CHAPITRE II La Conférence de Berlin
C'est le 15 novembre 1884 que s'ouvrit à Berlin la Conférence internationale du Congo : son but, décidé après les laborieux préliminaires que nous avons esquissés au chapitre premier, était de régler les conditions les plus favorables au développement du commerce et de la civilisation dans certaines régions de l'Afrique, d'assurer la libre navigation à tous les peuples sur le Congo et sur le Niger et surtout de prévenir les contestations qui pourraient éventuellement surgir par suite de nouvelles prises de possession sur la côte de l'Afrique.
Le baron Auguste Lambermont, à cette époque Ministre plénipotentiaire et secrétaire général au Ministère des affaires étrangères, se chargea du rapport qui devait servir de base aux discussions de la Conférence et à l'élaboration de l'acte final : ce rapport est un chef-d'œuvre de diplomatie et de délicatesse et, à cause de sa clarté et de ses vues étendues, il facilita considérablement la tâche de rassemblée de Berlin.
Les nations furent représentées à la Conférence par des plénipotentiaires ou des diplomates de talent. Citons, pour l'Allemagne : le prince de Bismarck, qui présida le débats, le comte Paul de Hatzfeld, ministre d'État, H.Auguste Busch, sous- secrétaire d'État, M. Henri de Kusserow, conseiller de légation ; pour la France : le baron de Courcel, ministre plénipotentiaire; pour le Portugal : le marquis de Penafiel, ministre plénipotentiaire, et M. Antoine de Serpa-Pimentel, conseiller d'État ; enfin, pour l'Angleterre : sir Edward Baldwin Malet, ministre plénipotentiaire.
La Belgique eut pour représentants : le comte Yan der Straeten- PoDlhoz, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire près S. M. l'empereur d'Allemagne, et le baron Lambermont. Ces deux délégués furent assistés de M. Emile Banning, directeur général
aux affaires étrangères, à qui sa haute compétence avait valu le titre de conseiller technique de la mission ; le comte de Lalaing et le baron Goffinet remplirent les fonctions de secrétaires.
<K Pendant quatre mois, dit M. Banning, tout en s'acquittant de sa mission propre, la Conférence de Berlin a été le foyer de négociations actives, poursuivies en dehors d'elle, mais étroitement connexes à lobjet de ses délibérations. Il s*est agi de généraliser la reconnaissance et de fixer les limites du territoire de l'Association. Cette tâche était compliquée : conduite par des moyens purement moraux, elle devait se heurter à bien des difficultés. »
Ces négociations poursuivies en dehors de la Conférence constituent la série de conventions que nous résumons ci-après, et celles qui devaient fixdr les limites avec la France et le Portugal font Tobjet de notre chapitre IV.
Convention avec l'Angleterre (16 décembre 4884). — Elle accorde aux citoyens Anglais les mêmes droits qu'aux Américains en ce qui concerne l'achat de terrains, l'exercice de la religion, les droits de commerce et d'industrie et la libre importation de marchandises ; elle autorise la nomination de consuls ou agents consulaires et fixe leurs obligations et leurs droits de juridiction civile et criminelle; elle prévoit les cas de conflit entre nationaux anglais et sujets du gouvernement du Congo.
Des conventions semblables furent successivement conclues avec l'Italie (49 décembre 1884), l'Autriche (24 décembre 1884), les Pays-Bas (27 décembre 4884), l'Espagne (7 janvier 4885), la Russie (5 février 4885), la Suède et Norwège (40 février 4885), le Danemark (23 février 4885).
La convention avec la Turquie ne fut signée que le 40 décembre 4885.
