‹ Le conflit de la morale et de la sociologie. --Chapitre 121 sur 186 · L. Lévy-Brùhl, Réponse à quelques critiques, p · texte numérisé non relu

L. Lévy-Brùhl, Réponse à quelques critiques, p

n'être qu'un témoin inactif de sa propre histoire. De ce que tout se fait d'après des lois, il ne suit pas que nous n'ayons rien à faire »(i).

M. Espinas enfin, dans une confession publique dont la franchise l'honore, nous révèle pourquoi il refuse de s'immobiliser dans le fatalisme déterministe : « Il faut, dit-il, tenir compte des initiatives du vouloir et admettre que l'avenir sera au moins dans une mesure ce qu'il plaira aux consciences agissantes de le faire. L'idéal a sa part dans la genèse de la réalité. Aussi est-ce une proposition fort contestable que de dire que, dans tout ordre d'opérations, nous n'avons qu'à relever les lignes d'évolution des phénomènes, qu'à en construire la résultante et à pousser de tous nos efforts dans la direction où elle nous mène. A ce compte, les nations qui faiblissent devraient les premières travailler à leur disparition. Nous refusons de nous soumettre à cette technique du suicide {^). Depuis que, ayant admis la philosophie de l'évolution, nous avons vu d'excellents esprits, qui l'admettaient avec nous, la déserter parce qu'elle ne leur fournissait pas l'aliment moral dont ils avaient besoin, nous avons compris qu'il lui fallait s'adjoindre une philosophie de l'action et trouver un sens aux vieux mots de liberté et de devoir » {^).

Les sociologues d'hier et d'aujourd'hui se rencontrent donc pour reconnaître, avec plus ou moins d'empresse-

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