‹ Le conflit italo-éthiopienChapitre 34 sur 81 · Voir $. D. N. Questions politiques, 1935, NTM ND · texte numérisé non relu

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au représentant espagnol, M. de Madariaga. Dès la formation de ce comité, on pouvait discerner toutes les difficultés qui allaient se présenter pour trouver une solution de conciliation qui satisfasse à la fois Rome et Genève, surtout après l'échec de la conférence tripartite. Le Comité allait reprendre l’œuvre de conciliation des entretiens de Paris. A l'effort des Gouvernements françaïs et britannique succédait l'effort du Conseil de Ha Société des Nations. Les difficultés d’une telle tâche rendaient cependant ifficile la perspective d’un accord.

SECTION III Le Comité des Cinq :.

« 11 s’agit de ne pas appliquer une politique conservatrice aux rapports internationaux. »

Revue « Affari Esteri », juin 1935.

Le Comité des Cinq se composait de M. Eden, représentant la Grande-Bretagne, M. Pierre Laval pour la France, M. Beck pour la Pologne, M. Rüstü Aras pour la Turquie et M. de Madariaga, qui fut choisi comme président, pour l'Espagne. Le point de départ des travaux du Comité des Cinq fut évidemment l’ensemble des propositions déjà faites à l’Italie et déjà repoussées par cette Puissance. Mais le Comité des Cinq se réservait le droit, afin de donner le maximum possible de satisfactions à l'Italie «et de permettre la solution pacifique du conflit, d'apporter à ces propositions toute modification désirable.

Entre temps l'effet produit par les aceusations italiennes contenues dans le mémoire précédemment déposé par

1. Voir Basilesco, op. cit. $. D. N. Questions politiques, 1935, VII, 15.

Rome fut sensiblement atténué par la mise au point qu’un des écrivains connaissant le mieux l’Abyssinie actuelle, M. Marcel Griaule, — dont l’autorité avait été invoquée à plusieurs reprises dans le mémoire italien, — adressa à Genève. Cette réponse de M. Marcel Griaule constitua en réalité une réfutation extrêmement sévère des accusations italiennes, qui perdaïient ainsi aux yeux des membres du Comité des Cinq, la plus grande partie de leur force probante.

Le Comité avait considéré que son premier devoir était d'inviter les Gouvernements intéressés à ne ‘commettre aucun acte de nature à rendre sa tâche plus difficile et à empêcher toute résolution définitive du conflit. Il chargea ensuite un sous-comité présidé par M. Lopez Olvan d'examiner la documentation présentée par l'Italie à l’appui de l’énoncé de ses griefs contre l’Éthiopie. C’est en réponse à cette documentation que le Gouvernement éthiopien avait produit l'exposé scientifique de M. Marcel Griaule. Devant ces données contradictoires le Comité décida de réserver son appréciation, se bornant à rechercher les remèdes à une situation de fait.

La difficulté la plus importante qui se présentait aux conciliateurs était celle de savoir quels pouvoirs militaires seraient accordés à l’Italie en Éthiopie. L’octroi même de ces pouvoirs semblait difficilement compatible avec Je maintien de l’indépendance de l’Éthiopie. Toutefois il ne s'agissait pas là d’une impossibilité absolue. On ne manquait pas de rappeler à cet égard le précédent du traité anglo-irakien signé à Bagdad le 30 juin 1930, au moment de la fin du mandat britannique et de l’entrée de l'Irak à la Société des Nations. Ce traité conclu entre deux pays indépendants autorise la Grande-Bretagne à

maintenir sur le territoire de l’Irak des forces militaires importantes. Il concède à l'Angleterre des emplacements pour des bases aériennes et le roi d'Irak agrée des officiers des forces militaires navales et aériennes britanniques en qualité de conseillers. Si Addis-Abeba y donnait son consentement une semblable convention ne pourrait-elle pas intervenir entre les deux pays ?

Malheureusement les décisions du Conseil des Ministres italien tenu à Rome le 14 septembre montrèrent que le Gouvernement italien restait opposé à tout compromis et à toute solution pacifique. Le communiqué suivant fut en effet remis à la presse ! :

« Du point de vue militaire, notre préparation en « Afrique orientale se poursuit avec une intensité crois- « sante, afin de nous garantir en face de forces supérieures « éthiopiennes, dont la mobilisation est déjà commencée.

«— Étant donné l’agitation manifestée par certains « milieux d'habitants de la Cyrénaïque résidant à l’étranger, « la garantie militaire de notre frontière de Libye est « actuellement en voie de renforcement.

« — En fournissant toute une série de détails, le Duce « à démontré que l’ensemble de nos forces militaires ter- « restres maritimes et aériennes est en état de répondre à « toute menace quelle qu’elle soit et de quelque côté « qu’elle vienne.

