CHAPITRE III
Le capitaine Hanaeens et l'exploration
du Knim-Nladl.
HANSSENS SUR LE HAUT-CONGO. — FONDATION DE BOLOBO ET DE KUAMOUTH. — GRANT-ELLIOT ET LIÉVIN VANDEVELDË DANS LE KUILU-NIADI. — HANSSENS SUR LE NIADI SUPÉRIEUR. — EXPLORATIONS DIVERSES DANS LE BASSIN DU KUILU.
C'est au capitaine Hanssens qu'allait échoir, en l'absence de Stanley, la lourde lâche de continuer Toeuvre du grand explorateur. Le capitaine Hanssens avait quitté Bruxelles en janvier 1882, accompagné du lieutenant d*infanlerie Nilis, des sous-lieu tenants Grang de Tinfanterie, et Joseph Yandevelde, de l'artillerie : les voyageurs, attendus avec impatience par Stanley, forcèrent leurs marches et arrivèrent bientôt à Isanghila, où ils contractèrent des fièvres bilieuses, qui enlevèrent le lieutenant Joseph Yandevelde, avant même qu*il eût pu mettre à profit les sérieuses qualités dont il était doué : le pauvre ofiicier mourut en hamac, en redescendant à la côte, en vue de Yivi : il exhalait le dernier soupir au moment où les blancs de Yivi, avertis par les noirs qu*un « mondellé » (1) arrivait malade, s'avançaient à sa rencontre. Le capitaine Hanssens dut retournera Banana ; sa forte nature vainquit rapidement la fièvre, et il retourna aussitôt à Yivi, où Stanley, qui rentrait en Europe, lui confia le commandement du Haut-Congo. Hanssens arriva à Léopoldville en septembre 1883 : depuis le départ de Stanley, les chefs des environs avaient cessé toutes relations avec la station, où la mauvaise volonté des employés subalternes avait déjà jeté le désordre.
Le premier soin de Hanssens fut de rétablir les relations avec
(1) MondeUé signifie littéralement << homme qui porte des habits n ; de là la signi' fication de *< blanc a que s^accordent à lui donner tous les voyageurs.
Nga'lyéma, dont il fit, dans une lettre adressée en Europe, le portrait suivant : <c Nga'lyéma paraît avoir une quarantaine d'années. Il est grand, solidement charpenté et fortement musclé; la figure est intelligente, l'œil vif, perçant, mais féroce. L'ensemble de la physionomie respire la ruse, la duplicité et la prédominance des appétits bestiaux. La démarche est dégagée, les allures vives, le geste expressif, la voix forte et impérative. Cet homme se sent maître chez lui et tout, dans sa personne, dénote Tautocrate, le despote. Nga'lyéma ne s'était pas mis en frais de toilette pour me recevoir; un simple pagne crasseux était enroulé autour des hanches, et une autre étoffe, qui ne le cédait guère en malpropreté à la précédente, recouvrait le buste; au cou, un mince fil de fer supportant un « cauris »; à la cheville, quelques anneaux de cuivre. »
L'extrait suivant de la même lettre donne une idée de la façon énergique de Hanssens de traiter les afiaires, en même temps qu'il montre les difficultés incessantes qui surgissaient entre la station de Léopold ville et les chefs de l'intérieur :
a Un léger accès de fièvre étant venu m'assaillir le lendemain, je fis prier le chef de remettre sa visite au lundi suivant.
» Il arriva au jour indiqué, escorté de ses fils et de nombreux esclaves, et accompagné de Mabaki, le chef d'OmPé. L'entrevue fat des plus cordiales, jusqu'au moment où mon serviteur apporta les cadeaux, que je destinais à notre voisin. Ils consistaient en : une couverture à sujets, quatre foulards de soie, une pièce de soie bleue, et une pièce de Saint- Yago, d'une valeur totale de 380 mitakos (baguettes de laiton). Quand je les remis entre les mains de Nga'lyéma, celui-ci et son compère Makabi firent une mine consternée. Nga'lyéma se recueillit pendant quelques instants et commença ensuite un long discours dans lequel il dit qu'il était un grand chef, un très grand chef; que Boula-Matari l'avait habitué à recevoir de très grands cadeaux et qu'il avait espéré que j'agirais de même. Il énuméra longuement les services qu'il prétendait avoir rendus à Stanley lors de son passage à Kintamo, en 1877, et lors de son retour dans le pays, l'année dernière.
