La philosophie dans les universités allemandes, p
2. H. Taine, Les philosophes français du XIX^ siècle , chapitre XI. Par^s, 1857.
3. Caro, Rapport sur le concours relatif à r universalité des principes de la morale, dans les Mémoires de l'Académie des sciences morales et politiques de l'Institut de France, t. XIV, 2'"e partie, p. 178. Cfr. ibid., p. 191, le troisième rapport sur le même concours lu le 18 juillet 1874 par M. Martha.
4. Th. JouFFROY, Cours de droit naturel, 2 vol. — Mélanges philosophiques. — J. Simon, La liberté, 2 vol. Le devoir. — P. Janet, La morale. — E. Caro, Problèmes de morale sociale.
et se complaisaient dans de brillants développements oratoires sur le bien, le devoir, la perfection. Et comme Caro, par exemple, ils déduisaient de la notion abstraite de la personnalité, toute une série de conséquences juridiques et sociales: « Il y a un droit primordial, un ensemble de droits naturels inhérents à l'homme, parce que l'homme est une personne, c'est-à-dire une volonté libre. Consultons cette notion de la personnalité humaine, nous verrons se déduire les divers droits naturels qu'enferme le droit primordial : la liberté individuelle, la liberté du foyer, la liberté de la propriété, la liberté de conscience, la liberté de penser, la liberté du travail, la liberté du commerce (i)... »
Enfin la politique sociale des socialistes de la chaire comptait peu d'appuis dans la patrie d'adoption du libéralisme économique. Et la réorganisation corporative de la société n'était le programme que du comte de Mun et de ses amis de VŒuvre des cercles catholiques d'ouvriers (^).
La première publication remarquée de M. Durkheim, ce furent ses articles sur Les règles de la méthode sociologique qui parurent, en 1894, dans la Revue philosophique {^). Ils attirèrent l'attention par la thèse du réalisme
1. E. Caro, Problèmes de morale sociale, 2e édit., p. 187. Paris,
2. M. Eblé, Les écoles catholiques d'économie politique et sociale en France. Paris, 1905. — H. JOLY, Le socialisme chrétien. Paris, 1892. — P. MONICAT, Contribution à l'étude du mouvement social chrétien en France au XIX^ siècle. Paris, 1898. — F. Nitti, Il socialisme cattolico. Turin, 1891. — Cfr. la collection de la revue l'Association Catholique^ les Discours et écrits divers du comte DE Mun, et Vers un ordre social chrétien par le marquis DE la Toltr DU Pin. Paris, 1907.
3. Ces articles ont été réunis en un volume auquel nous renvoyons dans nos citations.
social qui s'y affirmait hardiment : « La société n'est pas une simple somme d'individus, mais le système formé par leur association représente une réalité spécifique qui a ses caractères propres i^). »
De différents côtés on s'éleva contre cette assertion qui parut étrange et paradoxale.
Tarde se distingua par une agression particulièrement vive. Il se refusait à prendre au sérieux ce « postulat énorme » qu'il traita d' « illusion ontologique », de « chi mérique conception », de « notion fantastique », de « fantasmagorie ». « Assurément la Sociologie a son domaine bien à elle, mais non pas un domainei en l'air, dans les brouillards de l'ontologie (-). » Il dénonça M. Durkheim « nous rejetant en pleine scolastique, retournant au réalisme du moyen âge, créant tout exprès pour la science qu'il fabriquait, un principe social beaucoup plus chimérique que l'ancien principe vital (^). »
M. Ch. Andler fut presque méprisant. Pour lui, M. Durkheim était «le théoricien qu'on voudrait dire le plus clair, mais qu'il faut se borner à qualifier le plus affirmatif, d'une mythologie nouvelle! (*). »
Enfin M. Fouillée, plus modéré, trouva cependant que « concevoir la société comme existant en dehors des individus, c'est de la pure métaphysique f^). »
L'auteur des Règles de la méthode avait entendu, en
1. E. Durkheim, Les règles de la méthode soaiologiaue, p. 127. Paris, 1895.