Leroux, pp. 77 et
stériles et impuissantes parce qu'isolées de la physiologie ; étranger au mouvement du siècle; ignorant de l'histoire; sans tradition; sans racines spirituelles dans le passé; sans idéal comme sans sympathie aucune pour le peuple; ne connaissant d'ailleurs ni la misère des prolétaires, ni la vie qui fermente au sein de notre époque ; sans religion et n'en sentant pas le besoin {^), — cette réfutation passionnée était faite du point de vue particulier du Saint- Simcnisme. Mais telle partie, par exemple l'examen de la méthode psychologique de Cousin (^), mérite d'être rapprochée de la critique de Taine.
Taine fut sans pitié. Son livre (^) est comme un formidable coup de bélier dans la baraque qui abritait la philosophie officielle. Rien ne reste debout. Entre les mains de Cousin, la philosophie est devenue « une machine oratoire d'éducation et de gouvernement ». Le goût de Cousin pour l'abstraction et pour les termes généraux, sa hame de l'exactitude et du style précis ont fait de sa philosophie « un monceau de phrases inexactes, de raisonnements boiteux et d'équivoques visibles » : elle est restée dans un coin, amie de la littérature, divorcée d'avec la science. Cousin a réduit la psychologie à l'étude de la raison et de la liberté, tandis que Jouffroy l'emprisonnait dans une question de mots. L'impuissant système n'a eu ni métaphysique ni logique: les sciences positives n'ont reçu de lui aucune idée générale et directrice; leurs méthodej se sont développées sans lui. Il a constamment subordonné la science à la morale, commentaire du Vicaire