Les trois postulats fondamentaux
Le premier et, jusqu'à présent, le principal effort de M. Durkheim a consisté à établir le caractère scientifique de la Sociologie et surtout à défendre son droit à une existence autonome.
Une science, proprement dite, de la société est possible — elle a un objet distinct — elle doit employer une méthode spéciale: la conception sociologique de M. Durkheim repose sur ces trois postulats fondamentaux.
I. Une science est la connaissance d'un ordre déterminé de phénomènes et de leurs lois. Sioutenir qu'une science de la société est possible, c'est affirmer qu'il doit y avoir des
1. Bibliographie: Les études de science sociale (Revue philosophique, t. XXII). Paris, 1886. — La philosophie dans les universités allemandes (Revue internationale de l'enseig-nement, t. XIII). Paris, 1887. — La science positive de la morale en Allemagne (Revue philos., t. XXIV), 1887. — Le programme économique de Schaeffle (Revue d'économie politique, t. II). Paris, 1888. — Cours de science sociale. Leçon d'ouverture (Rev. intern. de l'enseign., t. XV). 1888. — Introduction à la Sociologie de la famille (Annales de la Faculté des lettres de Bordeaux, année 1888). Paris, 1888. — Suicide et natalité (Rev. philos., t. XXVI). 1888. — De la division du travail social. Paris, 1893 ; 2^ édition : 1902 avec une nouvelle préface intitulée Quelques remarques sur les groupements professionnels. — Note sur la définition du socialisme (Rev. philos., t. XXXVI). 1893. — Les règles de la méthode sociologique (Rev. philos., X- XXXVII et t. XXXVIII). 1894. — L'enseignement philosophique et l'agrégation de philosophie (Rev. philos., t. XXXIX). 1895. — Crime et santé sociale (Rev. philos., t. XXXIX). 1895. — L'origine du mariage d'après WestermarcTc (Rev. philos., t. XL). 1895. — Le suicide. Paris, 1897. — Il suicidio considerato sotto Vaspetto sociologico (Rivista italiana
lois sociales et que la réflexion, méthodiquement employée, saura les découvrir; c'est supposer que « les phénomènes sociaux sont d'une façon définie, qu'ils ont une manière d'être constante, une nature qui ne dépend pas de l'arbitraire individuel et d'oià dérivent des rapports nécessaires. »
Ce postulat est « la condition de toute sociologie ». Avant qu'il ne fût admis, une véritable science positive des faits sociaux ne pouvait naître.
Certes depuis Platon, maint penseur s*est complu dans les spéculations de philosophie sociale. Mais, jusqu'au commencement du xix^ siècle, presque tous les théoriciens de la politique voyaient dans la société une œuvre humaine, un fruit de la réflexion, une machine inventée et instituée de toutes pièces, instrument commode, toujours modifiable au gré du constructeur. Dans ces conditions il nV. a de place que pour un art politique. Si les sociétés sont ce que nous les faisons, il n'y a pas à se demander ce qu'elles sont mais ce que nous en devons faire: il suffit de déterminer la fin qu'elles doivent atteindre, et de trouver la meilleure
di sociologia, t. I). Rome, 1897. — Lettre à l'éditeur de V American Journal of Sociology, t. III, Chicago, 1898. — Représentations individuelles et représentations collectives (Revue de métaphysique et de morale, t. VI). Paris, 1898. — La prohibition de l'inceste et ses origines (Année sociologique, t. I). Paris, 1898. — De la définition des phénomènes religieux (Année sociologique, t. II). 1899. — La sociologie en France (Revue bleue, n^s du 19 et du 26 mai). Paris, 1900. — La sociologia ed il suo dominio scientifico (Rivista italiana di sociologia, t. IV). 1900. — De la méthode objective en sociologie (Revue d,e synthèse historique, t. II). Paris, 1901. — Deux lois de l'évolution pénale (Année sociologique, t. IV). 1901. — Sur le totémisme (Année sociologique, t. V). 1902. — De quelques formes primitives de classification (Année sociologique, t. VI). 1903. — Pédagogie et sociologie (Rev. de métaph. et de mor., t. XI). 1903. — Sociologie et sciences sociales (Rev. philos., t. LV). 1903. — Sur V organisation matrimoniale des sociétés australiennes (Année sociologique, t. VIII). 1905. — On the relations of sociology fo the social sciences and to philosophy (Sociological Papers, %. I). Londres, 1905.
