Bul. de la Soc. fr. de phil., » t. VI, p
Ce qui augmente encore la confusion des idées de M. Durkheim, c'est qu'il donne à la même expression tantôt un sens objectif, tantôt un sens subjectif. Une fois (p. ex,, dans la Division du travail social, 2^ éd., p. 395), il comprend par « morale individuelle » les devoirs dont l'individu est à la fois le sujet et l'objet. A d'autres moments (p. ex., dans V Année sociologique, t. X, p. 360), il entend par « morale individuelle » la vie morale des individus, c'est-à-dire la manière dont chaque conscience particulière comprend, interprète et applique les règles morales admises dans un milieu donné.
réussi à donner des faits moraux une définition correcte (1).
Explicitement on implicitement, ils méconnaissent, s'ils ne la nient, l'existence ou la spécificité de la morale individuelle. Ib n'expriment pas le réel, ils en excluent arbitrairement des éléments ou y confondent ce qui est distinct. Leurs définitions formulent ce qu'ils voudraient que la morale fût ou devînt, pour être en harmonie avec leurs prénotions métasociologiques. Elles ne sont pas ce que M. Durkheim exige qu'elles soient lorsqu'il dit: «La définition doit exprimer autre chose qu'une vue de l'esprit, elle doit être une définition de chose, non de concept » (^).