‹ Le conflit de la morale et de la sociologie. --Chapitre 60 sur 186 · Ein grosses Individuum » (t. I, p · texte numérisé non relu

Ein grosses Individuum » (t. I, p

4. « Der Staat ist nicht eine bloss kùnstliche Veranstaltung ; er is nothwendig, unvermeidlich. Der Mensch ist nicht zu denken ausserhalb des Staates » (t. I, pp. 39-40).

5. Das Bùndel Ephemerer Wesen welches in diesem Augenblick auf der Erdflàche, die man Frankreich nennt, neben einandcr steht » (t. I, p. 204; cfr. p. 231).

6. « Ein Volk ist die erhabene Gemeinschaft einer langen Reihe von vergangenen, jetzt lebenden und noch kommenden Geschlechtern, die aile in einen grossen innigen Verbande zu Leben and Tod zusammenhangen, von denen jedes einzelne, und in jedem einzelnen Geschlechte wieder jedes einzelne menschliche Individuum den gemeinsamen Bund verbûrgt, und mit seiner gesammten Existenz wieder

juste de la société ; il a isolé les phénomènes économiques des autres phénomènes sociaux ; il a fait abstraction des besoins spirituels et de leur action sociale (^). Il a oublié que tout se tient dans la réalité. L'État n'est pas qu'une manufacture, une ferme, une agence d'assurances, une sociétéi commerciale ; il est le consensus des besoins physiques et moraux, des richesses matérielles et morales, de toutes les manifestations de la vie nationale en an grand tout, doué de vie et sans cesse en mouvement (^). Il manque aux économistes et aux théoriciens de la politique la conception organique de l'Etat. Ils croient que la nation est tout simplement l'ensemble des individus ,^) ; ils s'imaginent que la richesse nationale n'est pas autre chose que la somme des richesses individuelles (*). L'Etat n'est pas une machine, comme l'orgue ou rhorloge, dont un mécanicien combine le mécanisme (^) ; et ce ne sont pas des matériaux inertes, que l'homme d'État et le sociologue

von verbùrgt wird ; welche schône und unsterbliche Gemeinschaft sich den Augen und den Sinnen darstellt in g-emeinschaftlicher Sprache, in gemeinschaftlichen Sitten und Gesetzen, in tausend segensreichen Instituten » (t. I, p. 204; cfr. pp. 83 et 231).

1. « Die geistigen Bedùrfnisse und ihr inneres Handeln im Staate » (t. I, p. 51).

2. « Der Staat ist nicht eine blosse Manufactur, Meierei, Assccuranz-Anstalt, oder mercantilische Societàt ; er ist die innige Verbdndung der gesammten physischen und geistigen Bedùrfnisse, des gesammten physischen und geistigen Reichthums, des gesammten inneren und âusseren Lebens einer Nation, zu einem grossen energischen, unendlich bewegten und lebendigen Ganzen (t. I, p. 51). Der Staat ist die Totalitàt der menschlichen Angelegenheiten, ihre Verbindung zu einem lebendigen Ganzen. » (t. I, p. 66).

3. « Dass die Anzahl der Kôpfe eigentlich die Nation ausmache » (t. II. p. 247; cfr. p. 205).

4. « So geschah es dass den Oekonomisten National- Reichthum und die Summe aller einzelnen Reichthûmer gleich-galt » (t. II, p. 247\

5. « Fiir die Theoretiker giebt es eine Kunst des Staatenbau's, wie des Orgelbauens oder des Uhrmachens » (t. I, p. 21).

ont à manipuler à leur guise (^). Une nation est toujours en mouvement ; c'est dans son développement qu'il faut la considérer, c'est le secret de son évolution qu'il faut tâcher de surprendre (-). Peut-être trouvera-t-on que comme chaque vers a son rhythme et chaque morceau de musique sa mesure — chaque nation a sa loi d'évolution propre. La tâche de l'homme d'État avant tout et même de tous les citoyens chacun pour sa part, est d'en prendre conscience et de s'y adapter (^). Le génie de l'homme d'État n'est pas dans sa puissance d'invention ni dans sa force d'imagination ; il est dans sa faculté de pénétration, dans sa perspicacité à saisir la nature d'une réalité donnée et l'évolution antérieure du corps social. Sa mission n'est point d'imposer à un État malade l'idéal abstrait d'une constitution parfaite ; il n'a pas à rechercher la santé en général ; il doit déterminer l'état de santé qui convient à tel État donné et que celui-ci est capable de réaliser. On a supprimé — avec quelle légèreté ! — d'antiques constitutions sous l'irifluence desquelles on avait longtemps vécu, comme si l'État n'était qu'une agence de police qui se peut remplacer par une autre, sans que rien

1. Die aufgabe fiir den Staatsgelehrten so wie fur; den Staatsmanne ist keinesweges ein willkùhrliches Anordnen todter Stoffe » (t. I, p. 5).

2. « In der Bewegung, vor allen Dingen, will der Staat betrachtet s-ein und das Herz des wahren Staatsgelehrten soll, so gut wie das Herz des Staatsmannes, in dièse Bewegung eingreifen » (t. I, p. 5).