» Écœuré par la rapacité qui s'étalait sans vergogne, je répondis
à Nga'lyéma qu il pouvait être un chef de toute première catégorie dans son village, mais que je navais pas à le considérer à ce point de vue quand il venait à la station. Il n avait aucun droit de propriété sur le terrain que nous occupions; dès lors, il n était pour nous qu*un voisin avec lequel nous tenions à vivre en bons termes. S'il avait autrefois rendu des services à Stanley — ce qui n'était nullement prouvé, — il avait été, de son propre aveu, largement payé pour cela, et il n'y avait aucune raison pour le payer une seconde fois. Il m'avait fait un présent lors de ma visite à Kintamo ; je lui en rendais un d'une valeur triple. Je trouvais que c'était suffisant comme cela, et je n'avais aucune envie de me laisser exploiter par lui. Au surplus, s'il n était pas satisfait de ce que je lui donnais, il n'avait qu'à le laisser là ; je lui rendrais sa chèvre, son porc et sa poule.
» Désarçonné parce langage auquel il ne s'attendait probablement pas, il ne trouva pas un mot à répondre. Il déplia les tissus que je lui avais remis, en examina longuement la qualité, et finit par les enrouler dans une enveloppe d'étoffe indigène et par les donner à l'un de ses esclaves pour les emporter. Il reprit ensuite sa mine souriante, me tendit la main et nous nous séparâmes bons amis en apparence. Seulement il ne fut plus question de l'échange du sang, dont il m'avait parlé à Kintamo : il me jugeait sans doute trop parcimonieux pour devenir son frère.
» Nga'lyéma, Batéké d origine, est venu se réfugier en aval du Slanley-Pool, il y a de cela une dizaine d'années. Ayant obtenu du chef supérieur de la contrée lautorisation de bâtir un village au fond de la baie de Kintamo, il s'est enrichi en trafiquant l'ivoire apporté du haut fleuve par les Bayanzis contre des esclaves, de la poudre et des fusils apportés par les Bacongos de San-Salvador.
» Il a en même temps augmenté sa puissance et peut, à l'heure qu'il est, mettre, à lui seul, plus de fusils en ligne que tous les autres chefs de la contrée réunis. Naturellement orgueilleux, cette extension d'autorité l'a rendu insolent : il fait la loi aux autres chefs, qui l'exècrent, mais le craignent, et il voudrait bien la faire aux blancs. En affaires, il est arrogant et de mauvaise foi ; dans ses relations courantes avec nous, il e$t pétri de prétentions et a la
naïveté de s'imaginer qu'il nous en impose. Comme lout être disposant, dans son rayon d'action, d'une autorité indiscutée, il est Fantasque, capricieux, acceptant aujourd'liui ce qu'il reFusait hier, entrant sans raison dans des fureurs qui, pour nous, ne sont que grotesques, et passant, sans plus de nécessité, de la plus violente colère à la gaieté la plus bruyante. Un enfant, mais un enfant terrible (1)! »
ISDIaÈNES DE hk COTS.
Lorsqu'il eut rétabli complètement l'ordre à Léopoldville, Ilaassens. accompagné d'une douzaine de Zanzïbariles, s'embarqua vers octobre dans une allège, pour se rendre chez les Bayanzis où il fonda, en novembre, la station de fiolobo, à quelques degrés sou3 le deuxième parallèle sud. Après avoir assisté lui-même au nivellement du terrain choisi et au défrichement du sol, il y laissa le lieutenant Orban, qui y construisit quelques bâtiments, mais qui,
(1) Le Congo Uluitré, 1892, n« 1.
plus fantasque que résolu, demanda peu après à descendre à la côte pour maladie. Hanssens fut rejoint à ce moment par Goquilbat, avec qui il redescendit le fleuve et fonda le poste de Kuamouth, à Tembouchure du Kua. Le 4 janvier i883, il rentra à Léopoldville : y ayant appris le retour de Stanley, il se porta au-devant de lui, et le 4 février, les deux explorateurs se rencontrèrent à Manyanga.
