Voir Le Temps (3-4-26 août
Agence Économique et Financièree (5-16-27-30 août 1935).
P. Brossolette. « Le Problème éthiopien devant la $. D. N. » (Européen, 3 août 1935.)
Dumont-Wilden. « La $. D. N. et le différend italo-éthiopien ». (Revue Bleue, 17 août 1935.)
Journal des Débats, 4 août 1935.
Leroux de Laroche. « La question éthiopienne » (Politica, août-sept. 1935).
. des Economuistes. Chronique (sept-oct. 1935).
R. Pinon. « L'Europe et l’Éthiopie ». (Le Capital, 3 juillet 1935.)
Revue politique et parlementaire (10 août et 10 septembre 1935).
traité se substituait à la procédure de Genève. Une telle thèse était insoutenable, l’article 20 du Pacte ayant expressément prévu que les membres de la Société des Nations s’engageaient à ne pas contracter dans l’avenir d'obligations incompatibles avec les termes du Pacte, et d'autre part, l’article 21 préconisant que les engagements internationaux et notamment les traités d’arbitrage n’étaient compatibles avec les dispositions du Pacte qu’en tant qu’ils assurent le maintien de la paix.
En réalité, en demandant que le Conseil de la Société des Nations se borne à reprendre les termes du compromis et à définir la compétence de la Commission d’arbitrage en réduisant celle-ci à l’examen des questions de fait, l’Italie désirait simplement échapper au débat de Genève sur le fond du problème et éviter la question de droit sur l’occupation de Oual-Oual. Le point de vue italien était nettement précisé dans le télégramme adressé le 27 juillet par M. Mussolini à la Société des Nations : « Dans lPétat de choses actuel cette réunion ne peut avoir d’autre objet que celui d’étudier les moyens les plus opportuns de mettre la Commission de conciliation et d'arbitrage en mesure de reprendre définitivement ses travaux. S'il n’en était pas ainsi, le Gouvernement italien se réserve de faire connaître ses observations à ce sujet. » La position de l'Italie à l’ouverture de la session était donc particulièrement intransigeante et on pouvait lire dans le Popolo d'Italia un article anonyme d’inspiration officielle extrêmement suggestif à cet égard : « La solution du problème ne peut être que totalitaire, «une expansion qui ne serait pas soutenue par les armes, «un protectorat qui ne serait pas accompagné de mesures « militaires pourraient se terminer comme le précédent
« de Ucciali. D’autre part, tant que la menace militaire « éthiopienne ne sera pas éliminée, toute sécurité de nos « colonies sera aléatoire. Des limites de cette sécurité « l’Italie est seule juge. Dans des circonstances périlleuses « nous n’aurions d’aide d’aucune sorte de personne, ee « serait probablement le contraire. Posé en termes mili- « taires, le problème italo-éthiopien est d’une simplifi- « cation immédiate, d’une logique absolue. Posé en « termes militaires, le problème n’admet avec Genève, « sans Genève ou contre Genève, qu’une seule solution. « Tous les autres motifs sont importants, ils ne sont « pas décisifs. C’est dans cet ordre de faits que la poli- « tique de l’Italie fasciste trouve sa justification suprême « historique et humaine ».
Quant à la position de l’Ethiopie elle s’appuyait rigoureusement sur le Pacte et en demandait l'application totale sans aucunement accepter la restriction du rôle du Conseil envisagée par l'Italie.
Quelle était la position française devant cette ferme volonté de l'Ethiopie de demander l’application intégrale du Pacte ? Le Gouvernement de M. Pierre Laval savait que l’Angleterre était prête à se joindre et à appuyer toutes les mesures qui seraient prises par l’organisme de Genève. Mais le Gouvernement français, justement alarmé par le rétablissement en Allemagne de l’aviation militaire et de la conscription, se souvenait de la mauvaise grâce de Sir John Simon à se joindre à la condamnation platonique de l'Allemagne à ce sujet. Les Anglais ne manquaient pas d'observer que la question était différente en raison du fait que les hostilités étaient déjà virtuellement engagées en Ethiopie. Mais ces raisons n'avaient pas trouvé crédit auprès du Gouvernement français,
les milieux intéressés venant d’être très défavorablement impressionnés par l’annonce du traité naval anglo-allemand du 18 juin 1935.
C’est dans ces conditions que la France devant la possibilité assez aléatoire d'accord direct voulut avant tout prévenir un éclat. M. Laval désirait obtenir du Conseil la continuation des travaux de la Commission renforcée d’un cinquième arbitre, après quoi, le Conseil pourrait s’ajourner à une date voisine de celle du 25 août prévue par les résolutions du 25 mai, pour connaître les résultats de la procédure d’arbitrage. Entre temps l'Angleterre, la France et l’Italie, signataires du traité du 13 décembre 1906 pourraient s’employer à rechercher un compromis susceptible . d'éviter la guerre. Mais il est bien évident que les efforts d'entente entre Rome, Londres et Paris ne pouvaient avoir la moindre chance de succès que s’il était entendu qu’aucune des deux parties ne chercheraïit à régler la question par la force et que les concessions demandées à l’Abyssinie, d'ordre purement économique, n’impliquent aucun abandon de souveraineté ou de territoires de la part du Négus. Au demeurant la procédure prévue par le Covenant pour empêcher un Etat membre d’en attaquer un autre devait recevoir une application immédiate à défaut de règlement amiable, sous peine pour la Société des Nations de transgresser volontairement son Pacte et sa raison d’être.
Le Conseil se réunit donc le 31 juillet’. L’Ethiopie était représentée par M. Téclé-Hawariate et M. Jèze. La délégation italienne avait à sa tête le baron Aloisi. Le 1er août, un accord intervenait entre la France, l'Italie
1, 5. D. N. Journal Officiel, août 1935, p. 964 et suiv.
et la Grande-Bretagne, accord qui prévoyait la reprise de la procédure de conciliation entre l’Italie et l’Ethiopie sur les bases de l’article 5 du traité de 1928 et une conférence tripartite entre les trois nations pour le règlement de l’affaire au fond. Au même moment, parlant à la Chambre des Communes, Sir Samuel Hoare, soussecrétaire d'Etat au Foreign Office déclarait : « le Gouvernement britannique ne perd pas de vue les obliga- « tions contractées par la Grande-Bretagne aux termes « du Covenant de la Société des Nations et des autres « traités internationaux et nous sommes bien décidés « à les respecter. »
Les négociations de M. Eden et surtout de M. Laval ayant permis d'aboutir à l’accord précité, le Conseil de la Société des Nations vota à l’unanimité une première résolution ainsi conçue : :
« Le Conseil
Se référant à ses résolutions du 25 mai 1935 relatives au règlement du différend qui s’est élevé entre le Gouvernement italien et le Gouvernement éthiopien à la suite de l'incident de Wal-Wal, règlement qui devait être effectué selon la méthode déterminée par l’article 5 du traité italo-éthiopien du 2 août 1928;
— Constatant que les travaux de la Commission de conciliation et d’arbitrage ont été interrompus et qu’en vue d’en assurer la reprise les deux Gouvernements intéressés se sont adressés au Conseil en vue d’obtenir de lui qu’il interprète l’accord intervenu entre ces deux Gouvernements en ce qui concerne la portée exacte de la mission confiée à la dite commission;
— Sans prétendre émettre aucune appréciation touchant l'attitude des agents des deux Gouvernements