Stuart Mill, Logique, livre VI, chap
4. P. Lilienfeld, Gedanken ilher. die Sozialwissenschaft der Zu- Tiunft, 5 vol. 1873-1881.
Morale et sociologie. lo
vinrent à point pour empêcher la Sociologie de s'évanouir en se laissant absorber par Tune ou l'autre des sciences voisines. En affirmant Texistenoe distincte et le caractère spécifique de la réalité sociale, les Allemands fournissaient à la Sociologie un objet bien à elle. M. Durkheim leur doit ce que nous avons appelé son postulat fondamental.
Ce premier résultat obtenu, il fallait décider la forme sous laquelle la Sociologie ferait sa rentrée dans le monde.
Serait-ce une science générale, une discipline unique, à créer de toutes pièces, avec comme tâche te monde social à scruter dans toute sa complexité et jusque dans son passé lointain? Conçue avec ces proportions, c'eût été une entreprise chimérique, condamnée aux observations incomplètes et superficielles, aux conjectures hasardeuses, aux généralisations vagues.
Schaeffle avait eu des vues moins ambitieuses mais plus pratiques. Rompant avec Comte qui construisit, au moyen de matériaux insuffisants, une philosophie de l'histoire inexacte et subjective, et avec Spencer qui se proposa de faire rentrer l'évolution sociale dans l'évolution universelle (1), Schaeffle recommandait aux sociologues de s'attacher de près à la réalité sociale. L'étude, notait-il, en est déjà commencée, de nombreuses sciences particulières se partageant le domaine à explorer. Toutefois, faute d'entente préalable, ces sciences sont dans un fâcheux état d'isolement; elles s'ignorent et ne semblent surtout pas soupçonner que les phénomènes variés qu'elles étudient, sont tous des activités ou des manifestations du même corps social. La tâche du sociologue est d'abord de leur