L*exploration du Haut-Congo par Hanssens avait été surtout importante au point de vue des nombreux traités qu'il avait conclus avec les indigènes des rives, traités qui concédaient au Comité toute la rive gauche du Congo.
Pendant ce temps, les départs pour l'Afrique se succédaient sans relâche, amenant de nouveaux et courageux pionniers : en mai i883, le lieutenant Van Gèle s'était rendu au cap de Bonne- Espérance afin d'y attendre le lieutenant Valcke qui était allé engager 350 Zanzibarites pour le service des transports. Dès son arrivée au Congo, Van Gèle se mit en devoir de fonder la station de Lulété, un peu au delà de Manyanga, sur la rive gauche du Congo. Vers la mi-août, les lieutenants d'infanterie Coquilhat et Avacrt et le sous-lieutenant Parfonry étaient arrivés au Congo; le premier rejoignit aussitôt le capitaine Hanssens, le lieutenant Avaert fut chargé de la surveillance des diverses stations du Bas et le sous-lieutenant Parfonry fut adjoint au service des transports, puis attaché à la station de Léopoldville.
Pendant que s'accomplissaient ces travaux de géant, d'autres expéditions étaient envoyées par le Comité d'études pour explorer le bassin du fleuve Kuilu qui se jette à Loango, par environ 4"" 30' de latitude sud, dans Tocéan Atlantique. Le Roi espérait découvrir de ce côté un chemin plus facile pour atteindre le Pool, et acquérir des territoires nouveaux que l'on pourrait échanger au jour des contestations, qui ne devaient pas tarder à se produire avec la France et le Portugal.
Le docteur allemand Peschuel-Loesche, ayant pour adjoint le lieutenant d'artillerie Liévin Vandevelde, fut chargé de cette mission : ce dernier partit le 30 octobre 1881 et arriva au Congo en décembre ; il trouva à Vivi le D' Peschuel-Loesche, qui ne jugea pas bon de' se mettre en marche de suite, sans dire les motifs
qui Tcmpèchaient de mettre à exécution les projets du Comité. Liévin Vandevelde, avec le lieutenant Nilis et le sous-lieu tenant Joseph Vandevelde, se rendit à Isanghila, où ils tirèrent de sa situation critique la station qui était assiégée par les indigènes . c'est dans cette station malsaine que, comme nous Tavons vu, le capitaine Hanssens devint si malade qu'il dut retourner momentanément à la côte et que le sous-lieutenant Vandevelde trouva la mort. Retourné à Vivi, Liévin Vandevelde y rencontra Valcke avec ses Zanzibarites, parmi lesquels s'était déclarée une épidémie de variole : ils construisirent un lazaret et, par des soins intelligents, risquant chaque jour sa vie, Vandevelde parvint à les sauver tous de la mort, donnant ainsi une admirable preuve d'humanité et d'abnégation.
Sur ces entrefaites, il fut nommé chef de la station de Vivi, en remplacement de M. Lindner, qui avait dû la quitter pour cause de maladie et rentrer en Europe avec M. Peschuel-Loesche.
En octobre i882, Stanley, sur les ordres du Comité, décida que le projet d'exploration de la région du Kuilu, abandonnée sans motif par M. Peschuel-Loesche, serait repris ; il confia au capitaine anglais Grant EUiott le conimandement de cette expédition qui se composait de MM. E. Destrain, un ex-officier belge. Légat, sousofficier du génie belge, Auguste von Schaumann, ex-officier autrichien, et GeorgesRuthven, comptable anglais, plus une cinquantaine de Zanzibarites. Les instructions de Stanley étaient de se diriger rapidement vers le Niadi supérieur et de s'y assurer des possessions par des traités avec les chefs indigènes. Grant Elliott quitta Isangbila le â3 janvier 1883, prenant la direction N.-O.-O. ; à peine en route, le capitaine reconnut que les intentions des indigènes n'étaient pas des plus favorables à l'expédition; à Kamgoma, un incident faillit compromettre le succès de la marche : un coup de feu lâché accidentellement par un Zanzibarite blessa un indigène, mais heureusement, grâce au tact et à la présence d'esprit du capitaine Elliott, qui pansa lui-même la blessure du nègre, les hostilités furent évitées, et la troupe put continuer sa marche pénible à travers des bois, des forêts épaisses et des marécages de grande étendue, par l'effrayante chaleur de 101^ Fahrenheit.