manière d'arranger les choses pour que cette fin soit bien accomplie. Aussi, pour judicieuses ou pénétrantes qu'elles soient, les observations d'Aristote, de Bossuet, de Montesquieu, de Condorcet sui la vie des sociétés, ne constituent pourtant pas une sociologie: le principe fondamental leur fait défaut.
Le vrai sociologue doit commencer par se débarrasser de la « conception artif icialiste » qui hante encore si obstinément les esprits. Il doit, avant tout, poser ce principe que les sociétés, sont des êtres naturels, des organismes se développant en vertu d'une nécessité interne.
Les historiens restent sceptiques et les philosophes s'émeuvent à l'énoncé de ce premier postulat. « Nous avons étudié les sociétés, disent les premiers, et nous n'y avons pas découvert la moindre loi. L'histoire n'est qu'une suite d'accidents, locaux et individuels, qui ne se répètent jamais, réfractaires à toute généralisation, c'est-à-dire à toute étude scientifique, — puisqu'il n'y a pas de science du particulier. »
M. Durkheim convient de bonne grâce que « le meilleur moyen de prouver l'existence de lois sociales serait assurément de trouver ces lois ». Mais, en attendant, il demande qu'on fasse crédit aux sociologues. « Si différents qu'ils puissent être les uns des autres, les phénomènes produits par les actions et les réactions qui s'établissent entre des individus semblables placés dans des milieux analogues, doivent nécessairement se ressembler par quelque endroit et se prêter à d'utiles comparaisons. »
A ce moment interviennent les philosophes. « La liberté humaine, objectent-ils, exclut toute idée de loi et rend impossible toute prévision scientifique. »
Morale et sociologie. 3
Déjà dans la leçon d'ouverture de son cours, M. Durkheim passait outre et se bornait à cette déclaration : « La question de savoir si l'homme est libre ou non a sa place en métaphysique ; les sciences positives peuvent et doivent s'en désintéresser. Il faut choisir : ou reconnaître que les phénomènes sociaux sont accessibles à l'investigation scientifique, ou bien admettre qu'il y a deux mondes dans le monde : l'un où règne la loi de causalité, l'autre où régnent l'arbitraire et la contingence. »
Dans les Règles de la méthode encore, il refuse le débat. « La sociologie, dit-il, n'a pas plus à affirmer la liberté que le déterminisme (^). Tout ce qu'elle demande qu'on lui accorde, c'est que le principe de causalité s'applique aux phénomènes sociaux. Encore ce principe est-il posé par
1. Un jour cependant, en passant il est vrai, dans une simple note, M. Durkheim s'est laissé aller à toucher au problème. Des statistiques étudiées par lui il résulte que chaque peuple a un taux de suicides qui lui est personnel. Il en conclut que, pour chaque peuple, il existe, dans le milieu social, une tendance collective d'une énergie déterminée qui pousse les homm-es à se tuer. Et dans sa pensée ce n'est pas une métaphore : il faut prendre les termes à la rigueur. Les tendances collectives qui poussent au suicide comme d'ailleurs aussi au crime, au mariage, etc., ont une existence propre ; ce sont des choses réelles, des forces vivantes sui generis, elles agissent du dehors sur l'individu.
