‹ Le CongoChapitre 52 sur 127 · L. KOOET · texte numérisé non relu

L. KOOET

. à droite ou à gauche pour redresser rembarcation, les autres donnent quelques forts coups de pagaie pour la jeter dans la bonne direction, puis ils s'abandonnent au courant en entonnant un chant énergique pour écarter les mauvais esprits; ils accompagnent cette mélopée d'un mouvement de pagaie qui, dans leur esprit, doit calmer les eaux. Lorsque le mauvais pas est franchi, ils poussent plusieurs cris formidables.

» En certains endroits, les eaux sont tellement fortes que la pirogue gagne la rive, où elle est déchargée, puis elle est abandonnée au courant avec deux hommes seulement ; on la recharge au delà.

» À environ une grosse demijournéed*Âli Kobbo, le fleuve forme deux rangées d*!les et par conséquent trois bras; celui du milieu est souvent fort étroit; c est celui que l'on suit; les eaux des deux canaux latéraux s'y déversent par les chenaux qui séparent les tles ; ces chenaux forment autant de petites cascades dont l'impulsion accroît encore la vitesse du bras médian dans lequel on file avec des rapidités de vapeur.

» On remonte le fleuve avec moins de danger, mais avec plus de peine, car en touchant une roche à contre-courant on ne pivote pas, comme c'est le cas dans la descente, on est simplement repoussé ou bien on se cale. »

L'Ueile vient de l'est ; il est formé par deux rivières, le Kibbi et le Sir, qui prennent leur source dans Timportant massif des Montagnes bleues, par environ ZV long. E. et 2^ 20' lat. N.; sous le nom de Kibali, il se dirige vers le nord pour faire un coude vers Test entre le 3' et le 4*" parallèle, direction qu'il conserve d'une façon à peu près uniforme jusqu'à sa jonction avec le Mbomu, par environ 22° 40' long. E. et 40* T lat. N. L'Uelle reçoit de nombreuses rivières, entre autres, à droite, la Dunga'À$igu, la Gadda^ le Bruele, la Gurba, l'important cours d'eau Uerre, le Duino^ le Kudœ, le Nsaguerre; à gauche, le Jubho, leBomokandi, grande rivière qui prend sa source au delà du SO"" méridien et qui reçoit elle-même le Pokko, la Ml?ê et le Mokongo ; enfin la Mbima, cours d'eau assez important.

Le Mbomu vient du nord-est : c'est un puissant fleuve, qui tra* vGi*se une admirable contrée et des forêts de toute beauté; lesindi-

gènes l'appellent aussi Dapa; la longueur exacte de son cours n'esl pas connue, mais les indigènes lui accordent une grande importance; il reçoit de nombreux affluents, entre autres, à droite^ VVarra, le Chinko qui vient du nord et se gonfle lui-même d'ui> grand nombre de rivières, telles que le Paperuer, le Mongu, le Barango,elc.; sous Bangasso,le Mbomu reçoit à droite le Bali, qui a été complètement exploré par Georges Le Marinel, et à gauche le Mbili, rivière considérable par sa longueur et le débit de ses eaux, qui a pour affluents la Bussa^ le Gangoro, le Dangu.

Tout TEntre-Mbomu et Uelle est arrosé par une multitude de petites rivières qui versent leurs eaux soit dans le Mbomu, soit dans rUelle.

Les affluents de TUbangi sur lesquels Van Gèle a donné des renseignements sont les suivants, qui, la plupart, ont été exploréspar son compagnon de voyage, le lieutenant Liénart : à droite, par HHT long. E., le Kotto qui vient du nord, mesure à son confluent 270 mètres de largeur et i mètre 90 de profondeur et dont les rives sont très peuplées; par S1^15' long. E., le Banghi, qui vient du Dord-nord-est, mesure à son confluent 60 mètres de largeur et 5™o0 de profondeur, dont le cours est très sinueux et où la navigation est presque impossible; par SU""!?' long. E., le Kuangu^ qui vient de l'est-nord-est, mesure à son confluent 180 mètres de largeur et 4 mètres de profondeur, et le long duquel on ne rencontre que peu de villages, qui s occupent spécialement de pêche; par S'^SG' lat. N., le Lobaï, qui vient du nord-ouest, mesure à son confluent 200 mètres de largeur et qui coule entre des rives assez élevées; par 2^ 45' lat. N., ribenga, qui vient du nord-ouest, mesure 90 mètres de largeur au confluent et qui coule entre des rives très basses; enfln, à gauche, le Nghiri, qui débouche dans TUbangi par 22' au-dessus de Téquateur, et dont le cours est parallèle à celui de rUbangi : le Nghiri mesure 100 mètres de largeur à son confluent et la navigation y est facile jusqu'à i'*45' le latitude nord ; elle reçoit les eaux d*un petit lac intérieur appelé .btn^a (1).