Après 23 jours d'atroces fatigues, Grant Eliiott arriva au Niadi; à partir de ce moment, il suivit le cours du fleuve, et, au confluent de la Ludéma et du Niadi, il fonda la station de Stéphanieville, dont le commandement fut confié à M. E. Destrain; la contrée traversée jusqu'à ce moment avait été reconnue très fertile; lexpédition avait rencontré des paysages de toute beauté, et, en général, avait été bien accueillie par les indigènes. Après un repos de quelques jours, Grant Eliiott reprit la marche en avant, quoique toute sa troupe fût extrêmement affaiblie par les maladies et les privations. Le 18 mars, il acquérait la conviction que le Niadi et le Kuilu ne formaient qu'un seul fleuve : il établit près de son affluent, la Luasa, la station de Franktown, qu'il laissa à la garde du sergent Légat; à partir de là, le fleuve prend la direction sudouest, passe à proximité d'une montagne de 1,000 pieds de haut, le mont Blara, où l'expédition prit un nouveau repos rendu nécessaire par Tétat d'épuisement où elle se trouvait réduite : les indigènes de l'endroit eurent pour les membres de lexpédition une foule d'égards qui ont fait dire au capitaine Eliiott : a Notre séjour au mont Blara fut un songe divin qui ne s'effacera jamais de notre mémoire. »
Malheureusement, l'état de faiblesse de MM. von Schaumann et Ruthven s*aggrava tellement, qu'il leur fut bientôt impossible d'avancer, et Eliiott se vit obligé de partir, à peu près seul, pour atteindre la côte et envoyer ensuite rechercher ses compagnons. C'est exténué de fatigue, mourant d'inanition, qu*il Ht, le 5avril 1883^ la rencontre du lieutenant Vandevelde, près de Kitabi.
Stanley, quelques jours après le départ de Grant Eliiott, avait donné l'ordre à Liévin Vandevelde, en lui adjoignant le lieutenant autrichien Mikic et le lieutenant croate Lehrman, de se rendre en steamer à l'embouchure du Kuilu et de remonter ce fleuve en prenant possession du plus de terrain possible. Le 2 Tévrier 1883, Vandevelde s'embarqua et arriva à Loango le 10 février. Divers traités conclus avec les chefs indigènes assurèrent au Comité la possession des rives du Kuilu inférieur : le 25 février, la station de Rudolfstadt était établie. Il était temps, car quelques jours après des marins français apparaissaient en vue de Loango ; le courageux
Vandevelde eut mèrae le bonheur de sauver un de leurs canota qui courait risque de sombrer à quelque distance de la plage.