Convention avec la France (5 février 4885) et le Portugal (44 février 4885). — Les négociations avec ces deux pays furent longues et difiiciles, car elles comprenaient une épineuse question de délimitation de territoire et ils soutenaient tous deux leurs prétentions avec une âpre fermeté ; elles furent conduites en dehors
de la Gonférencti, mais les représentants de l'Angleterre, de l'Alleniagne et de la Belgique usèrent de toute leur influence pour amener une entente rationnelle : nous disons rationnelle, car, d'un côté, la France réclamait la province du Kuilu Niadi. et le Portugal l'embouchure du Congo. Céder les deux était pour l'Association se priver de toute route vers le Stanley-Pool et se créer pour l'avenir
U. tlOLS BAHHIHO.
des difficultés pratiques et politiques qui l'auraient menée infailliblement à sa perte. Il fallait donc qu'elle conservât l'un ou l'autre accès au Pool. L'entente finit par s'établir (1) : l'Association céda à la France, à son grand regret, toute la région comprise entre la edte et la rive droite du Congo, c'est-à-dire le bassin du Kuilu
(1) Voir le chapitre IV de la présente partie pour les dëlîmitationB conventionnellea admiwi par ces traitët.
Niadi si riche en productions minières et dont la conquête avait coûté au Roi des sommes énormes; de plus, les possessions françaises pouvaient s'étendre au nord le long du Congo jusqu'à la Licona. Le Portugal se déboutait de ses prétentions sur lembouchure du Congo et fixait la limite de ses possessions comme suit : au nord du fleuve, le territoire de Cabinda (côte) ; au sud, la rive gauche jusqu'à Nokki, le 6^ parallèle jusqu'au Koango, le cours supérieur du Koango à partir de ce point. Ces délimitations donnèrent encore lieu dans la suite à des dissentiments que nous examinerons plus loin.
Convention avec la Belgique. — L'Association, ayant conclu ces traités avec toutes les nations européennes, en fit part au gouvernement belge, qui, par suite de sa neutralité, avait été obligé d'attendre que toutes les difficultés fussent aplanies pour reconnaître le drapeau de l'Association. Une convention identique aux autres fut signée le 33 février 1885.
Fondation de l*État indépendant. — Le 23 février, à la séance de la Conférence, le président intérimaire, M. Bush, représentant de l'Allemagne, donna lecture de la lettre suivante, adressée par M. Strauch, président de l'Association internationale, au prince de Bismarck :
« Prince, l'Association internationale du Congo a successivement conclu avec les puissances représentées à la Conférence de Berlin (moins une : la Belgique), des traités qui, parmi leurs clauses, contiennent une disposition reconnaissant son pavillon comme celui d'un État ou d'un gouvernement ami. Les négociations engagées avec la dernière puissance aboutiront, tout permet de l'espérer, à une prochaine et favorable issue (1).
» Je me conforme aux intentions de S. M. le roi des Belges, agissant en qualité de fondateur de l'Association, en portant ce fait à la connaissance de Votre Altesse Sérénissime.
» La réunion et les délibérations de Téminente assemblée qui siège à Berlin sous votre haute présidence ont essentiellement con-
(1; La Belgique signait le même jour la convention avec TAssociation.
tribué à hâter cet heureux résultat. La Conférence à laquelle j'ai le devoir de rendre hommage voudra bien, j*ose Tespérer, considérer 1 avènement d*un pouvoir qui me donne la mission exclusive d'introduire la civilisation et le commerce au centre de TÂfrique, comme un gage de plus des fruits que doivent produire ses importants travaux. »
M. Busch fit suivre sa lecture de ces paroles : « Je crois être l'interprète du sentiment unanime de la Conférence en saluant comme un événement heureux la communication qui nous est faite et qui constate la reconnaissance à peu près unanime de TAssociation internationale du Congo. Tous nous rendons justice au but élevé de Tœuvre à laquelle S. M. le roi des Belges a attaché son nom ; tous nous connaissons les efforts et les sacrifices au moyen desquels il la conduite au point où elle est aujourd'hui; tous nous faisons des vœux pour que le succès le plus complet vienne couronner une entreprise qui peut seconder si utilement les vues qui ont dirigé la Conférence. »
Chacun des représentants prononça ensuite une allocution et ils furent unanimes à reconnaître la grandeur de l'œuvre entreprise par le roi Léopold II. Les plus caractéristiques de ces discours sont ceux de M. le baron de Courcel, délégué de la France, de Sir Edward Baldwin Malet, représentant de l'Angleterre et de M. le comte de Launay, ambassadeur d'Italie, pays qui avait toujours témoigné d'une grande sympathie pour TOËuvre africaine. « En qualité de représentant d'une puissance dont les possessions sont limitrophes de celles de l'État libre du Congo, dit M. de Courcel, je prends acte avec satisfaction de la démarche par laquelle cette Association nous notifie son entrée dans la vie internationale. J^émets au nom de mon gouvernement le vœu que l'État du Congo, terri torialement constitué aujourd'hui dans des limites précises, arrive bientôt à pourvoir d'une organisation gouvernementale régulière le vaste domaine qu'il est appelé à faire fructifier. Ses voisins seront les premiers à applaudir à ses progrès, car ils seront également les premiers à profiter du développement de sa jprospérité et de toutes les garanties d'ordre, de sécurité et de bonne administration dont il entreprend de doter le centre de l'Afrique.
