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II. — LES AFFLUENTS DU CONGO

Nous avons essayé, en reproduisant daprès les auteurs et nos lettres particulières les aspects différents sous lesquels apparaitt*a!t successivement le Congo au voyageur qui le remonterait jusqu'à sa source, de rendre attrayante la description du fleuve Congo. Pour les affluents, nous devrons nous borner à donner brièvement les renseignements que nous avons pu recueillir sur tous ces cours d*eau, dont plusieurs sont encore peu connus et dont quelques-uns n*ont jamais été explorés.

• Affluents de droite. — La Lukuga est le déversoir occidental du lac Tanganyka; elle sort du lac à quelques minutes au-dessus du 6' parallèle sud, près de Mtoa, se dirigeant vers Touest-nord-ouest ; sa largeur y est de 3,000 mètres environ; elle se jette dans le Congo par 5"" 30' lat. S. après avoir regu plusieurs affluents, entre autres le Luizi; son cours est peu rapide ; le lit est obstrué par des herbes qui empêchent la navigation.

Par environ 4"" 40' lat. S., le Congo reçoit la Luama, qui vient du nord-est; son cours supérieur s'appelle Luassi; il reçoit le Lokulu; la Luama parcourt la région du Manyema;son cours est peu rapide.

Entre cet affluent et les Stanley-Falls, le Congo regoit plusieurs rivières dont le cours est peu connu ; ce sont : le Lulindi^ qui vient du nord ; la Punda, qiii vient de l'est et se jette dans le fleuve près de Nyangué; elle regoit de nombreuses petites rivières; YElila, d'une certaine irâportancCi qui vient de l'est et regoit à droite le Mariango; YVlindi, qui vient du sud-est; la Loa, qui vient de l'est où, vers le ^9^ méridien, elle s'épanche pour former le lac (ho (1); elle regoit' à droite la Lutu; enfin, vers 30' lat. S., la rivière Léopold, appelée aussi Munduku, qui vient de l'est et s'appelle Lilu Vers sa source. La Mbura, désignée aussi sous le nom de Mpaka ou Lubeku, se jette dans le Congo un peu en aval de la station des Falls eti for- Ci) Le lac Ozo constitue encore un problème; certains géographes sont d'avis qa'il appartient au bassin du Tanganyka, où il se rendrait par l'intermédiaire de la rivière Rusiji.

mant un delta ; elle mesure 350 à 400 mètres de largeur au confluent; sa direction générale est est-ouest ; ses rives sont très populeuses et son cours est embarrassé par des rapides. Elle est formée par deux branches : la Lindi, venant du nord-est, et le Lokepo^ venant de Test ; cette dernière est navigable, quoiqu'il s y rencontre de nombreux rochers; elle atteint parfois une profondeur de 7 à 8 'mètres.

L*Aruwimi est, comme importance, le 3"" affluent du Congo; les indigènes rappellent aussi Biyere. Il prend sa source près du lac Albert Nyanza, dans le massif des Montagnes bleues, sous le nom dlturi (2M0' lat. N. et 30^ 10' long. E.); il coule le long du 30* méridien jusqu'au parallèle i"" 27' environ, puis il prend la direction est-ouest en longeant à peu près le parallèle l"" 10', sauf entre le 26* et le 28* méridien, où il fait vers le nord une grande courbe qui atteint le 2^ parallèle. L'Âruwimi regoit : près de sa source où il a déjà une centaine de mètres de largeur, à gauche, le Zeli; près du 30* méridien, le Dukiqui reçoit lui-même YAbumbi; adroite, Ylhuru^ qui se gonfle des eaux du Z)tii; par environ 27*^28' long. E., Fimportante rivière Nekapo, dont les sources ne sont pas éloignées de celles du Bomokandi ; le Nekopo a été découvert par le docteur Junker ; sa largeur est de 300 mètres au confluent, qui forme une grande cataracte. Dès qu'il u regu le Nekopo, l'Âruwimi s'embarrasse de nombreux rapides, dont les derniers sont .ceux de Yambuya, où s'arrête la navigation vers le haut de la rivière; à partir de ces chutes la largeur du fleuve augmente; devant Basoko il subit un étranglement pour s*épanouir et atteindre 1,550 mètres au confluent. U reçoit à droite, près de Basoko, la Lu/u, rivière sinueuse qui prend sa source près du Rubi ; ses eaux sont noires, profondes et rapides ; sa largeur varie de 150 à 100 mètres. La partie supérieure de TÂruwimi traverse la grande forêt dite de tliuri; les rives du fleuve sont générulement basses, couvertes de nombreux villages extrêmement populeux'; la population de la forêt de llturi est composée en majeure partie de nains qui portent le nom général de ewes. La vitesse du courant de l'Âruwimi varie entre 2 1/2 milles et 3 1/2 milles; tout son cours est obstrué de chutes importantes. Son embouchure a été vue pour

la première fois en 1877 par Slanley qui remonta son cours jusqu'à Yambuya et identifia erronément la rivière avec TUelle; cest le docteur Stuhlman qui, grâce à ses belles explorations de 4891-92, a donné des renseignements précis sur sa source et sur son cours supérieur.

