‹ Le conflit de la morale et de la sociologie. --Chapitre 38 sur 186 · Voir plus haut, page · texte numérisé non relu

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saire d'invoquer un idéal, peut constater parfaitement telle ou t elle « imperfection », en montrant par exemple que telle croyance ou telle institution sont surannées, hors d'usage et de véritables impedimenta pour la vie sociale. »

Tout autre le sentiment de M. Durkheim.

« Je crois à la science, dit-il. C'est ne pas y croire que de la réduire à n'être qu'un amusement intellectuel, bon tout au plus à nous renseigner sur ce qui est possible et impossible, mais incapable de servir à la réglementation positive de la conduite. Si elle n'a pas d'autre utilité pratique, elle ne vaut pas la peine qu'elle coûte...

» Elle peut nous aider à trouver le sens dans lequel nous devons orienter notre conduite, à déterminer l'idéal vers lequel nous tendons confusément... Il y a un état de santé morale que la science seule peut déterminer avec compétence. »

Et encore : « On dit que la science ne nous apprendrait rien sur ce que nous devons vouloir ; qu'elle explique les faits mais ne les juge pas ; que le bien et le mal n'existent pas à ses yeux ; qu'elle peut bien nous dire comment les causes produisent leurs effets, non quelles fins doivent être poursuivies. Pour savoir ce qui est désirable, c'est aux suggestions de l'inconscient qu'il faudrait recourir. Mais alors la science se trouve destituée de toute efficacité pratique et par conséquent sans grande raison d'être ; à quoi bon travailler pour connaître le réel, si la connaissance que nous en acquérons ne peut nous servir dans la vie?»

Aux problèmes déjà indiqués comme relevant de la sociologie morale (^), M. Durkheim en ajoute donc un nou-

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