Voir plus haut, p
dans la nature de l'être, c'est-à-dire « normal en droit ». C'est ainsi que l'état d'individualisme et d'anomie, général pourtant dans les sociétés européennes contemporaines, lui apparaît comme un cas pathologique i^;.
L'examen de ces règles, relatives à la distinction du normal et du pathologique, suggère trois réflexions.
1° Saint Thomas considérait déjà la généralité d'un jugement, d'un sentiment, d'un désir, d'une pratique, comme un indice probable de normalité : Ici quod invenitur in omnibus aut in pluribus videtur esse ex inclinatione naturae... Illud enim in quod onmes vel plures consentiunf, non potest esse omnino falsum (^).
2^' M. Durkheim recherchait un critère « objectif » qui permît de distinguer « scientifiquement » la santé de la maladie, le normal du pathologique ou, — pour parler ainsi que tout le monde, — le bien du mal.
Il s'arrête un instant, comme en présence d'une découverte importante, devant le critère de la « généralité ». Mais, vérification faite, il se trouve que le symptôme n'est pas probant, car « la conscience morale des sociétés est sujette à se tromper »p).
Ce n'est qu'une déconvenue, et elle peut arriver à tout chercheur.
L'aventure devient plaisante quand, cherchant autre chose, M. Durkheim remet la main, sans paraître s'en douter ou sans vouloir l'avouer, sur la vieille recette des moralistes.
1. De la division du travail social, 2^ édit., Préface, p. VI • et p. 27.