Revue philosophique », t. XIX et t. XXIV
2. « La morale — disait M. Durkheim dans la leçon d'ouverture de son Cours de science sociale — est de toutes les parties de la sociologie celle qui nous attire de préférence. Seulement nous
un des collaborateurs les plus fidèles du directeur de TANNÉE Sociologique, a résumé VÉinleitung dans Les sciences sociales en Allemagne (1896), dont la longue condusion est consacrée à l'examen de la sociologie de M. Durkheim (1) ; M. Lévy-Briihl, dans La morale et la science des mœurs, qu'il place sous le patronage scientifique de M. Durkheim, proclamé chef d'école (p. 14, note 1 et p. 117), cite également VEinleitung de M. Simmel et s'en inspire (pp. 20 et 64). — Quant à Lazarus — auquel M. Bougie a, dans le même livre, consacré aussi une étude — et à Steinthal, M. Durkheim connaît certainement leur existence, puisqu'il fait mention d'eux (2) ; et l'on trouvera sans doute d'une réserve excessive que nous nous soyons contenté (3) de signaler la ressemblance entre des extraits, cités par nous, de Lazarus et Steinthal et des passages de M. Durkheim qui ont toute l'apparence d'une traduction.
Or M. Durkheim redoute que les lecteurs de notre étude n'en aient reçu l'impression qu'il a cherché à déguiser ses emprunts ; il donne la preuve du souci qu'ail a au contraire de nommer ses auteurs, en rappelant que dans une note il renvoie à un ouvrage de M. .W;undt; et il se plaint de ce que nous reproduisions le texte emprunté, sans relater qu'il y est fait référence.
Etudiant l'œuvre et ne jugeant pas l'ouvrier, nous
essayerons de la traiter scientifiquement. Le seul moyen de mettre fin à l'antagonisme entre la science et la morale, c'est de faire de la morale elle-même une science. »
1. Cette étude de M. Bougie sur la science de la morale d'après Simmel avait déjà paru dans la « Revue de métaphysique et de morale » en 1894 (t. II, p. 329).
2. E. Durkheim, Cours de science sociale^ Leçon d'ouverture,, dans « Revue internationale de l'enseignemebt », t. XV, p. 42.