Division du travail, pp
2. Il n'est pas certain que M. Lévy-Briihl soit disposé à souscrire à cette déclaration: « Si tout malade, écrit-il, n'est pas guérissable, il n'est pas certain non plus que toute société soit améliorable. Peut-être en est-il qui ne peuvent que continuer à végéter telles qu'elles sont, ou à mourir. » (La morale et la scicnc" des mœurs, p. 277).
3. A. Espinas, La philosophie sociale du XVIII^ siècle et la Révolution, p. 13 et suiv.
ment et de bonne grâce, que les hommes ne sont pas toujours condamnés à subir ce qui est, mais appelés à réaliser dans une certaine mesure ce qui doit être. Or, « toute action, comme l'observe Comte, suppose des principes préalables de direction» (^). Il est donc logique de conclure avec M. Espinas que la science des mœurs doit s'adjoindre une philosophie de l'action.
Mais c'est ici que le désaccord éclate. M. Durkheim a tenté — avec quelle infortune, nous le savons {^) — de déterminer, à l'aide de la science, les fins de l'action.
Loin d'être suivi, il n'a rencontré que de la contradiction. M. Bayet a critiqué son infructueuse tentative avec acharnement {^): M. Lévy-Briihl s'obstine à répéter qii'une science normative est inconcevable (^). Et M. Espinas déclare aussi que « la science ne peut étudier que ce qui est » (^) ; « elle peut prévoir ce qui sera ou ce qui doit être (dans le sens de la pure futurition), mais elle est étrangère en elle-même à toute idée d'obligation ou de prescription impérative » (^).
A défaut d'une solution appuyée sur la science, quelle est la réponse donnée à l'inévitable question par les sociologues qui se séparent de M. Durkheim?
M. Lévy-Briihl « prend pour accordé que les individus
1. A. Comte, Considérations sur le pouvoir spirituel, p. 203.