Revue philosophique. Paris, juillet
du débat. Le distingué philosophe voudra bien penser que nous admettons comme lui que l'éclectisme n'est pas seul en cause.
II fallait voir après cela si le Thomisme, auquel nous adhérons, mérite lui aussi les critiques que des systèmes plus récents de philosophie morale et de droit naturel se sont justement attirées.
Nous avons donc tâché, dans une troisième partie (chapitre VII), d'exposer la méthode suivie par saint Thomas dans l'étude des problèmes de l'éthique et de la politique; et nous l'avons confrontée avec la méthode du droit naturel moderne comme aussi avec celle que pratiquent les sociologues eux-mêmes quand ils résolvent des problèmes de morale. Pour ne pas sortir de la question soulevée par M. Lévy-Briihl, c'est à reconstituer les règles de la méthode thomiste que nous devions exclusivement nous attacher. L'approbation que cette partie de notre travail a reçue de thomistes autorisés, tels que Beysens, Gillet, Pavissich, Tredici, nous a été particulièrement agréable.
En conclusion il ne restait qu'à préciser la position de l'Ecole thomiste dans le conflit ouvert entre les « sociologues » et les «moralistes.» «Position vraiment originale et sincèrement indépendante », écrit M. Georges Goyau dans une étude synthétique qui nous fut un précieux encouragement et dont nous remercionss Téminent
auteur (^)..
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En réimprimant ce livre dont la première édition pa-
1. G. Goyau, Le thomisme et la nouvelle science des mœurs, dans Autour du catholicisme social, 5^ série, Paris, 1912.
rut en 1911, nous indiquons ci-dessous quelques études publiées ces derniers mois sur la même question (i).
S. Deploige.
Louvaifi, le 16 juillet 1912.
1. Bibliographie: Agathon, L'esprit de la nouvelle Sorhonne. Paris, 1911. — J. Baylac, L'Ecole sociologique française (dans «Bulletin de littérature ecclésiastique, publié par l'Institut catholique de Toulouse » juin 1912). — G. Calo, Morale e Sociologla (dans « La cultura filosofica », Florence, janvier-février, 1912). — G. Chatterton-Hill, L'Etude sociologique des religions (Revue d'histoire et de littérature religieuses. Paris, janvier-février 1912). — G. Davy, La sociologie de M. Durkheim (Revue philosophique. Paris, juillet et août 1911). — Fr. d'HAUTEFEUiLLE, Le caractère normatif et le caractère scientifique de la morale (Revue de métaphysique et de morale. Paris, septembre 1911). — E. Durkheim, Les jugements de valeur, et les jugements de réalité (Revue de métaphysique et de morale. Paris, juillet 1911). — GEORGES FONSE- GRIVE, La morale contemporaine, dans « Revue des deux mofndes ». Paris, 1er et 15 août 1911. — A. Fouillée, La morale et la religion humanitaires (Revue des deux mondes. Paris, 1^^ mars 1912). — M. S. GiLLET, La valeur éducative de la morale catholique. Paris, 1911. — M. S. Gillet, Les jugements de valeur, et la conception positive de la morale (Revue des sciences philloisophiques. Paris, 20 janvier 1912). — GEORGES Goyau, Autour du catholicisme social; 5"^^ série. Paris, 1912. — M. Hébert, L'étude sociologique des religions (Rev. d'hist. et de littér. relig. Paris, janv.févr. 1912). — P. Lacombe, Etudes sur le génésique. Le totémisme et Vexogamie de M. Durkheim (Revue de synthèse historique. Paris, août et octobre 1911). — E. Lamanna, 3Iito e Religione tielle dotirine socio-psicologiche contemporanee (idans « La cultura filoso^ fica ». Florence, janvier-février 1912). — P. Leguay, Universitaires d'aujourd'hui. Paris, 1912. — P. A. Le Guyader, Les morales positivistes et la morale thomiste (Revue de philosophie. Paris, 1er mai 1912). — J. Le Rohellec, Morale individuelle et morale sociale (Revue de philosophie, Paris, 1er janvier 1912). — A. LoiSY, L'étude sociologique des religions (dans « Revue d'histoire et de littérature religieuses ». Paris, janvier-février 1912). — A. Pavissich, Il conflitto tra la morale e la sociologia, dans « La Civiltà cattolica » (de Rome, no^ des 19 août, 7 octobre et 16 décembre 1911. — F. Rauh, Etudes de onoraU. Paris, 1911. — Gaston Richard, Sociologie et métaphysique, dans « Foi et vie ». Paris, nos des 1er et 16 juin; 1er et 16 juillet 1911. — G. RICHARD, La sociologie générale et les lois sociologiques. Paris, 1912. — Georges Sorel, Un critique des sociologues, dans « L'Indépendance ». Paris, n*^ du l*^"^ octobre 1911. — G. Tredici, Nel campo degli studi filosofi: Sociologia e morale, dans « La Scuola cattolica ». Milan, n" d'octobre 1911. — H. ViLLASÈRE, Morale et Sociologie (Annales de philosophie chrétienne. Paris, novembre 1911). — J. WiLBOiS, Devoir et durée Paris, 1912.