p Le nouvel État doit sa naissance aux aspirations généreuses» à riniliative éclairée d*un prince entouré du respect de l'Europe. Il a été voué dès son berceau à la pratique de toutes les libertés. Assuré du bon vouloir unanime des puissances qui se trouvent ici représentées, souhaitons lui de remplir les destinées qui lui sont soumises sous la sage direction de son auguste fondateur, dont rinfluence modératrice sera le plus précieux gage de son avenir. »
D'autre part, sir Edward Baldwin Malet s'exprima en ces termes :
tt La part que le gouvernement de la reine Victoria a prise dans la reconnaissance du drapeau de l'Association comme celui d'un gouvernement ami m'autorise à exprimer la satisfaction avec laquelle nous envisageons la constitution de ce nouvel État, due à Tinitiative de S. M. le roi des Belges.
» Pendant de longues années, le roi Léopold II, dominé par une idée purement philanthropique, n'a rien épargné, ni eflTorts personnels, ni sacrifices pécuniaires, de ce qui pouvait contribuer à la réalisation de son but.
» Cependant le monde, en général, regardait ses efforts d'un œil presque indifférent. Par ci, par là. Sa Majesté soulevait la sympathie, mais c'était en quelque sorte plutôt de la sympathie de condoléance que celle de Tencouragement. On croyait que l'entreprise était au-dessus de ses forces, qu'elle était trop grande pour réussir. On voit maintenant que le Roi avait raison et que Tidée qu'il poursuivait n'était pas une utopie.
» Il l'a menée à bonne fin, non sans difficultés; mais ces difficultés mêmes ont rendu le succès d'autant plus éclatant. En rendant à Sa Majesté cet hommage de reconnaître tous les obstacles qu'Elle a surmontés, nous saluons l'État nouveau-né avec la plus grande cordialité et nous exprimons un désir sincère de le voir fleurir et croître sous Son égide. »
Enfin, M. le comte de Launay termina son allocution en ces termes chaleureux : « Le monde entier ne peut que témoigner de sa sympathie et de ses encouragements pour cette œuvre civilisatrice et humanitaire qui honore le xix'' siècle et dont les intérêts généraux de l'humanité profitent et profiteront toujours davantage. »
La séance du 26 février clôtura les travaux de la Conférence : dans cette mémorable séance, le prince de Bismarck résuma la marche des travaux, remercia chacun de la part qu'il avait prise dans Télaboration de TÂcte et félicita notamment le baron Lambermont et le baron de Courcel. L*on procéda à la signature de TActe, puis le prince de Bismarck fit la lecture d'une lettre du colonel Strauch, président de l'Association du Congo et fondé de pouvoirs de S. M. Léopold II, fondateur de TOEuvre, annonçant l'adhésion de TÂssociation aux clauses de l'Acte général de la Conférence. Enfin, le prince leva la séance par les paroles suivantes : « Messieurs, je crois répondre au sentiment de rassemblée en saluant avec satisfaction la démarche de l'Association internationale du Congo et en prenant acte de son adhésion à nos résolutions. Le nouvel État du Congo est appelé à devenir un des principaux gardiens de l'œuvre que nous avons en vue et je fais des vœux pour son développement prospère et pour l'accomplissement des nobles aspirations de son fondateur. »
L'État du Congo était fondé sous le nom d^Êtat indépendant du Congo, et prenait comme emblème le drapeau de l'Association internationale : bleu à étoile dor.
