‹ Le conflit de la morale et de la sociologie. --Chapitre 152 sur 186 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Morale ou sociologie, nous a-t-on dit, choisissez (^).

La morale, ajoute-t-on, ce fut le passé avec ses ignorances, naïves ou voulues, et ses prétentions, chimériques ou néfastes. Son insuffisance n'est plus un secret, et la critique des sociologues achève d'éclairer sa caducité.

La sociologie, c'est la science conquérant un nouveau domaine et l'exploitant méthodiquement par des procédés rigoureux et infaillibles. C'est la nature sociale explorée jusqu'au plus lointain du passé, fouillée dans ses profondeurs obscures, scrutée dans ses dernières complications. Ce sera, dans un avenir encore indécis, la conduite individuelle et l'action collective, soumises aux authentiques lois naturelles qu'interpréteront les sociologues (2).

praeter legem matrimonii excludentem vagos concubitus, est de se inordinata. (De Malo, q. 15, art. 1). Si sollicitudo patris de filio causât etiam in avibus convenientiam maris et feminae, ordo naturalis requirit quod usque ad finem vitae in humana specie pater et mater simul commaneant. {Summa contra Gentiles, III, 123). Cfr. S. Th., lia iiae^ q. 154^ art. 2; et Illae suppl., q. 65, art. 3.

1. « Bon nombre de philosophes se sentent attirés vers la sociologie, mais ils continuent à enseigner la morale théorique. Ils semblent ne pas s'apercevoir qu'il faudrait opter... Il u'y a, il ne peut y avoir de morale théorique. Seules, désormais, compteront dans la science les recherches conduites par la méthode proprement sociologique. » (LÉVY-BRiiHL, La morale et la science des mœurs, pp. 161-162).

2. « La philosophie positive représente les phénomènes sociaux comme modifiables d'après les rationnelles indications de la science. Elle se réserve la direction intellectuelle de cette intervention dont

Nous possédons maintenant des termes de l'option une connaissance historique un peu plus précise que celle qu'en donne la lecture du livre de M. Lévy-Briihl.

I. La Morale, — ce que M. Lévy-Briihl appelle la Morale, — c'est le passé, oui ; mais un passé récent. C'est, dans le fait, une méthode qui fut en vog"ue aux tout derniers siècles. Négligeant d'étudier l'histoire, omettant d'observer le réel, elle accordait une confiance sans bornes à la seule raison et à la pure logique. Avec cela elle croyait pouvoir rattacher à une donnée première, par une chaîne ininterrompue de syllogismes, l'ensemble des préceptes généraux et particuliers que les hommes et les peuples doivent suivre, partout et toujours, pour vivre conformément au droit naturel.

Le droit naturel, élaboré ainsi sur le modèle d'un traité de géométrie, eut des fortunes diverses.

Au XVII P siècle, il fut opposé au régime établi; ce qui doit être, prit violemment la place de ce qui était (^).

Au siècle suivant, la philosophie universitaire se donna pour tâche de démontrer, par le même procédé du raisonnement déductif, que le nouvel ordre existant s'harmonisait parfaitement avec l'ordre idéal ; ce qui doit être, était (2).

La première fois, le droit naturel fut rendu respon-

elle circonscrit d'abord les limites, » (A. Comte, Cours de philos, posit., 48e leçon, t. IV, p. 345).

« La raison de l'individu n'a pas de privilèges. La seule pour laquelle vous puissiez légitimement revendiquer le droit d'intervenir en vue de réformer la réalité morale, c'est la raison humaine, impersonnelle, qui ne se réalise vraiment que dans la science. » (E. DuRK- HEIM, La détermination du fait moral, p. 174).

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