‹ Le conflit de la morale et de la sociologie. --Chapitre 104 sur 186 · Détermination du fait moral, p · texte numérisé non relu

Détermination du fait moral, p

en lisant ensuite, sous la signature de M. Durkhetim, cette réponse récemmtent faite par lui à M. Fouillée : « Nous ne soutenons pas qu'il n'existe absolument rien de moral ou d'immoral qui ne soit d'origine sociale. Une affirmation aussi catégorique et à priori n*atirait rien de scientifique » {^).

Quand il définit les règles morales par leur « caractère interne », il pousse plus loin, à Fendroit de la morale individuelle, l'exclusivisme aprioriste. La fonction pratique qu'il assigne à la morale est « de rendre possible la société, de sauvegarder les grands intérêts collectifs » (^). « Quant à ce que l'on appelle la morale individuelle, si Pon entend par là un ensemble de devoirs dont l'individu serait à la fois le sujet et l'objet, c'est une conception abstraite qui ne correspond à rien dans la réalité. L'homme n'est un être moral que parce qu'il vit en société; faites évanouir toute vie sociale, et la vie morale s'évanouit du même coup, n'ayant plus d'objet où se prendre (3)». — Voici cependant que M. Durkheim s'oublie à soutenir des thèses de morale individuelle, à savoir que, dans l'intérêt et pour le bonheur do l'individu, «les passions doivent être limitées » (*) et que « le suicide doit être classé au nombre des actes immoraux » (^). — Mais, après, il se reprend à soutenir que «la morale ne peut avoir pour objectif que la société et non la perfection de l'individu» (^). — Quand là-dessus Rauh lui objecte que l'existence de devoirs individuels est un fait dont la réalité

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