‹ Le conflit de la morale et de la sociologie. --Chapitre 72 sur 186 · Flan, p. 86 et Cours, t. IV, 48me leçon, p · texte numérisé non relu

Flan, p. 86 et Cours, t. IV, 48me leçon, p

2. Saint-Simon avait déjà, en 1813, dans son Mémoire sur la science de l'homme, exprimé la conviction que, si l'on suivait son plan d'études, « la politique deviendrait une science d'observation et que les questions politiques seraient un jour traitées par ceux qui auraient étudié la science positive de l'homme, par la même méthode et de la même manière qu'on traite aujourd'hui celles relatives aux autres phénomènes » (H. de Saint-Simon, Mémoire sur la science de Vhomme. Œuvres choisies, t. II, p. 147. Bruxelles, 1859). — Dans le Système industriel, publié en 1821, il y a aussi plus d'une pensée dont Comte a fait son profit. Celle-ci entre autres : « Une constitution n'est durable qu'autant qu'elle est, dans ses éléments essentiels, l'expression de l'état de la société, à l'époque où elle s'établit. On ne ,crée point une force politique, on l'enregistre au nombre des puissances dirigeantes, quand elle a acquis un développement civil suffisant, ou bien elle s'enregistre alors d'elle-même; voilà tout. Cette reconnaissance, ou, si l'on veut, cette légitimation des forces prépondérantes qui existent dans une société à chacune des époques importantes de la civilisation, est ce qu'on appelle sa constitution, qui, sans cela, serait purement une rêverie métaphysique » DE Saint-Simon, Du Système industriel, 1821. Œuvres de Saint- Simon et d'Enfantin, t. XXII, p. 197. Paris, Dentu, 1869).

3. « Profondément imbu, de bonne heure, de l'esprit révolutionnaire, envisagé dans toute sa portée philosophique, je ne crains pas néanmoins d'avouer, avec une sincère reconnaissance, la salutaire influence que la philosophie catholique a ultérieurement exercée sur le développement normal de ma propre philosophie politique, surtout par le célèbre Traité du Pape, non seulement en me facilitant, dans mes travaux historiques, une saine appréciation générale du moyen âge, mais même en fixant davantage mon attention directe sur des conditions d'ordre éminemment applicables à l'état actuel, quoique conçues pour un autre état » (A. Comte, Cours de philosophie positive, 46me leçon, t. IV, p. 184, note 1).

politique métaphysique et posé les principes essentiels de la Sociologie contemporaine.

Dès 1796, de Maistre dénonce l'erreur initiale des théoriciens de la Révolution française: Ils ont rédigé des constitutions pour « l'homme », entité imaginaire, abstraction irréelle (^).

L'humanitarisme, en ce temps-là, était à la mode. Il faudra encore dix ans et de cruels mécomptes avant que l'Allemagne ne commence, la première, à revenir de son engouement pour le cosmopolitisme (-). Cependant de Maistre proclame que ce qu'il y a de réel au regard de la science politique, ce sont les nations. Elles naissent, dit-il, et périssent comme les individus. Elles ont une âme générale et une véritable unité morale qui les constitue ce qu'elles sont. Cette unité est surtout annoncée par la langue. Quand oin parle du génie d'une nation, l'expression n'est pas aussi métaphysique qu'on le croit. Chacune a son caractère, et de ces différents caractères des nations naissent les différentes modifications des gouvernements (^). Dès lors, une Constitution qui est faite pour toutes les nations, n'est faite pour aucune (^). Non seu-

1. J. DE Maistre, Considérations sur la France, 1796. — « La Constitution de 1795, tout comme ses aînées, est faite pour l'homme. Or, il n'y a point d'homme dans le monde. J'ai vu, dans ma vie, d&s Français, des Italiens, des Russes, etc. ; je sais même, grâce à Montesquieu, qu'on peut être Persan : mais quant à Vhommc, je déclare ne l'avoir rencontré de ma vie; s'il existe, c'est bien à mon insu » (chap. 6).

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