Voir plus haut, p
5. « Il faut admettre que, dans les différentes sociétés, les institutions évoluent suivant les mêmes lois psychologiques et sociologiques... Le problème (à résoudre par le sociologue), s'énonce ainsi: étant Admis, par hypothèse, que le processus de développement des sociétés humaines obéit partout aux mêmes lois, retrouver les stades intermédiaires que les institutions des sociétés plus élevées ont dû traverser, pour arriver à leur état présent. » (La morale et la science des mœurs, pp. 209-210). Cfr. plus haut, p. 100, la pensée de M, Lévy-Briihl sur l'utilisation des sauvages.
6. E. PuRKHElM, Introduct. à la sociologie de la famille, pp. 263-264.
aux origines mêmes de l'évolution; il remonte jusqu'à la forme la plus primitive de la répression de l'inceste, à savoir, selon lui, la loi d'exogamie. Postulant que l'action de cette loi s'étend jusqu'à nous, il rattache, directement et sans contrôle, les actuelles prohibitions de mariage entre parents au fait conjectural que, il y a des milliers d'années, nos pères se seraient représenté le sang en général et le sang menstruel en particulier comme tabou (^).
En même temps que l'auteur transgresse ainsi les règles de sa méthode, il glisse et insinue, dans l'exposé des principes mêmes de son système, des réserves qui en atténuent parfois singulièrement l'énoncé, volontiers provoquant, et l'affirmation souvent hautaine.
Toute sa conception sociodogique repose sur cet axiome : L'être social est d'une autre nature que les individus associés, ■ — d'où il déduit ces deux théorèmes: 1° Il faut renoncer à expliquer les faits sociaux par la psychologie {^) ; 2" la cause . déterminante de l'évolution sociale se trouve dans le milieu social et non dans les tendances des individus (^).
Or, il diminue la portée du premier de ces théorèmes, en admettant que les résultats auxquels conduit la méthode sociologique, ont besoin d'être interprétés : le cas échéant, il convient, dit-il, de vérifier s'ils ne sont pas en contradiction avec les lois de la psychologie (*).
1. E. DURKHEIM, "I/a prohibition de V inceste,' et ses origines,