‹ Le conflit de la morale et de la sociologie. --Chapitre 44 sur 186 · La philosophie dans les Universités allemandes · texte numérisé non relu

La philosophie dans les Universités allemandes

pas que des individus dans le vaste monde. L'humanité est formée de peuples divers. Chacun d'eux constitue une grande individualité, a sa physionomie et son caractère. La communauté de l'origine, du territoire, du gouvernement, de la langue, des traditions, des souvenirs, des mœurs, du droit, de la religion, des idées, des sentiments, fait d'un peuple une réalité vivante, un tout organique. La nation a comme telle une activité économique, et chacune a la sienne propre. Son système économique, aussi réel que la nation elle-même, forme l'objet de la Volkswirtschaftslehre (^).

Cette conception de la nation, réalité vivante, substrat de phénomènes propres, M. Durkheim l'avait déjà

1, « Die Volkswirtschaft ist ein organisches Ineinander, nicht ein mechanisches Nebeneinander von Einzelwirthschaften... Sie ist, ebenso gut wie das Volk, ein reaies Ganzes, welches sich in entscheidenden Puncten als ein Organismus darstellt... Die histodache Thatsache gemeinsamer Abstammung, die gemeinsamen geschichtlichen Erlebnisse, der Besitz eines gemeinsamen Wohngebiets, die Gemeinsamkeit und Eigenausbildung wichtiger Besitzthiimer, der Sprache, der Sitte, des Rechts, des Staats, der Wirthschaft, selbst der Kunst, Wissenschaft, und Religion, dièse Momente aile sind es, auf denen das Volk im Sinne von Nation beruht. » A. Wagner, Grmidlegung der politischen Oekonomie, §§ 149 et 151. — « Die altère Nationalôkonomie behauptete oftmals, es gebe keine Volkswirtschaft, sondern nur Einzelwirtschaften. Gewiss ist letzteres falsch. Die englische, die deutsche Volkswirtschaft sind nicht bloss eine Summe von Einzelwirtschaften, sondern ein einheitliches Ganzes, dessen Telle in jeder Beziehung unter sich in anderer Wechselwirkung stehen als dieselben Teile mit den Einzelwirtschaften anderer Vôlker. Und das Gemeinsame, die Einzelwirtschaften eines Volkes verbindende, ist nicht bloss der Staat, sondern ist ein Tief ères : die Gemeinsamkeit der Sprache, der Geschichte, der Erinnerungen, der Sitten und Ideen. Es ist eine gemeinsame Gefiihlsund Ideenwelt, eine Herrschaft gemeinsamer Vorstellungen ; mehr als das, eine aus diesen ûbereinstimmenden psychologischen Grundlagen herausgewachsene, objectiv gewordene gemeinsame Lebensordnung, das gemeinsame Ethos, das aile Handlungen der Menschen, also auch die wirtschafdichen beeinflusst. » G. Schmoller, JJeber einige Grundfragen des Bechts und der Volkswirtschaft, p. 44.

rencontrée chez Schaeffle, élargie et généralisée (^). Une société — nation, corporation, famille — est, d'après Schaeffle, autre chose qu'une somme d'individus; c'est un tout, qui a une existence et une activité distinctes de celles de ses éléments. Ce n'est pas un organisme au sens biologique, mais une individualité supérieure. Il existe incontestablement une conscience collective sur laquelle se règlent les consciences individuelles. Dans toute société se retrouvent des représentations, des manières de sentir, des aspirations communes. Sans doute, il ne peut y avoir une conscience sociale, si des consciences individuelles ne sont données ; mais néanmoins la conscience sociale est quelque chose de réellement autre. Dogmes, principes, doctrines, règles morales, juridiques, esthétiques — tous produits sociaux — s'imposent aux individus qui dans leurs jugements et dans leurs déterminations subissent la contrainte collective {^).

1. M. Durkheim a analysé le tome I du Bau und Leben des socialen Kor-pers de Schaeffle dans la Revue philosophique, tome XIX, 1885, page 84.

2. « Die menschliche Gesellschaft ist ein lebendiger Korper eigener Art. Der sociale Korper wirkt zwar durch und fur seine activen Bestandtheile, die Individuen und die Gruppen der Bevôlkerung, aber er erhalt sich ûber denselben als ein Ganzes mit ununterbrochenem Collectivbewusstsein, mit einer die Einzelnen beherrschenden Tradition der geistigen und materiellen Gùter... Er ist kein Organismus im Sinne der Biologie. Er ist im empirischen Sinne eine selbstàndige Individualitàt hoherer Ordnung... Die Gesellschaft ist keine Summe organischer Individuen. Die Gesammtheit besteht im Wechsel der Einzelnen und iiberdauert die Generationen von Individuen und Familien. Das Gesammtbewusstsein ist mehr als die Summe der individuellen Bewusstseinsinhalte... Der objective Gemeingeist kann zv^ar nicht ausserhalb der zur Gemeinschaft gehorigen Individuen w^irksam sein, aber er wird doch in allen Gliedern zusammmen eine gleichartige Kraft, welche sich iiber die Einzelnansichten, Einzelngefiihle, und Einzelnbestrebungen massgebend sich erhebt. Dogmen, Prinzipien, Doctrinen werden herrschend fiir das allgemeine Denken und Wollen. Gesellschaftliche Geschmackrichtungen und Ehrbegriffe, gleiche Massstàbe der Billi-

Sans doute, des voix isolées avaient, en France, dit des choses analogues.

Renan qui dans une lettre célèbre reconnaissait qu'il devait à l'Allemagne sa formation philosophique {^), avait écrit: « Un pays n'est pas la simple addition des individus qui le composent; c'est une âme, une conscience, une personne, une résultante vivante f^). »

Et M. Espinas, très informé de la littérature sociologique allemande, avait parlé comme Schaeffle : « Les consciences sociales doivent être comptées parmi les plus hautes des réalités... L'unité sociale ne subsiste que par les individus qui la composent, mais ceux-ci empruntent pour une plus large part au tout lui-même, ce qu'ils ont de réalité. En effet, les individus changeant, celui-ci demeure. L'individu est donc l'œuvre bien plus que l'auteur de la société; l'action collective pèse sur lui p). » «La société est une chose concrète, vivante... Pour qu'un sujet conscient, une personnalité psychique naisse dans une société et fasse de celle-ci un. individu nouveau, il est nécessaire que plusieurs consciences d'hommes entrent les unes dans les autres (*). »

gung und der Missbilligung werden bestimmend fur das Werthurtheil aller Einzelnen, so dass die Einzelnen dem Massengefùhl sich unterwerfen. Vollends in Beziehung auf WoUen und Thun, Konnen, Sollen, Mùssen, Dùrfen, sehen wir die Gewalt des lebendigen Redites, der ôffentlichen Moral, der standes- und berufsmàssigen Kunstiiberlieferung mâchtig ùber die Einzelnen... Der Volksgeist ist mehr als eine Summe von einzelngeistigen Thatsachen. » A. Schaeffle, Bau und Lehen des socialen Korpers, tome I, pp. 1 et suiv. et pp. 415 et suiv.

1. « Je dois à l'Allemagne ce à quoi je tiens le plus, ma philosophie » (E. Renan, Lettre à M. Strauss, dans le «Journal des Débats » du 16 septembre 1870).

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