‹ Le conflit italo-éthiopienChapitre 68 sur 81 · NEUF PREMIERS MOIS DE L'ANNÉE · texte numérisé non relu

NEUF PREMIERS MOIS DE L'ANNÉE

Huiles brutes .| 1.664.736 | 1.070.120 | 22.505.105 [14.798.785

Lubrifiants . . 643.236 490.262 | 44.962.199 35.742.036 Pétrole. : … .| 1.149.433 | 4.021.598 | 20.487.540 17.406.859 Benzine. . . .| 2.959.640 | 2.469.797 | 83.030.296 |62.965.113 Résidus. . 1 .| 8:809.142 | 8.200.567 | 91.590.402 |86.

Dans les dernières semaines de décembre 1935, les statistiques du Département du Commerce américain accusaient, au lieu de la diminution attendue à la suite des avertissements de l'administration, une augmentation notable du volume des exportations américaines à destination de l'Italie : l'exportation de pétrole a plus que triplé, s’élevant à $ 1.066.625 pour le seul mois d’octobre,

contre $ 327.015 en octobre 1934 ($ 118126 à destination des colonies italiennes d'Afrique contre $ 36 en 1934). Les statistiques établies à Washington montraient que l'Afrique orientale italienne a reçu en novembre 110.000 barils de produits pétroliers des États-Unis contre 25.700 le mois précédent, soit quatre fois plus. Les expéditions à destination de l'Italie se sont élevées, en novembre, à 78.209 barils d’essence contre rien pour les deux mois précédents ; en outre, on relève 58.000 barils de gas oil, 43.009 barils de lubrifiants et 317.000 barils de pétrole brut. Encore faut-il ajouter que les affaires traitées avec l'Italie sont plus où moins dissimulées et qu’elles pouvaient être plus importantes que ces chiffres ne le montrent.

D'autre part l'Italie avait conclu un accord avec une grande firme pétrolière, la S. I. A. P. (Societa Italo-Amerieana- del Petrolio), succursale d’une grande compagnie des États-Unis.

Aux termes de cet accord, la $. I. A. P. s’engagerait à. fournir à l'Italie tout le pétrole dont celle-ci aurait besoin, dans le cas d’un embargo de la Société des Nations. En échange, la Compagnie obtenait pour trente ans le monopole du marché italien.

Les expéditions ne se feraient pas des États-Unis, afin d'éviter tout conflit avec les autorités fédérales. Ce sont les puits de Roumanie qui seraient surtout mis à contribution, en passant par la Hongrie et par l’Autriche qui ont refusé l’une et l’autre d’appliquer les sanctions.

En dehors de la Roumanie, l’accord prévoyait d’autres chargements qui se feraient d’Extrême-Orient à destination de l’Érythrée et de la Somalie sans passer par le canal de Suez.

La $. TI. A. P. esitmait qu'avant la fin de l’année 1999,

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elle aurait tiré 300.000 tonnes de pétrole brut des puits d’Albanie, reliés par un pipe-line au port de Vallona où de grands réservoirs allaient s’édifier et d’où le pétrole serait transporté aux raffineries en construction à Bari.

L'accord devait entrer en vigueur aussitôt l’embargo décrété par le Comité des Dix-huit.

L'Italie avait donc pris toutes ses précautions et ses stocks pouvaient paraître suffisants pour lui permettre de continuer tout au moins pendant quelques mois, la campagne en Éthiopie sans une trop grande gêne.

Devant ces faits, le Comité des Dix-huit agit avec une . très grande et même une trop grande prudence. Dans sa séance du 22 janvier 1936, le Comité nomma un Comité d'Experts chargé d'étudier les questions relatives au pétrole. A cet égard le Président, M. de Vasconcellos rappela ‘ : « que la proposition IV a se réfère à l’extension à certains articles, des mesures d’embargo, dès que seront réalisées les conditions nécessaires à l'efficacité de cette extension. » M. de Vasconcellos ajouta : « D’après les « renseignements recueillis par le Secrétaire, il ne semble « pas que la question, en ce qui concerne le fer, l’acier et le « charbon soit au point, on n’est pas fixé sur l'efficacité « probable d’un embargo concernant ces produits. Pour le « pétrole il y aura lieu de charger des experts de procéder « à un examen technique, des conditions régissant le com- « merce et le transport du pétrole et de ses dérivés sous- « produits et résidus. Les résultats de cet examen seraient « soumis au Comité des Dix-huit à une date rapprochée *. »

1. $. D. N. Journal Officiel. Supplément, n° 148, p. 7. 2. La résolution instituant le Comité des Experts est ainsi rédigée ;

« Le Comité des Dix-huit.

— Rappelant sa proposition IV a du 6 novembre 1935 visant l’eexten-

Le Comité des experts pour l’examen technique des conditions régissant le commerce et le transport du pétrole fut composé de représentants des États suivants : Royaume- Uni, France, Irak, Iran, Mexique, Norvège, Pays-Bas Pérou, Roumanie, Suède, U. R. $. S. Le Venezuela avait envoyé un observateur. Ce Comité se réunit le 3 février, sous la présidence de M. Gomez (Mexique)'. A la séance d'ouverture, le Président du Comité de Coordination soumit aux experts une liste de questions, qui, après certaines modifications peu importantes fut adoptée par eux comme constituant leur ordre du jour. 11 fut précisé que le Comité des Dix-huit désirait pour le moment que l’ensemble du problème de l'efficacité d’un embargo sur les produits dérivés du pétrole fut étudié uniquement d’un point de vue technique. De l’avis du Comité, on doit entendre ici par efficacité, l'influence que cet embargo pourrait avoir sur la possibilité pour l’Italie de couvrir la totalité ou la majeure partie de ses besoins en pétrole.

Avant d'entrer dans l’exposé de son travail, le Comité souligna que les faits et les constatations qu'il allait avoir

sion à certains articles des mesures ‘d’embargo, dès que les conditions nécessaires pour rendre effective cette extension auraient été réalisées.

— Sous réserve des propositions qu’à ce sujet, il croira devoir soumettre à la décision politique des Gouvernements.

— Décide de créer un Comité d’experts chargé de procéder à un examen technique des conditions régissant le commerce et le transport du pétrole et de ses dérivés, sous-produits et résidus, en vue de soumettre à une date rapprochée, un rapport au Comité des Dix-huit sur l’efficacité que présenterait l’extension des mesures d’embargo aux marchandises sus-mentionnées.

— Demande au Président de bien vouloir inviter un certain nombre de Gouvernements à désigner des experts pour siéger à un Comité institué à cet effet.

— Les experts se réuniront à Genève à une date fixée par le Président du Comité des Dix-huit. »

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