Voir plus loin, p
5. «La science, en tant que telle, n'établit entre les êtres qu'elle étudie et qu'elle classe aucune supérioiritré ni hiérarchie; tout au moins, quand elle se sert de ces termes, elle ne leur donne aucune signification qui implique une appréciation de la valeur des choses. Po'ur elle, tous les êtres se valent.» (Année sociologique, t. IX, p. 324).
6. « Les formes morbides d'un phénomène ne sont pas d'une autre nature que les fourmes normales et, par conséquent, il est nécessaire d'observer les premières comme les secondes pour déterminer cette nature. » (Règles de la méthode sociologique, 2^ éd. p. 51).
7. « Il n'y a pas des religions qui sont vraies par opposition à d'autres qui siéraient fausses. Toutes répondent, quoique de manières différentes, à des conditions données de l'existence humaine. » (Sociologie religieuse. Rév. de métaph., t. 17, p. 735). — «On dit, non moins faussement, que les religions anciennes sont amorales ou immorales. La vérité est qu'elles ont leur morale à elles. » (Règles, p. 52, note 1).
cée (1). Pourquoi non? Les primitifs ne sont pas infé;rieurs aux civilisés : ils sont autres (^).
C'est dans cette disposition d'esprit, méthodiquement amorale, que M. Durkheim va, en sociologue, étudier' la morale. Il « essayera donc de la traiter scientifiquement »; c'est-à-dire « il l'observera comme un système de phénomènes naturels dont il cherchera les causes » (^). Il croit en effet que « si la morale est telle ou telle à un moment donné, c'est que les conditions dans les-» quelles vivent alors les hommes, ne permettent pas qu'elle soit autrement. Elle est un système de faits réalisés, liés au système total du monde (*). »
Son premier souci est de définir ce qui est. « moral », c'est-à-dire objet de la science des mœurs. Il s'mspire à cette fin d'une des règles de sa méthode: « Piour décider, écrit-il, si un précepte est moral ou non, nous devons exaniiner s'il présente ou non, le signe extérieur de la moralité; ce signe consiste dans une sanction répressive diffuse. Toutes les fois que nous sommes en présence d'un fait qui présente ce caractère, nous n'avons pas le droit de lui dénier la qualification de tnoral, car c'est la preuve qu'il est de même nature que les autres faits moraux (^). »
Et voilà une première définition du moral — celle
1. « La famille d'aujourd'hui n'est ni plus ni moins parfaite que celle de jadis: elle est autre, parce que les circonstances soQt autres. » (Introduction à la sociologie de la famille, p. 273).
2. «Certains oibservateurs refusent aux sauvag-es toute espèce ;d;e moralité. Ils partent de cette idée que notre morale est la morale; mais cette définition est arbitraire.» (Règles, p. 52).