Cette interprétation — remarque-t-il dans ea note — n'oblige pa:s à refuser à Tihomme toute espèce de liberté. Et voici comment il s'explique :
« La constance des données démographiques provient d'une force extérieure aux individus. Cette force ne détermine pas tels sujets plutôt que tels autres. Elle réclame certains actes en nombre défini, non pas que ces actes viennent de celui-ci ou de celui-là. On peut admettre que certains lui résistent et qu'elle se satisfasse sur d'autres. En définitive, conclut-il, notre conception n'a d'autre effet que d'ajouter aux forces physiques, chimiques, biologiques, psychologiques des forces sociales qui agissent sur l'homme du dehors tout comme lea premières. Si donc celles-ci n'excluent pas la liberté humaine, il n'y' a pas de raison pour qu'il en soit autrement de celleslà. La question se pose dans les mêmes termes pour les unes et pour les autres. » (Le Suicide, p. 368, note.)
elle, non comme une nécessité rationnelle, mais seulement comme un postulat empirique, produit d'une induction légitime. Puisque la loi de causalité a été vérifiée dans les autres règnes de la nature; que, progressivement, elle a étendu son empire du monde physico-chimique au monde biologique, de celui-ci au monde psychologique, on est en droit d'admettre qu'elle est également vraie du monde social. Mais la question de savoir si la nature du lien causal exclut toute contingence n'est pas tranchée pour cela. »
Le fait est, comme le remarque M. Lévy-Briihl, que nous avons peine à concevoir comme régis par des lois invariables, des phénomènes que nous pouvons modifier par notre intervention volontaire. L'assimilation de la nature sociale à la nature physique choque la représentation traditionnelle qui place l'homme au point de contact de deux mondes distincts et hétérogènes : l'un physique où les phénomènes sont régis par des lois constantes, l'autre moral qui lui est révélé par la conscience. Et l'étude objective et scientifique de la nature sociale, semblable à l'étude objective et scientifique de la nature physique, reste une conception d'apparence paradoxale.
Mais cela n'importe à M. Durkheim, préoccupé de faire reconnaître avant tout le caractère scientifique de la sociologie. Il faut, répète-t-il dans ses écrits les plus récents, opposer au préjugé dualiste l'affirmation hardie de l'unité de la nature ; éliminer les survivances du postulat anthropocentrique qui barre la route à la science; renoncer au dualisme religieux ou métaphysique qui fait de l'humanité un monde à part, soustrait, par on ne sait quel obscur privilège, au déterminisme dont les sciences naturelles constatent l'existence dans le reste de l'univers. Le mot de
sociologie implique avant tout l'idée nouvelle que les faits sociaux doivent être traités comme des phénomènes naturels soumis à des lois nécessaires.
II. Pour que la sociologie pût se fonder, il fallait étendre l'idée de lois naturelles aux phénomènes humains. Mais l'affirmation de l'unité de la nature, ne suffit pas pour que les faits sociaux deviennent la matière d'une science nouvelle : le monisme matérialiste, lui aussi, postule que l'homme est dans la nature; mais en faisant de la vie humaine, soit individuelle soit collective, un simple épiphénomène des forces physiques, il résorbe les phénomènes sociaux et psychiques dans leur substrat matériel qui, seul, comporterait l'investigation scientifique ; ni la sociologie, ni la psychologie n'auraient d'objet propre.
Il importe donc que l'affirmation de l'unité ne fasse pas méconnaître l'hétérogénéité naturelle des choses. Ce n'est pas assez d'avoir établi que les faits sociaux sont soumis à des lois; il faut ajouter qu'ils ont leurs lois propres, spécifiques, comparables aux lois physiques ou biologiques, mais sans y être immédiatement réductibles.
En un mot, pour que la sociologie puisse se constituer à l'état de science indépendante, elle doit avoir un objet et qui ne soit qu'à elle.
M. Durkheim s'est appliqué surtout à empêcher qu'on la confonde avec la psychologie; et à cette fin il a énoncé un autre postulat.
« 11 ne peut y avoir de sociologie, dit-il, s'il n'existe pas de sociétés; mais il n'existe pas de sociétés, s'il n'y a que des individus. »
Il faut donc poser en principe que « la société n'est pas
une simple collection d'individus, mais un être qui a sa vie, sa conscience, ses intérêts, son histoire. Sans cette idée, il n'y a pas de science sociale ».