Dès le 14 mars, Vandevelde se porta à la rencontre de l'expédition Elliott et, à la rivière Lomami, il établit la station de Baudouinvillc, qu'il confia au lieutenant MJkic : étant retouraé à Loango pour y faire ses provisions, il apprit, par une caravane
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venant de l'intérieur, la situation terrible de l'expédition Elliott. Vandevelde n'iiésila pas un instant : à marches Torcées, il traversa des villages qui lui firent l'accueil le plus hostile et arriva le 3 avril k Kttabi, où il fut amicalement reçu par te chef. Le 5 avril, il rencontra Elliott « au fond d'un ravin boisé, raconte Vandevelde. Je précédais mes hommes et tout à coup je me trouvai en face d'un être couvert d'un vieux feutre gris, d'une chemise de flanelle
décolorée, d'une culolle rapiécée de mouchoirs, et chaussé de vieilles bottes boueuses. La Qgure était d'une maigreur extrême, jaunâtre et couverte d'une barbe poivre et sel de quinze jours. Cet homme traversait péniblement le torrent en s'aidant d'un long bâton pour chercher le gué. J'avançai la main pour l'aider à sauter sur la rive. C'était le brave Ëliiott. Nous fûmes un instant sans nous parler, tant l'émotion nous serrait la gorge. Elliott s'assit au bord du torrent : « Mon cher, dit-il, je n'en puis plus : sans votre billet, » que j'ai reçu avant-hier, je serais mort. Schaumann et Ruthven » sont encore là-bas : ils sont mourants. Do you get some » brandy? »
Le premier soin de Vandevelde fut d'envoyer un détachement au secours de Schaumann et de Ruthven, qui furent peu après rapportés en hamac à Baudouinville. Puis, avec Grant Elliott, il redescendit à Rudolfstadt, après avoir couru le risque de se noyer dans les flots de la Mansi, affluent du Kuilu, et pu constater les progrès réalisés par Mikic à Baudouinville, qui avait pris le plus gracieux aspect.
Vandevelde retourna prendre le commandement de Yivi, qu'il ne conserva plus longtemps, car la maladie l'obligea bientôt à quitter à regret les lieux où il avait su déployer une activité, un courage et un zèle que Slanley a su apprécier à leur valeur. Il rentra en Belgique, où il s'occupa de la construction de nouveaux steamers.
Grant Elliot fonda encore entre Loango et Rudolfstadt, sur la côte, la station de Grantville; puis il s'occupa d'assurer l'exécution des traités conclus antérieurement par Vandevelde ; il relia Grantville à Boma par une exploration commandée par Mikic, Stéphanieville à Isanghila par les soins de Destrain, qui reconnut la rive droite du Kuilu et s'y conduisit d'une façon remarquable; puis l'infatigable Mikic, partant de Rudolfstadt, se rendit au Stanley-Pool en descendant le cours du Gordon Bennett. N'oublions pas de citer le sergent Légat qui explora deux afiluents du Kuilu et le pays des Ba-Yaccas et déploya dans sa mission un zèle et une intelligence dignes de tout éloge. M. Spencer Burns, voyageur anglais, parcourut la province dans tous les sens, mais plutôt en dilettante que comme explorateur.
Pendant ce temps, le capitaine Hanssens, après sa rencontre avec Stanley à Manyanga, avait parcouru le territoire de la rive droite du Congo jusqu'au Niadi : il avait fondé, à mi-chemin de Stéphanieville, sur le Niadi, la station de Philippeville, et avait institué un service do canots entre ces deux stations. En retournant à Manyanga, il avait été attaqué, près de Nganda, par une troupe de pillards, qu'il parvint, quoique blessé d'un coup de feu, à mettre en fuite. Après un court séjour fait à Boma pour motifs de santé, il remonta la rive gauche du Congo jusqu'à Manyanga ; enQn il parcourut de nouveau la région du Niadi supérieur, y conclut des traités et établit le poste de Mukumbi, sur la route de Philippeville à Manyanga.
Le lieutenant Harou, le commandant de Manyanga, avait fondé la station de Massabé, sur la côte, avait reconnu les mines de cuivre de la Ludima, y avait établi un poste à Nboko, et avait relié ce poste à celui de Mukumbi.
Ainsi, en moins de six mois, le grand bassin du Kuilu avait été exploré en tous sens, et, sur tous les points de cette immense région comprise entre la ligne de démarcation du bassin de l'Ogôué, la côte et le Congo, s'élevaient des stations destinées à devenir des centres commerciaux importants; des huit officiers qui avaient fait celte reconnaissance, quatre étaient des Belges et la plus grande part du succès leur revenait. Le roi Léopold conQa l'administration de cette province au capitaine Grant Elliolt, qui la partagea en plusieurs divisions et lui donna une organisation sur laquelle nous n'insisterons pas, attendu que ces territoires furent cédés dans la suite à la France, ainsi que nous le verrons plus tard.