CONCLUSION L'ÉCHEC DE LA SOCIÉTÉ DES NATIONS
« Les engagements internationaux sont défiés ou mis en échec, si les Puissances qui les ont souscrits ne sont pas résolues à aller jusqu’au bout. Il faut donc accepter l'éventualité de la guerre pour sauver la paix. Dans l’état présent du monde, ce risque doit être envisagé en pleine conscience et avec un plein courage et plus il sera Courageusement couru, plus il sera faible. »
Léon Bzum, 1€ juillet 1936.
Les mesures prises contre l'Italie en application de l’article 16 du Pacte n’ont pu empêcher la conquête de l'Ethiopie. Est-ce à dire que ces mesures aient été totalement inopérantes et que dans l’avenir il soit inutile d’essayer de les appliquer de nouveau ? Nous ne le croyons pas. M. Van Zeeland déclarait à cet égard le 30 juin 1936, lors de son discours présidentiel à l’Assemblée générale de la Société des Nations : « Rappelez- « vous qu'aucune grande œuvre ne s’est jamais modelée
4. Voir Zimmern. « L'avenir de la $S. D. N. » (Esprit international, juillet 1936). — Dumont-Wilden. « Peut-on sauver la $. D. N. ?» (Revue Bleue, 4 juillet 1936.) — Lloyd George. « L’effondrement final de la S. D. N. » (Le Mois, 197 août-1€7 septembre 1935). — Litvinoff. « Les causes principales de l’insuccès de l’application des articles 10 et 16 du Pacte de la S. D. N. » (Revue de la Société internationale de Science diplomatique et politique, avril-juin 1936). — Osusky. « La réforme de la S. D. N. » (Esprit international, juillet 1936).
« si ce n’est à travers les épreuves, à travers les reculs « temporaires, à travers les douleurs même si ce n’est « encore à force de persévérance, d'énergie et d’obsti- « nation. » L’échec de là politique des sanctions est dû avant tout au fait que celles-ci ont été mises en vigueur, avec un grand retard, après de longues hésitations. Le Pacte à été appliqué beaucoup trop tardivement et le Gouvernement français de l’époque en porte pour une grande part la responsabilité. L'Italie n’a eu qu’un seul but : faire traîner les choses en longueur et éviter que des mesures décisives soient prises à temps. Le Gouvernement français voulant avant tout conserver l’éventuelle alliance italienne en face de la menace allemande joua la carte italienne et ralentit l’action de Genève. Hélas ceci n’empêcha pas le détachement de l'Italie de la France et notre pays faillit perdre à cette occasion la sympathie indispensable de la Grande-Bretagne bien décidée à appliquer le Pacte et à mettre en pratique la sécurité collective. Or, la sécurité collective représentait et représente plus que jamais la base essentielle du maintien de la paix et de la sauvegarde de la France. En n’appliquant pas au maximum le principe de la sécurité collective les dirigeants français ont sacrifié par là même la sécurité de notre pays.
Application tardive, mais aussi application incomplète. Le Société des Nations ne recommanda que des demi-mesures, s’abstenant de prendre les décisions essentielles telles que celles résultant de la proposition IVa, qui auraient seules été susceptibles de mettre fin au confit et d'empêcher l'Italie de poursuivre sa conquête. Le Gouvernement de M. Léon Blum marqua nettement ce point de vue en déclarant : « Pour réprimer une agression,
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