Certes la société ne peut exister en dehors des individus qui lui servent de substrat ; elle est pourtant autre chose. Un tout n'est pas identique à la somme de ses parties, quoique sans elles il ne soit rien; ses propriétés diffèrent des leurs. En s'assemblant sous une forme définie et par des liens durables les hommes forment un être nouveau, l'être social, qui a sa nature et ses lois propres.
Si un composé diffère spécifiquement de ses composants, cela vient de ce que l'association n'est pas un phénomène infécond, mais un facteur actif. Il est bien certain, par exemple, qu'il n'y a dans la cellule vivante que des molécules de matière brute; seulement elles y sont associées et cette association est la cause de ces phénomènes nouveaux qui caractérisent la vie et dont il est impossible de retrouver même le germe dans aucun des éléments. La dureté du bronze n'est pas non plus dans le cuivre ni dans l'étain ni dans le plomb qui ont servi à le former et qui sont des métaux malléables ou flexibles; elle est dans leur alliage. De même la société : elle n'est pas une simple somme d'individus, mais le système formé par leur association représente une réalité spécifique qui a ses caractères propres.
«Je ne nie pas du tout, écrit M. Durkheim au cours d'une polémique, que les natures individuelles soient les composantes du fait social. Il s'agit de savoir si, en se composant pou,r donner naissance au fait social, elles ne se transforment pas par le fait même de leur combinaison. La synthèse est-elle purement mécanique ou chimique? Toute la question est là. »
Pour M. Durkheim, la question est tranchée : la synthèse est chimique. Il existe vraiment un règne social, aussi distinct du règne psychique que celui-ci l'est du règne biologique et ce dernier, à son tour, du règne minéral.
En distinguant le règnei social du règne psychique, M. Durkheim n'entend pas toutefois éliminer de la sociologie l'élément mental. Fréquemment il répète que « la vie sociale est tout entière faite de représentations», mais il n'omet jamais d'ajouter que « les représentations collectives sont d'une tout autre nature que celles de l'individu».
Ainsi, par exemple, l'ensemble des croyances et des sentiments, commun à la moyenne des membres d'une même société, forme un système déterminé qui a sa vie propre. On peut l'appeler la conscience collective. Cette conscience commune a des caractères spécifiques qui en font une réalité distincte. Les individus passent et elle reste, reliant les unes aux autres les générations successives. Elle est donc autre chose que les consciences particulières. Elle est le type psychique de la société, type qui a ses propriétés, ses conditions d'existence, son mode de développement.
La mentalité des groupes, dit-il encore, n'est pas celle des particuliers. Jamais l'individu, à lui seul, n'aurait rien pu concevoir qui ressemblât à l'idée des dieux, aux mythes et aux dogmes des religions, à l'idée du devoir et de la discipline morale, etc. Si pourtant ces idées se sont constituées, c'est, toujours, parce que, en s'agrégeant, les âmes individuelles donnent naissance à une individualité psychique d'un genre nouveau qui a ses manières propres de penser et de sentir.
Au surplus, en se servant de l'expression « âme collée-
tive », M. Durkheim n'entend pas du tout hypostasier la conscience collective. Il n'admet pas plus d'âme substantielle dans la société que dans l'individu. La conscience, tant individuelle que sociale, est seulement « un ensemble, plus ou moins systématisé, de phénomènes sui generis ».
III. Le troisième postulat est une conséquence du précédent. Si les faits sociaux sont irréductibles aux phénomènes biologiques ou psychiques, ils ne peuvent s'expliquer par ces derniers. Un fait social ne peut être expliqué que par un autre fait social.
La méthode, dite psychologique, ne peut donc convenir à la sociologie.
