‹ Le confesseur, Volume 2Chapitre 27 sur 30 · DERNIER ADIEU AU BONHEUR · texte numérisé non relu

DERNIER ADIEU AU BONHEUR

En se réveillant, après quatre heures d'un sommeil profond , Hélène crut sortir d'un long ré?e« Laurence avait laissé Jeannette auprès d'elle et était allée elleHnéme prendre quelques moments de repos. Mais ce fut en vain qu'elle essaya de s'endormir. L'agitation où elle était, après la parole qu'elle venait de donner à sa mère, ne fit que s'accroître, quand elle n'eut plas sous ies yeux l'objet de tendre compassion qui lui avait arraché cette i»role de désespoir : Mère^ je ferai votre volonté !

Laurence se demanda si ce douloureux sacri^ fice était nécessaire , si les lois rigoureuses de Tamour filial exigeaient, l'immolation d'un im-

mense amour, le brisement de son cœur et de celui d'Armand.

— Oui, se dit-elle, si le salut de ma mère y est attaché.

Et dans ce sentiment d'abnégation rigoureuse, prenant la plume, elle écrivit à Armand Yillaret:

« Après le coup douloureux qui vous a enlevé une mère, en voici un qui va mettre entre Laurence et vous une barrière éternelle. Il est rude comme l'autre. C'est une seconde surprise des douleurs fatales attachées à la vie ; et c'est moi, Laurence, qui donnerais de mon sang pour votre bonheur , qui viens vous dire de courber la tête et de supporter courageusement cette séparation cruelle.

c< C'est qu'au dessus de l'amour donné, il y a l'amour gravé dans le cœur pour une mère. J'ai eu à choisir entre ma mère et vous : il était juste qu'elle remportât.

c( Ma mère est tombée à mes pieds. Elle m'a dit : Sauve-moi ! La condition était de donner ma main au protégé du révérend père Jérôme.

Sous peu de jours, je serai madame de Chantonnay . L'homme que j'épouserai sait que je vous aime. Il ne me demande que ma main et le peu d'or qui se trouvera dans le contrat par lequel je serai liée à lui. Je lui jurerai fidélité au pied de l'autel, et je garderai cette fidélité.

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