Litimbiri, appelé plus exactement Loïka et, dans son cours supérieur Mbula et Likati, vient du nord, par SS"" long« E. et 3"" 30' lat. N. Il décrit une grande courbe qui atteint presque le âS"" méridien, pour venir se jeter dans le Congo un peu à l'ouest de Tintersection du 23* méridien est et du 2' parallèle nord ; sa lar^ geur varie de 8 à 400 mètres; l'entrée de la rivière est difficile et présente cinq bouches ; de nombreuses chutes rendent la navigation assez dangereuse. L'itimbiri reçoit de nombreux affluents; adroite la Bonga, la Mokuakua, la Tinda, la Maga, YEahngo, le Chiinbi, la Loïka, le Losoko; à gauche Timportante rivière Rubi, le Fere, le Ruketi, le Yoko, le Loko, le Likudu, le Lesse. L'embouchure de la Loïka avait été vue par Slanley; Hanssens en explora le delta; Grenfell rencontra la rivière sur un parcours de 200 kilomètres; enGn des renseignements précis furent fournis par MM. Van Gèle etRoget.

La Mongalla«qui débouche dans le Congo par environ 49^50' long. E., à la station de Mobeka, est une importante rivière qui vient du nord-est; elle s appelle i(f(?naif dans son cours supérieur, qui prend naissance par environ 21'' 50' long. E. et 3"" 52' lat. N.; après avoir formé, par deux petites expansions, les lacs Ababua et Ngaza, et reçu à gauche la Dtta, elle décrit une courbe et reçoit, à Monguandie, VEbola, qui vient du nord et a lui-même pour affluents le Ngobo à droite et la Madua à gauche. De ce point, la Mongalla se dirige droit au sud-ouest jusqu'à Mobeka et elle reçoit : à droite, Ylbanza qui vient du nord et reçoit les eaux de Vlkema, YAmboja, la Buja, le Jombo, le Mangali, le Moriki, VOssangha; à gauche, la Boa et Ylkuma. Le cours de la Mongalla est navigable à peu près jusqu'à ses sources; les populations riveraines sont très denses; on rencontre de nombreux villages bâtis sur pilotis. MM. Grenfell et Coquilhat l'avaient explorée jusqu'au 2"^ degré, mais ce sont MM. Baert et Hodister qui apportèrent des renseignements exacts sur son cours supérieur et celui de ses affluents.

L*Ubangi est un immense affluent dont le cours resta inconnu jusqu aux explorations du capitaine Yan Gèle, que nous avons racontées dans la première partie de notre ouvrage : ce fleuve occupe la première place parmi les affluents du Congo. Stanley avait entendu parler de TUbangi, mais n avait pas vu son embouchure à cause des fies et des nombreux rapides qui la cachent au regard du voyageur. L'Ubangi fut découvert par Hanssens qui y pénétra avec Yan Gèle ; Grenfell le remonta en 4884 jusqu'à 4"" 20' latitude nord, point où il a encore 600 mètres de largeur. Mais c est à Yan Gèle que revient Thonneur d'avoir suivi et précisé son cours jusqu'au confluent du Mbomu et de l'UelIe, qui forment son cours supérieur. L'Uelle avait été découvert en 1870 par le D** Schweinfurth, mais celui-ci crut à tort que cette belle rivière appartenait au bassin du Ghari, qui se déverse dans le lac Tchad. M. Â.-J. Wauters démontra à cette époque que TUelle fait partie du bassin du Congo, oii il se rend par rubangi, et les explorations de Yan Gèle vinrent confirmer cette hypothèse. Le capitaine Roget, à qui l'on doit de précieux renseignements sur rUelle Makua (Makua est le nom que donna à l'Uelle le D' Junker lorsqu'il le vit), fait une belle description de cette rivière : « Devant le poste de Djabbir Baiidja, dit-il (1), l'Uelle Makua n'a que 300 mètres de large, mais elle a une grande profondeur. En amont et en aval, elle s'élargit considérablement jusqu'à 1,800 mètres et forme de grandes Iles souvent habitées. Elle coule entre des roches et des bancs et reste complètement inaccessible aux vapeurs par suite de ces rapides. Les roches qui constituent ces barrières sont généralement composées de diabase stannifère, de grès feldspathiques altérés et de quartzites bruns.

» La navigation en pirogue, sur cette rivière, a quelque chose de féerique et d'empoignant, et il faut admirer autant l'habileté des indigènes pour manier leurs embarcations que la grandeur et la majesté de la Makua, qui par instants vous entraîne dans les rapides avec des vitesses vertigineuses. Lorsqu'une pirogue descendant le courant est près de s'élancer dans un rapide un peu dangereux, deux hommes restent avec la gafle en arrêt, prêts à donner un coup

(1) Pablicaiioxis de TÉtat indépendant : no 5, 2e District de VAruwimi et Uelle, par

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