Ce fut celle des économistes. Ils avaient proclamé qu'il y a des lois sociales, aussi nécessaires que les lois physiques. Mais, suivant eux, il n'y a de réel dans la société que l'individu. Une nation n'est qu'un être nominal ; et ses propriétés sont celles des éléments qui la composent. Les lois sociales ne seraient donc pas des faits très généraux que le savant induit de robservation des sociétés, mais des conséquences logiques qu'il déduit de la définition de l'individu. L'économiste ne dit pas : les choses se passent ainsi, car l'expérience l'a établi; mais : elles doivent se passer ainsi, car il serait absurde qu'il en fût autrement. Aujourd'hui encore la méthode d'explication généralement suivie par les sociologues est essentiellement psychologique. D'après eux, il n'y a rien dans la société que des consciences particulières et ces dernières sont la source de toute révolution sociale. Par suite, les lois sociologiques seront un corollaire des lois plus générales de la psychologie; l'explication de la vie collective consistera à
faire voir comment elle découle de la nature humaine. Une telle méthode, affirme M. Durkheim, n'est applicable aux phénomènes sociologiques qu'à condition de les dénaturer. Les consciences particulières, en s'unissant, donnent naissance à une réalité nouvelle qui est la conscience de la société. Un groupe pense, veut, agit tout autrement que ne feraient ses membres, s'ils étaient isolés. Si on part de ces derniers, on ne pourra rien comprendre à ce qui se passe dans le groupe. Et toutes les fois qu'un phénomène social est directement expliqué par un phénomène psychique, on peut être assuré que l'explication est fausse. C'est dans la nature de la société elle-même, non dans celle des unités composantes, qu'il faut chercher les causes prochaines et déterminantes des faits sociaux.
Une autre erreur de méthode a été commise par certains auteurs de l'école organiciste.
Comte en appelant la société un organisme, ne voyait dans cette expression qu'une métaphore. Spencer déclara nettement que la société est une sorte d'organisme : les cellules en s'agrégeant forment les vivants, comme les vivants en s'agrégeant entre eux forment la société.
Lilienfeld a, pris cette vérité trop à la lettre. Il s'est imaginé que, pour dissiper les mystères dont sont entourées les origines et la nature des sociétés, il suffisait de transporter en sociologie les lois mieux connues de la biologie en les démarquant.
Certes, l'analogie est un précieux instrument pour la connaissance et même pour la recherche scientifique ; c'est un procédé utile d'illustration et de vérification; c'est une forme légitime de la comparaison et la comparaison est le seul moyen pratique dont nous disposions pour arriver à
rendre les choses intelligibles. Il n'était donc pas sans intérêt de signaler entre rorganisme individuel et la société une réelle analogie; car la biologie devenait pour le sociologiste un véritable trésor de vues et d'hypothèses qu'il pouvait sagement exploiter.
Mais l'analogie n'est pas une méthode de démonstration proprement dite. Le tort des sociologues biologistes est d'avoir voulu induire les lois de la sociologie de celles delà biologie. De telles inférences sont sans valeur; entre le règne biologique et le règne social, les différences sont aussi marquées que les ressemblances. Les sociétés peuvent ête comparées aux êtres vivants, parce qu'elles sont des êtres organisés ; seulement rorganisation n'est que le cadre extérieur de la vie sociale et les similitudes biologiques ne nous donnent pas une représentation de ce qui en constitue le contenu. Si les lois de la vie se retrouvent dans la société, c'est sous des formes nouvelles et avec des caractères spécifiques que l'analogie ne permet pas de conjecturer mais qu'il faut atteindre par l'observation directe.
La méthode pour étudier les phénomènes sociaux ne peut donc être le décalque d'aucune autre méthode scientifique; elle doit être strictement sociologique.
Conclusion: « Au delà de l'idéologie des psycho-sociologues, comme au delà du naturalisme matérialiste de la socio-anthropologie, il y a place pour un naturalisme sociologique qui voit dans les phénomènes sociaux des faits spécifiques et qui entreprend d'en rendre compte en respectant leur spécificité. La sociologie n'est l'annexe d'aucune autre science; elle est elle-même une science, distincte et autonome. »