bouche même de M. Deville, que c'était un homme parfaitement aimable. Je serai là auprès de vous tous. Nous livrerons le dernier assaut. Les absents ont toujours tort. Et la place sera emportée.
Arrangez cela. Le plan ne me paratt guère devoir rencontrer de difficulté réelle. Du pres- Jiytère de Vareilles, je verrai tous les mouvements, je dirigerai l'attaque : dans les moments d'échecs, on aura un centre pour se rallier. Je comprends que, seule, vous vous sentiez défaillir ; mais, avec nous, vous serez forte.
Il faudra, jusqu'au moment de cette lutte suprême, prier, beaucotip prier. Rien n'est refusé à ceux qui prient. Seuls avec notre nature rebelle et capricieuse, que pouvons-nous faire?
Adieu, très chère fille, je vous bénis et je vous aime dans le saint cœur du bon Jésus.
Frère Jérôme, des Frères Prêcheurs,
P. S. N'oubliez pas de dire à notre chèreMarie, cet ange tout brûlant de foi, combien son souvenir m'est précieux devant le Seigneur. Je sais que nous pouvons compter sur elle. Que de fois