L'Acte de la Conférence de Berlin, que nous résumerons plus loin, fut soumis aux Chambres belges le 10 mars 1885; les conclusions de la section chargée d'examiner l'Acte exposaient les avantages que la Belgique pourrait retirer de son adhésion aux clauses de cet acte, qui ne l'exposait à aucun sacrifice. Les Chambres adoptèrent le projet de loi, rédigé de la façon suivante : « L'Acte général de la Conférence de Berlin, daté du 26 février 1885 et signé par la Belgique avec les puissances représentées à la dite Conférence, sortira son plein et entier effet. »
Nomination du souverain de l'État. — L'opinion universelle, non moins que les vœux exprimés par tous les membres de la Conférence de Berlin, désignait le souverain du jeune État : c'était évidemment celui qui, depuis neuf années, avait donné à FOEuvre du Congo les plus admirables preuves de dévouement et de désintéressement, celui dans le cœur duquel avait germé cette noble
pensée de la civilisation africaine, celui enfin qui, sans relâche, sans défaillance, au prix des plus grands sacrifices et d'un travail constant et opiniâtre, avait réussi à intéresser le monde entier à son entreprise : Léopold IL
En présence de Tunanimité de ces vœux, le Roi des Belges écrivit, le 16 avril 1885, au Conseil des ministres la lettre suivante, qui définit nettement la situation de la Belgique vis-à-vis du nouvel Étal : « Messieurs, Fœuvre créée en Afrique par TÂssociation internationale africaine a pris un grand développement. Un nouvel État se trouve fondé, ses limites sont déterminées et son pavillon est reconnu par presque toutes les puissances.
» Il reste à organiser sur les bords du Congo le gouvernement et l'administration.
» Les plénipotentiaires des nations représentées à la Conférence de Berlin se sont montrés favorables à Tœuvre entreprise et depuis, les deux Chambres législatives, les principales villes du pays et un grand nombre de corps et d'associations importantes m'ont exprimé à ce sujet les sentiments les plus sympathiques.
» En présence de ces encouragements, je ne puis reculer devant la poursuite et l'achèvement d'une tâche à laquelle j*ai pris, en efiet, une part importante, et puisque vous estimez comme moi, Messieurs, qu'elle peut être utile au pays, je vous prie de demander aux Chambres législatives l'assentiment qui m'est nécessaire.
» Les ternies de l'arliclc 6S de la Constitution caractérisent par eux-mêmes la situation qu'il s'agirait d'établir.
» Roi des Belges, je serais en même temps le souverain d'un autre État.
» Cet État serait indépendant comme la Belgique, et il jouirait, comme elle, des bienfaits de la neutralité.
» Il aurait à suffire à ses besoins et Texpérience, comme Texemple des colonies voisines, m'autorise à affirmer qu'il disposerait des ressources nécessaires.
» Sa défense et sa police reposeraient sur des forces africaines commandées par des volontaires européens. ~ » Il n'y aurait donc entre la Belgique et l'État nouveau qu'un lien personnel. J*ai la conviction que cette union serait avantageuse
pour le pays» sans pouvoir lui imposer des charges en aucun cas.
» Si mes espérances se réalisent, je me trouverai suffisamment récompensé de mes efforts. Le bien de la Belgique, vous le savez. Messieurs, est le but de toute ma vie. »
L'article 62 de la Constitution, visé par Sa Majesté dans celte lettre, est ainsi congu : « Le Roi ne peut être en même temps chef d'un autre État sans lassentiment des Chambres. Aucune des deux Chambres ne peut délibérer sur cet objet, si deux tiers au moins des membres qui la composent ne sont présents, et la résolution nest adoptée quautant qu'elle réunit au moins les deux tiers des suffrages. »
La discussion à la Chambre des représentants eut lieu le 28 avril : un discours de M^" de Haerne, vibrant d'enthousiasme et de patriotisme, eut facilement raison des quelques hésitations qui se manifestèrent timidement et la Chambre, par 124 voix contre une et une abstention, adopta le texte de loi suivant : « La Chambre des représentants, vu l'article 62 de la Constitution, décide : « Sa Majesté Léopold II, Roi des Belges, est autorisé À être le chef de l'État fondé en Afrique par l'Association internationale du Congo. L'union entre la Belgique et le nouvel État du Congo sera exclusivement personnelle. » Le projet de loi passa au Sénat le 30 avril et fut adopté par 58 voix contre une.
