Ibid., p
7. Les études sociologiques en France. « Revue philos. », t. XI V^, pp. 517-519. — « La conscience seule, dans ses obscurs mouvements, donne naissance à de nouvelles formes de société, à de nouveaux sentiments moraux. » (Des sociétés animales, 2= éd., p. 150).
croyons le plus fermement... La doctrine de l'action dépend tout entière de postulats, qui impriment aux différentes pratiques, selon les besoins normaux ou morbides des sociétés, des orientations fort diverses (^). />
Mais, leur objectera M. Durkheim, « si pour savoir ce qui est désirable, c'est aux suggestions de l'inconscient qu'il faut recourir, de quelque nom qu'on l'appelle, sentiment, instinct, poussée vitale, etc.; si c'est au cœur à se faire sa propre lumière, la science se trouve destituée, ou à peu près, de toute efficacité pratique, et par conséquent, sans grande raison d'être » {^).
En tenant ce langage, M. Durkheim demeure fidèle à l'idée inspiratrice de la sociologie positive; il se souvient des origines et reste dans la tradition. Comte, en effet, a projeté de fonder la sociologie afin de rompre avec la pratique « arbitraire » de la « politique métaphysique » ; et son principal grief contre Rousseau fut d'avoir abusé de i' «imagination» dans la fixation des fins(^).
Que si les héritiers de Comte, renonçant à demander à la Science la détermination des fins, s'en remettent au hasard ou au caprice du soin de décider les directions à prendre, ils oublient ou méconnaissent l'esprit qui présida à la création de la physique sociale et ils reviennent aux errements du droit naturel du XVI Ile siècle.
1. A. ESPINAS, La philosophie sociale du XVIII^ siècle et la Bévolution, pp. 13-20. Il ajoute: « Et ne m'objectez-pas que, si les principes de l'action dépendent de la volonté ou du cœur, les applications dépendent àe l'intellig-ence. Car le choix des moyens ne relève pas moins de nos préférences que celui des fins. »