Ibid., p
3. « Le crime s'observe dans toutes les sociétés de tous les types. Partout et toujours il y a eu des hommes qui se conduisaient de manière à attirer sur eux la répression pénale. Il n'est donc pas de phénomène qui présente de la manière la plus irrécusée tous les symptômes de la normalité. » (^Bègles, p. 82).
crime, dont quelques-unes f^) ont soulevé autrefois les protestations de Tarde (^) et continuent de valoir à leur auteur une réputation d'esprit indépendant (•^), — ne méritent guère qu'on s'y arrête.
A les lire, l'idée vous vient de proposer à un amateur de logique formelle le problème suivant : En donnant au mot normal trois ou quatre sens différents, et au mot crime deux sens différents, combien de propositions paradoxales peut-on énoncer sur la normalité du crime ?
M. Durkheim prétend tout définir à nouveau (*) et «parler des faits moraux dans une langue qui n'est pas celle du vulgaire f-^) . » Mais il ne suffit pas de formuler laborieusement une nouvelle définition — scientifique ou sociologique — du crime. Il faut savoir s'y tenir et ne pas retomber dans les prénotions du vulgaire.
Quand M. Durkheim dit que tout acte puni est un crime, quelles que soient la gravité de la peine et la valeur ou la moralité de l'acte f^), — cette définition, sous-entendue, lui permet d'affirmer que le crime a parfois une utilité directe: l'homme puni peut être un vertueux réformateur, incompris de son milieu (').
1. «Le crime est un facteur de la santé publique, une partie intégrante de toute société saine... Le criminel est un agen; régulier de la vie sociale... Le crime ne doit plus être conçu comme uix mal qui ne saurait être contenu dans de trop étroites limites.. » (Règles de la méth. sociol., pp. 83-89),
2. G. Tarde, Criminalité et santé sociale, dans la Revue philosophique, t. xxxix. Paris, 1895.
3. Voir Bulletin de la Société française de philosophie, t. VI, -pp. 180-181. Paris, 1906.
A. Règles, p. 20 et suiv. ■ '
■ 5. Ibid., p. 90, note 1.
- 6. Biv. du trav. soc, V^ éd., pp. 85-86.