‹ Le conflit de la morale et de la sociologie. --Chapitre 109 sur 186 · S. Thomas, Ethicorum, II · texte numérisé non relu

S. Thomas, Ethicorum, II

qui dépendent d'eux. Mais leurs injonctions et leurs impulsions seront d'autant plus sûres qu'ils seront avertis par l'expérience systématisée des hommes et des choses. Mieux vaut se guider d'après des principes généraux, élaborés par une réflexion dûment informée, que d'après la seule intuition (^).

Si une science morale est possible et utile, comment et par quel procédé l'édifier?

Par la méthode d'observation, répond saint Thomas 1^'). Ce seront les données, recueillies par l'examen assidu des phénomènes, qui en formeront le contenu. Ses principes constitutifs seront des lois ou vérités de fait dont l'existence se trouvera établie par une suffisante expérience : In moralihus, dit saint Thomas (^), oportet incipere a quibusdam effectibus consideratis circa actus humanos... quia oportet in moralibus accipere ut principium quia ita est (*) ; quod quidem accipitur per experientiam et consuetudinem (^).

L'acquisition de cette science morale exigera — il n'est pas superflu de le remarquer — un effort patient,

1. Possibile est quod sine arte et scientia, qua cognoscatur universale, aliquis possit hune vel illum hominem facere bonum propter experientiam quam habet de ipso. Tamen si aliquis velit per suam curam aliquos facere meliores, sive multos sive paucos, débet tentare ut perveniat ad scientiam universalem eorum per quae quis fit bonus, (S. Thomas, Ethicorum, X, 15).

2. Quae pertinent ad scientiam moralem maxime cognoscuntur per experientiam (S. Thomas, Ethicorum, I, 3).

Page 1