Des sociétés animales, 2^ éd., p
6. Les études sociologiques en France. « Revue philosophique », t. XIV, p. 359.
et les sociétés veulent vivre, et vivre le mieux possible, au sens le plus général du mot. La science, affirme-t-il, a le droit de postuler ce genre de fins universelles et instinctives » Q).
D'après M. Bayet, le principe de l'art moral rationnel ne sera pas une idée de bien, prescrite ou suggérée par la science; ce sera l'idée qui existe, en fait, dans la so^ ciété au milieu de laquelle cet art se développe (^). Le bien c'est ce qui plaît aux consciences sociales et ces consciences se contrarient, se combattent, se heurtent, sont changeantes (^). Aucun principe supérieur ne permet de classer, d'éliminer, d'élire les diverses idées de bien {^). L'artiste choisira comme il lui plaît (^) ; la sociologie, — si toutefois il juge utile de la consulter, — ne lui donnera que des indications sur le succès ou l'insuccès probable de ses idées normatives (^).
«Le dernier mot, dit enfin M. Espinas, appartient à l'impulsion vitale » C^). « Ce qui détermine les consciences à se proposer telles ou telles fins, c'est leur tendance indéracinable à durer, à s'accroître, à fortifier et à étendre leur action. Demain sera fait de ce que nous voulons, de ce que nous aimons le plus, des choses auxquelles nous
1. Lévy-Bruhl, Réponse à quelques critiques. « Revue philos. », t. LXII, p. 14.
a. A. Bayet, Uidée de bien, p. 62.