Règles, p. 88. Cfr. Crime et? santé sociale, p
Mais quand il ajoute: «De ce que le crime est un fait de sociologie normale, il ne suit pas qu'il ne faille pas le haïr (i), » — il substitue subrepticement la notion vulgaire du crime à la notion scientifique, et le lecteur inattentif ou mal informé reste déconcerté par l'incohérence de ces jugements contradictoires.
La Revue de métaphysique et de morale réclame l'indulgence pour les contradictions et demande qu'on distingue entre les « phrases essentielles » et les « phrases secondaires. » — Mais sont-ce les propos du savant qui sont essentiels ou ceux du moraliste? Ceux du positiviste ou ceux du métaphysicien? Ceux du sociologue ou ceux du sociolâtre?
Le critique de la Revue croit aussi que « la différence des temps supprime la contradiction. » — Un auteur a évidemment le droit et même le devoir, s'il s'est trompé, d'abandonner une théorie pour en adopter une autre; et il serait absurde alors et injuste de lui imputer une contradiction. Mais il ne s'agit point, dans le cas présent, d'opinions successives et opposées, professées par le même écrivain. Ce que nous avons signalé dans notre livre (^), c'est une contradiction fondamentale et permanente qui vicie l'œuvre entreprise par M. Durkheim.
S'il s'en était tenu aux conditions essentielles de toute
1. Règles, p. 90, note 1. — Pourquoi le haïr? Il serait intéressant de le savoir, car M. Durkheim dit ailleurs: «Quand je viole la règle qui m'ordonne de ne pas tuer, j'ai beau analyser mon acte, je n'y trouverai jamais le blâme ou le châtiment: il y a entre l'acte et sa conséquence une hétérogénéité complète; il est impossible de dégager analytiquement de la notion de meurtre ou d'homicide la moindre notion de blâme, de flétrissure. » {Détermination du fait moral, p. 120).