D. N. Questions politiques, 1935, VII, 3, p
Répondant à cette note le 11 décembre 1934 !, l'Italie :
19 affirmait sa souveraineté sur Oual-Oual ;
29 approuvait entièrement la conduite du capitaine Cimmaruta ;
3° déclarait que toute la responsabilité des derniers incidents incombait au Gouvernement éthiopien ;
49 réclamait des excuses formelles ;
5° demandait une indemnité de plus de 200.000 thalers
6° exigeait la punition et la destitution d'officiers éthiopiens.
Aucune réponse n’était faite à la demande d'application de Particle 5 du traité d’arbitrage italo-éthiopien.
L’Éthiopie ayant renouvelé sa proposition d'arbitrage par Pintermédiaire de son chargé d’Affaires à Rome, l'Italie répondit le 14 décembre en déclarant que l'agression incombant à l’escorte éthiopienne « le Gouvernement italien ne voit pas comment la solution d’un incident d’une telle nature pourrait être soumise à une décision arbitrale ». Le Gouvernement italien après cette déclaration insistait pour obtenir le plus rapidement possible les réparations et les excuses qu'il avait déjà demandées et qu’il renouvelait en termes pressants. Il devient évident que l'Italie ne veut à aucun prix une solution pacifique de l'incident : le prétexte à l’intervention est trouvé, l'Italie est bien résolue à exploiter tous les incidents précédents pour des fins d’impérialisme et de conquête. C’est dans ces conditions que dans la soirée du 14 décembre 1934, l'Éthiopie décide de saisir le Conseil de la Société des Nations.
L’Éthiopie était en effet depuis le 28 septembre 1923
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membre de la Société des Nations :. Il est intéressant de noter que c’est la France qui dès 1919, avait proposé l'adhésion de l’Éthiopie au Covenant, et qui, à cette époque avait présenté sa candidature à Genève. Il convient de se souvenir de l’opposition faite à cette admission en 1923 par les délégués suisse, hollandais, letton et norvégien : MM. Motta, London, Merovies et le docteur Nansen. Cette opposition s'était cristallisée dans les demandes d’ajournement répétées présentées au nom de l'Empire britannique par lord Halifax et l’Australien Sir Joseph Cook. La France n’était soutenue dans son désir de voir l’Éthiopie sièger à Genève que par M. Louvwers, au nom de la Belgique, et M. Tchéou Wei au nom de la Chine. Et si l'admission immédiate de l’Éthiopie fut décidée en dépit des accusations, — anglaises en particuliers, — de contrebande d’armes, de traite des esclaves, d'absence de certitude quant à l'autorité du pouvoir central sur l’ensemble du territoire éthiopien, si toutes les graves objections à l’entrée de l’Éthiopie à Genève purent être surmontées, ce fut certes grâce à la souplesse et à la ténacité de la France et à son admirable représentant M. Henry de Jouvenel, mais ce fut aussi grâce à la collaboration et à l’aide de l’Italie fasciste. Ne pouvait-on pas lire dans l’Idea Nazionale du 26 septembre 1923 les lignes suivantes :
« L’Italie à toujours été fidèle aux engagements pris « tendant à l'intégrité de l’Empire Éthiopien, dont elle à « reconnu et respecté l'indépendance. Elle n’avait donc et « n’a aucun motif pour s'opposer à l'admission de l’Éthiopie « dans la Société des Nations ».
1. Voir J. Bardoux. « Comment l’Éthiopie entra à Genève. » Le Temps, 26 août 1935.
C’est à cette même Société des Nations, où elle était entrée grâce à l'Italie, que l'Éthiopie va, devant l’intransigeance fasciste, demander protection et exiger l’application des règles internationales dont le respect est la condition même de l’existence del’organisme de Genève et du maintien de la paix par le droit.
SECTION I La résolution du Conseil de la S. D. N. du 19 janvier 19351.
« Vous me permettrez de rendre hommage à l'idéal de fraternité humaine dont s’inspirent vos délibérations. »
Discours du Dedjazmatch Nado le 28 septembre 1923, lors de l’entrée de l’Éthiopie à la S. D. N.
C’est le 14 décembre 1934 que le Gouvernement éthiopien à adressé au Secrétariat général de la Société des Nations un radiogramme appelant l’attention du Conseil sur les incidents précédemment signalés. Le Gouvernement italien, dans sa réponse du 16 décembre 1934, renouvela son refus d'accepter la procédure d’arbitrage réclamée par Addis-Abeba ainsi que sa demande d’excuses et de réparations pécuniaires. Il n’était pas encore fait de réponse aux accusations éthiopiennes, en particulier en ce qui concerne le bombardement d’Ado. C’est seulement à la suite d’un nouveau télégramme du Gouvernement éthiopien au Secrétariat général de la Société des Nations le 18 décembre 1934 ?, que l'Italie dans une deuxième réponse
uestions politiques, 1935, VII, 10.
SIN N. Questions politiques, 19385, VII, 10, p. 5.
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le 24 décembre ‘, exposait sa thèse d’une manière plus précise. Elle déclarait qu'il y avait eu, non pas bombardement d’Ado « puits de souveraineté indéterminée » mais réponse aux coups de fusil tirés sur un avion de reconnaissance par des détachements éthiopiens en marche vers les lignes italiennes. C’est seulement après que l'avion fut atteint, que deux bombes furent lancées par les aviateurs, près de l'entrée de la Zeriba. L'Italie opposait un démenti formel au bombardement de Gherlogubi et maintenait la responsabilité entière de l’Éthiopie dans l'incident de Oual-Oual. Enfin, rejetant sur Addis-Abeba la responsabilité de la non-délimitation des frontières le Gouvernement italien se déclarait disposé à reprendre ces travaux, « bien entendu après que le Gouvernement éthiopien aura donné les satisfactions dues pour réparer le droit offensé par l’agression flagrante d’'Oual-Oual, par laquelle le Gouvernement éthiopien à violé les traités existants entre Les deux pays et le pacte de la Société des Nations ». Il n’était toujours pas fait droit à la demande d'application de la procédure d’arbitrage.
De nouvelles communications furent ensuite adressées à la Société des Nations par l’Éthiopie le 24 décembre 1934 et par l’Italie le 28 décembre. Les deux parties maintenaient leurs positions sans apporter aucun élément nouveau si ce n’est l'engagement d’une autre controverse provenant de l’occupation par les Italiens d’Afdub, localité du district de Uarder. Cependant, le 31 décembre, dans ses observations sur les réponses italiennes, l’Éthiopie, en même temps qu’elle proclamait sa pleine souveraineté territoriale sur Oual-Oual, Ado et Afdub en réponse à la qualification ita-