‹ Le conflit de la morale et de la sociologie. --Chapitre 45 sur 186 · Les sociétés animales, 2e éd., pp · texte numérisé non relu

Les sociétés animales, 2e éd., pp

4. Les études sociologiques en France. Revue philosophique, t. XIV,

Mais M. Fouillée avait attaqué vigoureusement cette thèse de M. Espinas et soutenu « qu'on n'a pas le droit de dire qu'une société est psychologiquement un grand individu existant pour lui-même. La réalité de la conscience sociale, affirmait-il, nous échappe ; nous ne trouvons devant nous que des consciences individuelles. Les théories mystiques qui personnifient les sociétés, qui admettent une âme des peuples, sont vides et fausses. Supposer une fusion de consciences particulières en une seule grande conscience collective, c'est une hypothèse aventureuse métaphysiquement, contradictoire psychologiquement (^). »

Cette critique de M. Fouillée fit-elle impression sur M. Durkheim? Toujours est-il que celui-ci, analysant en 1885 le Grundriss der Sociologie de Gumplowicz, faisait à l'égard de la thèse du réalisme social et de ses conséquences, des réserves significatives. D'après Gumplowicz « l'homme ne se crée pas plus intellectuellement qu'il ne se crée physiquement. Ses pensées, son esprit sont le produit du milieu social dans lequel il vit et agit(-).» «Puisqu'il n'y a dans la société que des individus, observa à ce popros M. Durkheim, oe sont eux et eux seuls qui sont les facteurs de la vie sociale... De quoi le milieu social est-il fait, sinon d'individus?... C'est par les consciences individuelles que tout passe, et c'est d'elles en définitive que tout émane. Le tout ne peut changer que si les parties changent et dans la même mesure (3).»

Après son séjour en Allemagne seulement, — quand l'autorité de M. Wagner et de M. Schmoller, renforcée

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