Division du travail social, V^^ éd., p
Pour ceux-ci, une règle ou une institution — fût-elle habituellement pratiquée ou généralement admise — n'est moralement bonne que si elle est, à titre de moyen utile ou nécessaire, en connexion avec une fin désirable oU obligatoire.
M. Durkheim adopte tout simplement leur procédé téléologique, quand il veut vérifier si une institution, normale en fait parce que générale, est aussi normale en droit. Il condamne, par exemple, le libéralisme économique, — tout « général » et répandu qu'il soit, — parce que ce régime ne proicure pas à la société ce que M. Durkheim estime être un bien : « l'état d'anomie juridique et morale où se trouve actuellement la vie économique, est un phénomène morbide, parce qu'une telle anarchie va contre le but même de toute société ; la société est intéressée à ce que l'ordre et la paix régnent, elle ne peut pour vivre se passer de cohésion et de régularité, elle a besoin d'harmonie et de solidarité (^). »
3^' La science, assurait M. Durkheim, peut nous dire quelles fins doivent être poursuivies.
Il s'agit, dit il, avant tout, de nous faire vivre en état de santé : voilà l'idéal à réaliser, l'objectif à atteindre. La «santé» doit d'ailleurs s'entendre largement:: «pour l'homme cultivé, elle consiste à satisfaire régulièrement les besoins les plus élevés tout aussi bien que les autres, car les premiers ne sont pas moins que les seconds enracinés dans sa nature» (-).
Mais cette fin suprême du vouloir qu'est la santé, il ne démontre point que la science en impose le désir. —
1. De la division du travail social. Préface de la seconde édition, p. VI et p. 27.