La morale : science 'pratique
Saint Thomas attribue à l'Ethique et à la Politique le caractère de sciences pratiques (^).
1. La définitioii de M. Lévy-Briihl ne se caractérise point par une grande précision. Il indique comme l'objet de la science des mœurs : « l'ensemble des conceptions, jugements, sentiments, usages, relatifs aux droits et aux devoirs respectifs des hommes entre eux » (La morale et la science des mœurs, p. 101). — On ne sait s'il oublie ou refuse d'admettre dans la morale les devoirs qui ne rentrent pas dans le groupe: « devoirs des hommes entre eux. »
M. Bayet est, à cet égard, beaucoup plus catégorique: « L'art moral, écrit-il, est essentiellement social. Il s'applique à des groupes et s'attache à améliorer une réalité collective. Que veut-on qu'il tente d'autre?... Il s'abstiendra d'intervenir dans la vie intérieure. Hors le cas où l'intérêt collectif entre en jeu, rien, ni légalement ni moralement, ne doit s'opposer au libre développement de l'individu. Toute règle imposée inutilement à sa pensée, à ses sentiments, à sa fantaisie même n'a pas de raison d'être... Il n'y a, pas ici de vérité... pas de devoir... Comment décider, par exemple, que la résignation est préférable à la souffrance? De quel droit imposer la vie à celui qui n'en veut plus? » (La morale scientifique, pp. 166 à 170).
2. E. Durkheim, Définition du socialisme. « Revue philosophique », t. XX;XVI, p. 506.