Lévy-Brùhl, p
fique. Car admettre que la réalité sociale a ses lois n'équivaut nullement à la regarder comme soumise à une sorte de fatum. Les sociologues ne seront donc pas réduits à constater ce qu'ont été les morales des diverses civilisations (^), mais le résultat de leurs recherches rendra possible le progrès social réfléchi.
Quand cette conception nouvelle aura prévalu, les rapports de la théorie et de la pratique, en morale, seront normalement organisés. Ce sera le troisième stade de l'évolution.
La philosophie morale — la prétendue science à la fois théorique et normative — aura disparu.
Chaque société continuera, cependant, de vivre avec sa morale propre.
La sociologie entreprendra l'étude positive des faits moraux du présent et du passé. Et à l'ancienne spéculation dialectique sur les concepts se substituera la recherche scientifique des lois de la réalité.
Plus tard enfin le savoir théorique prêtera à des applications. Un art rationnel, moral ou social, se fondera, qui mettra à profit les découvertes de la science. Il emploiera •à l'amélioration des mœurs et des institutions existantes la connaissance des lois sociologiques.