D. N. Questions politiques, 1935, VII, 11, p
s’est pas montrée digne de la confiance qui l'avait fait admettre à Genève et que puisque d’elle-même elle s’est mise hors de la Société des Nations, sa place ne peut plus y être sans nuire au prestige de cette assemblée de nations civilisées. Aucun membre de la Société des Nations ne peut invoquer les droits dérivant du Pacte quand il n’a pas lui-même rempli ses propres devoirs, c’est-à-dire, quand il a montré qu’il ne répondait pas aux conditions que le Pacte lui-même exige comme essentielles à sa qualité de membre et qu’il à manqué aux obligations générales et spéciales qui lui incombent du fait qu’il appartient à la Société des Nations. D’autre part, il serait contraire à tout principe de droit et de justice de prétendre queles membres de la Société des Nations sont tenus d’observer les règles du Pacte dans leur rapports avec un membre qui s’est mis hors du Pacte, par la violation des engagements assumés. L’admission de l’Éthiopie à Genève fut justifiée alors par l'espérance qu’elle pourrait profiter du voisinage des nations civilisées pour se mettre à leur niveau. Il apparaît que l’espérance à été déçue. L’Éthiopie a montré qu’elle ne possédait pas les qualités nécessaires pour trouver dans la participation à la Société des Nations limpulsion propre à lui faire accomplir un effort volontaire d’élévation au niveau des autres nations civilisées. La Socité des Nations irait contre ses propres fins si elle ne prenait pas acte de cette leçon de l'expérience. L’Éthiopie a systématiquement violé tous les traités. Elle constitue pour l'Italie un danger immédiat et permanent en tant qu’elle menace la sécurité de ses colonies d'Afrique occidentale. L’Éthiopie, par sa conduite, s’est miseouvertement hors du Pacte de la Société des Nations et s’est rendue indigne de la confiance qui lui fut accordée quand elle y fut admise. L'Italie
en s’insurgeant contre un si intolérable état de choses, défend sa propre intégrité, son prestige et sa dignité. Elle défend également le prestige et le bon renom de la Société des Nations. Le baron Aloisi tirait des arguments invoqués contre l’Éthiopie la conclusion suivante en ce qui concerne le différend actuel ? : « Le Gouvernement italien ne peut désormais accorder aucune confiance au Gouvernement éthiopien, ni croire à la moindre possibilité d’exécution de sa part d'engagements contractuels qu'il pourrait encore se déclarer prêt à souscrire, surtout si ces engagements étaient pris sous la pression des circonstances ‘et en prétendant s'incliner devant les principes de haute moralité internationale, tels que ceux qui sont à la base de la Société des Nations que, de l'avis de l'Italie, l'Éthiopie est absolument imcapable de comprendre:et de réaliser. Le Pacte qui lie les membres de la Société des Nations n’est pas seulement une simple série d'articles, mais un Système harmonieux de principes s’intégrant les uns avec les autres en se précisant. Il y à une corrélation étroite entre toutes les clauses de la chartre de la Société des Nations. Les garanties qu’elle prévoit trouvent leur raison d’être «et leur contre-partie dans l’obligation qu’elle exige, les droits correspondant à des devoirs. Toute autre interprétation ne pourrait que nuire à l’esprit du Pacte et créerait en faveur des États qui ne sont pas dignes à faire partie de la Société des Nations une sorte d’impunité ou plus encore une sorte de droit d’asile incompatible avec la sécurité des autres et avec les principes les plus élémentaires de la justice internationale. Le Gouvernement italien ‘estime dans ces conditions, qu’un État comme l’Éthiopie ne peut