Léopold II ajoutait donc, dès ce moment, à son titre de Roi des Belges, celui de Souverain de FÉtat indépendant du Congo.
En juillet 1885, l'administrateur général du Congo, M. deWinton, fit à Banana, dans une cérémonie solennelle, la proclamation de la constitution de l'État et de l'avènement du Roi à la souveraineté; il transmit en même temps communication de cet événement à toutes les stations et à toutes les maisons de commerce situées sur le Congo.
Le 1*' août de la même année, le Roi notifia à toutes les puissances, dans les termes suivants, son avènement à la souveraineté de l'État du Congo :
<c Le gouvernement de Votre Majesté {m, m.) a bien voulu reconnaître le pavillon de l'Association internationale du Congo comme celui d'un État ami. Lors de la signature de Tacte général de la Con-
férence de Berlin, le président et les membres de celte haute Assemblée ont, en recevant ladhésion de TÂssociation à Toeuvre de la Conférence, manifesté leurs sympathies pour son entreprise. Aujourd'hui que la position de TAssociation est fixée au point de vue international, que sa constitution territoriale est établie et que sa mission a reçu de précieux encouragements, je suis en mesure de porter à la connaissance de Votre Majesté et de son gouvernement que les possessions de l'Association internationale du Congo formeront désormais TÉtat indépendant du Congo.
» J*ai en même temps Thonneur d'informer Votre Majesté et Son gouvernement qu'autorisé par les Chambres législatives belges à devenir le chef du nouvel État, j'ai pris, d'accord avec l'Association, le litre de Souverain de l'Ëlal indépendant du Congo. L'union entre la Belgique et cet État sera exclusivement personnelle. Le nouvel État, j'en ai la ferme confiance, répondra à l'attente des puissances qui ont, en quelque sorte, salué à l'avance son entrée dans la famille des nations.
» J'ai la ferme confiance que le nouvel État saura se montrer digne de la bienveillance de toutes los puissances ; je m'efforcerai de le guider dans cette voie et j'ose espérer que Votre Majesté et son gouvernement voudront bien faciliter ma tâche en faisant un favorable accueil à la présente notification. »
En même temps, l'État du Congo se déclara perpétuellement neutre par la notification suivante, conforme aux articles 40, il et 12 de l'acte général, adressée à toutes les puissances :
ce Le soussigné, administrateur général du département des aflaires étrangères de l'État indépendant du Congo, est chargé par le Roi-Souverain de cet État de porter à la connaissance de Son
Excellence , ministre des affaires étrangères de
, qu'en conformité de l'article 10 de l'acte général
de la Conférence de Berlin, l'État indépendant du Congo se déclare, par les présentes, perpétuellement neutre, et qu'il réclame les avantages garantis par le chapitre III du même acte, en même temps qu'il assume les devoirs que la neutralité comporte. Le régime de la neutralité s'appliquera au territoire de l'État indépendant du Congo renfermé dans les limites qui résultent des traités successivement
conclus par TAssociation internationale avec rAIlemagne, la France et le Portugal, traités notifiés à la Conférence de Berlin et annexés à ses protocoles. »
Ces limites étaient déterminées ainsi que nous le mentionnons au chapitre IV suivant.
Nous n insisterons pas sur les marques de joie et de sympathie qui accueillirent, dans la Belgique entière, la nomination de notre Souverain : les adresses de félicitations affluèrent de toutes parts; tous les collèges communaux, toutes les sociétés du pays vinrent remercier chaleureusement le promoteur de TOEuvre africaine de rhonneurqui rejaillissait sur la Belgique et protestera cette occasion de leur dévouement au Roi.