3. «Vielleicht fânde sich in der vereinigten Bewegung der Menschiieit oder einer Nation, wenn wir dieselbe durch Jahrhunderte verfolgten, eine Art von Gesetz der Bewegung; vielleicht fânde sich, dass, wie jeder Vers seinen eigenthùmlichen Rhythmus, jedes Musikstùck seinen eigenthiimlichen Takt, so auch jede Nation ihre eigenthùmliche Bewegung habe, welche vor allen Dingen der Staatsmann, alis Capellmeister, doch auch jeder einzelne Bûrger seines Teils empfinden, und in welche er, der Natur seines Instrumentes gemàss, eingreifen musse » (t. I, pp. 95-96).

soit changé à la vie des citoyens ! Si on considère au contraire la société humaine comme une grande individualité, on se gardera de penser que l'organisation de l'État et la forme de sa constitution peuvent faire l'objet d'une spéculation arbitraire {^). Chaque nation exprime, dans la langue, dans la forme, dans la loi, dans les coutumes qui lui sont propres, l'idée du droit commune à tous les Etats (-). Aussi peut-on dire en un sens que tout droit positif est naturel {^). L'homme de gouvernement se gardera de considérer exclusivement le texte abstrait du Code ; mais il rapprochera une législation de l'état de choses dont elle est issue, il recherchera comment elle a été produite par l'évolution historique; il traitera la loi

1, « Das Génie des Arztes oder des Staatsmannes wird sich nicht in seiner Erfindungskraft, aber wohi in dem Divinationsgciste offenbaren, womit er in die g-egebene Natur und in die friiheren, unabànderlichen Schicksale des Korpers eingeht, den er zu curiçen hiat; nicht in der Art, wie er ein allgemeines Idéal von guter Ver fassung dem kranken Korper oder dem kranken Staate aufdringt, sondern wie er, ohne der eigenthiimlichen Natur seines Patienten etwas zu vergeben, nicht nach Gesundheit ùberhaupt, sondern nach der diesem Korper eigenthiimlichen und erreichbaren Gesundheit strebt. Wenn man den Leichtsinn erwàgt, womit in unsern Zeiten hier und da alte Verfassungen aufgehoben werden, den Leichtsinn derer meine ich, die lange unter dem unmittelbaren Einflusse dieser Verfassungen lebten : so findet man, dass ihnen der Staat nichts weiter ist, als eine grosse Polizeianstalt, die durch eine andere Anstalt der Art ersetzt werden kann, ohne dass sich in dem inneren Leben der Bûrger etwas veràndert. Betrachtet man den Staat als ein grasses, aile die kleinen Individuen umfassendes Individuum; sieht man ein, dass die menschliche Gesellschaft im Ganzen und Grossen sich nicht anders darstellen kann, denn als ein erhabener und voUstàndiger Mensch, so wird man niemals die inneren und wesentlichen Eigenlieiten des Staates, die Form seiner Verfassung, einer willkiihrlichen Spéculation unterwerfen wollen » (t. I, pp. 255-256; cfr. t. II, p. 158).

2, « Jeder wirkliche einzelne Staat drûckt die allen Staaten gemeinschaftliche Idée des Rechtes in seiner eigenthiimlichen Sprache, in eigenthiimlichen Formen, Gesetzen und Sitten aus » (t. I, p. 115 .

3, « Wir durfen ailes positive Recht fiir natiirliches anerkennen » (t. I, p. 75).

comme une âme dont le corps est un chapitre de l'histoire nationale. La législation d'un peuple n'est pour lui qu'un extrait ou un esprit de l'histoire de ce peuple (i). —

Adam Mùller arrachait ainsi du sol national les mauvaises herbes exotiques : le cosmopolitisme humanitaire, le rationalisme juridique, l'individualisme économique et politique. En même temps il jetait en terre allemande la semence d'idées qui lèveront tout le long du siècle et dont nous avons cueilli une gerbe dans le champ de la geschichtliche Rechtstrissenschaft, de la Spraehphilosophie, de la NationalôJtonomie, de la Volkswirtschaftslehre, de la Staatslchre, de la Vôlkerpsychologie, de la Soziologie.

Les économistes sont à peu près les seuls qui aient eu pour leur devancier une pensée de gratitude (^j. Savigny se réclame de Hugo et de Moser (^), mais semble ignorer Millier. Schaeffle ne le cite pas une seule fois dans les quatre volumes de Bau und Leben ni dans son traité d-économie politique (*). Bluntschli ne peut nier que Mùller est le premier des contemporains à avoir eu l'idée organique

1. « Der Staatsmann betrachtet das Gesetz nie einzeln in seiner abstracten Strenge, sondern er stellt es der Lage der Dinge gegeniiber, in der es entstanden, er sieht es an, wie es aus der Geschichte hervorgegangen ist; er behandelt das einzelne Gesetz wie eine Seele, deren Kôrper in einem Capitel aus der National-Geschichte besteht (t. I, p. 91). Des National-Gesetzbuch ist ihm nichts anderes als ein Auszugi, ein esprit der National-Geschichte» (t. I, pp. 92-93),

2. Nous avons cité Roscher. Voyez Wagner, GrundUgung, § 144. — G. SCHMOLLER, Gruïidrîss der allgemeinen YolkswirtschafUlehre, t. L § 47. Leipzig, 1900. — Ingram (Histoire de V économie politique, p. 271) ne fait que résumer l'analyse de Roscher (Geschichte der National-Oekonomik in Deutschland, pp. 763 et 975). — M. Rambaud {Histoire des doctrines économiques, p. 244) montre, par la façon dont il parle de Mùller, qu'il ne le connaît point.

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