‹ Le confesseur, Volume 2Chapitre 9 sur 30 · LES INQUIÉTUDES DE M. CHANTONNA Y · texte numérisé non relu

LES INQUIÉTUDES DE M. CHANTONNA Y

— Savez-vous, mon révérend père, disait Hector de Chantonnay à son directeur, que je commence à croire que la marquise de Savinières se moque de vous et de moi.

— Voilà une singulière idée !

— Vous ne croyez pas cela possible?

— Non. Je connais la marquise de Savinières, et je la crois incapable de se moquer ni de moi ni même de vous.

— Oh! de moi, mon père, j'en suis sûr.

— Expliquez-vous?

— Cela est facile. Voici des faits. Mesdames Deville sont à Paris depuis un mois. Trois jours après leur arrivée, c'était un mardi, je suis allé

le soir chez la marquise de Savinières, je n'y ai pas rencontré les seules personnes que je désirais y voir. Le mardi suivant, même déception ; mais madame de Savinières me dit d'une manière assez aimable, j'en conviens : Ma cousine est à Paris depuis quinze jours, elle est un peu souffrante et elle ne va pas encore dans le monde. Ne manquez pas de venir mardi prochain, et, comme je l'ai promis au père Jérôme, je vous présenterai à M. et à madame Deville.

— Tout cela me paraît très bien; et je ne vois pas en quoi vous avez à vous plaindre.

— En toute chose, il faut considérer la fin, mon cher père. La veille de ce bienheureux mardi, j'ai reçu un petit billet de madame de Savinières. Elle était obligée de se rendre à sa villa de Saint-Germain; elle y resterait plusieurs jours, disait-elle, et elle ajoutait qu'elle m'écrirait aussitôt qu'elle serait de retour à Paris.

^ C'est donc ce départ qui vous blesse, vous pensiez que la marquise de Savinières ne devait plus avoir qu'un but dans sa vie, celui de vous marier avec mademoiselle Deville , et qu'elle devait faire converger toutes ses démarches, tous ses projets vers ce but. Vous connaissez peu les femmes du monde.

— Mon bon père, vous me parlez là comme à un garçon bien simple^ bien naïf, récemment

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