« — Grâce au fonctionnement du commissariat pour la « fabrication de guerre qui à été confié au général Dall’Olio « lequel à l’expérience de cette charge et l’a déjà occupée « pendant la guerre mondiale, les fournitures de guerre se « poursuivent suivant un rythme intensifié mais régulier.

4, Corriere della Sera, 14 septembre 1935.

« — Du point de vue politique, le Chef du Gouvernement a parlé de la constitution du Comité des Cinq et des discours de Sir Samuel Hoare et de M. Laval, discours qui ne pouvaient être différents de ce qu’ils ont été pour des raisons évidentes, étant donnée là position anglaise et française à l’égard du Pacte de la Société des Nations. C'est pour ces mêmes raisons qu'ils ont été accueillis avec le plus grand calme par les milieux responsables et par la masse du peuple italien.

« — Le Conseil des Ministres prend acte toutefois avec satisfaction des paroles cordiales que dans son discours le ministre Laval à consacrées aux accords franco-italiens de janvier 1935 et à l’amitié qu’ils ont consacrée, amitié que l’Italie entend développer et fortifier non seulement dans l'intérêt des deux pays maïs aussi dans celui de la collaboration européenne qui ne peut être brisée par un conflit de caractère colonial ou par l’emploï de sanctions qui ne furent jamais spécifiées ni appliquées dans les controverses précédentes bien plus graves entre les membres de la Société des Nations.

« — A ce sujet le Conseil des Ministres à examiné dans quel cas deviendrait impossible la présence ultérieure de l'Italie à la Société des Nations.

« — Le Conseil des Ministres après avoir constaté que tous les efforts de Pantifascisme étranger se coagulent actuellement autour de l’affaire italo-éthiopienne, considère de son devoir de confirmer de la façon Ia plus explicite que le problème italo-éthiopien n’admet pas de solution de compromis après les efforts considérables et les sacrifices supportés par l'Italie et après la documentation irréfutable contenue dans le mémorandum italien présenté à Genève,

LE CONFEIT DEVANT LE CONSEIL DE LA $. D. N. it

«— Le Conseil des Ministres à décidé d’envoyer une dépêche de félicitation et de salut au général de Bono. » En dépit de ce communiqué, le Comité estima qu’il

devait eontinuer ses travaux et le 18 septembre il arrêta

le texte des propositions pouvant servir de base de négo-

ciation entre l'Italie et l’Éthiopie!.

1. S. D. N. Questions politiques, 1935, VII, 15, p. 2 et suiv.

La note suivante fut remise aux représentants italien et éthiopien : « 19 Chargé d’examiner l’ensemble des relations italo-éthiopiennes en vue de la recherche d’une solution pacifique, le comité s’est efforcé de trouver une base de négociation en s’inspirant : 4° du respect dû à l'indépendance, à Fintégrité territoriale et à la sécurité de tous les États membres de la Société ; 20 de la nécessité d’assurer entre les États membres de la Société des rapports de bon voisinage.

« Réservant toute appréciation quant aux documents fournis par les deux parties, le Comité n’en a retenu que les faits qui définissaient une situation à laquelle il faut porter remède ;

« 20 L’Éthiopie a, lors de son admission dans la Société, assumé des obligations spéciales dans certains domaines, en particulier l’esclavage et le trafic des armes. Elle s’est déclarée « prête à fournir au Conseil toutes informations et à prendre en considération toutes recommandations que le Conseil pourrait lui faire au sujet de l’exéeution de ces engagements qu’elle reconnaît comme intéressant la Société des Nations ;

« 3° Dans son discours à la séance plénière de assemblée, le 11 septembre 1935, le premier délégué de l’Éthiopie a prononcé les parole suivantes : « Toute suggestion qui tendrait à relever le degré économique, financier et politique de la nation à laquelle j’ai l’honneur d’appartenir, pourvu qu’elle émane de la Société des Nations et doive se réaliser suivant l'esprit. même du Pacte; sera regardée par l’Éthiopie comme le geste de peuples frères ayant atteint un stade plus avancé de civilisation, sincèrement désireux de la guider dans les voies du progrès. Toute proposition de cet. ordre sera la bienvenue. Je suis persuadé que mon pays l’examinera avec la plus grande bienveillance et une véritable reconnaissance » ;

« 4° Dans ces conditions, il paraît être du devoir de la Société des Nations d'offrir au Gouvernement éthiopien de lui prêter collaboration et assistance, sur une base collective internationale, afin de le mettre en mesure de s’attaquer résolument, à l’action constructive nécessaire, non seulement pour améliorer le sort du peuple éthiopien et pour développer les ressources naturelles du pays mais aussi pour permettre à l'Empire de vivre en bonne harmonie avec ses voisins.

« Étant donnée l'obligation pour tout membre de la Société des Nations de respecter l'indépendance des autres membres, tout plan

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