La Sangha se jette dans le Congo par i''40' lat. S. ; elle vient

(1) Voir Livre I, Chapitres XI, page 152, et XVII, page 203.

du nord. Sa largeur minima est de 300 mètres» mais, à certains moments, elle atteint S kilomètres ; son cours est obstrué d*Iles et de bancs de sable; pourtant elle est navigable jusque vers S"" iff lat. N., où -elle est formée par les rivières Massa et Ngoko; elle reçoit dés affluents considérables, tels que la Likuala (que Ton a longtemps confondue avec la Licona, qui n'en est que le cours supérieur), Ik Mosoka et YAliina.

La Lawson Lefini se jette dans le Congo à quelques kilomètres au-dessus de Terobouchure du Kassaî; cest une jolie petite rivière qui vient du nord-ouest; sa source se trouve aux environs de celle deTOgôue; elle reçoit une multitude de petits affl^uents; son cours est rapide, mais peu profond.

Là Gordon Betinett a été vu pour la première fois en 1877 par Stanley, qui la baptisa; les indigènes rappellent Djue; elle se divise en deux petites branches pour se jeter dans le Congo vers la sortie du Slanley-Pool ; c*est à son embouchure qu*est établie la stàtibn française de Brazzaville.

La Lukanga se jette dans le Congo en aval des chutes, à Belgic- Creek, à peu de distance de Yivi ; malgré son peu d'importance, elle est la rivière la plus considérable que le Congo reçoive dans la partie inférieure de son cours ; elle reçoit elle-même le Kuilu.

Affluents de gauche. — Entre Ânkorro et les Falls, le Congo ne reçoit que des rivières sans grande importance : ce sont \eLufdm, qui se jette dans le fleuve un peu en aval de Nyangue, la Lulua qui reçoit elle-même le Luiki, Ylnama, qui a pour affluent le LuUo et rejoint le Congo à Kasuku.

Le Lomami se jette dans le Congo par O^' 46' lat. N.; il a été découvert dans son cours supérieur. par Cameron» puis vu par Wissmann et exploré dans son cours inférieur par M. Delcomtnone; les explorateurs du Katanga ont découvert ses sources. On a confondu longtemps son cours supérieur avec celui d*an Lomami, affluent du Sankuru, qu'on a nommé Lubefu afin d'éviter toute con« fusion. LeJLomami est^un affluent très important qui a sa source près du 9* parallèle sud et du 25^ méridien est, au plateau des Sambas; son cours est parallèle à eelui du I^ualaba et da Congo,, dofit

il est séparé par un espace qui n'atteint parfois que 75 kilomètres. Le cours d'eau est navigable sur un parcours d'environ 9ï>0 kilomètres, jusqu'au sud de Bena Kamba, où il est obstrué par des rapides dangereux. La largeur du Lomami est très variable; en moyenne, elle est de 3 à 400 mètres, mais parfois, dans lé Haut Lomami, le fleuve s'étrangle jusqu'à n'avoir plus que 60 mètres de lai^ur. Sa profondeur varie de 3"Î10 à 8°50 et la vitesse du courantyest de 3 J/2 à 3 milles à l'heure. Les rives sont, tantôt élevées.

LES CBDTB8 DB LA LUHBULA'

tantôt très basses; le Bas-Lomami est parsemé d'Iles. Le Lomami reçoit, à droite, le Tombassi, qui vient da sud-est; à gauche, il reçoit, dans sa partie non navigable, le Lukasti, venant de Touest et formé d'une multitude de petites rivières ; le Lurimbi, venant du sud-ouest; dans la partie navigable, le Lomami reçoit à gauche une quiizaiae de petits cours d'eau dont le plus important mesure, k son embouchure, 70 mètres de largeur.'

Le Laulongo,qnise jette dans le Congo par 0*^40' lat.N.. mesure à son «onfloeut une largeur de' 900 mètres ; il déverse dans le Congo dea fiots d'eaux très'noirés; la-largeur moyenne de-cet afiluent, qui

a été exploré par Baert, est de 300 mètres ; son cours décrit une courbe semblable à celle du Congo, traverse un pays plat, marécageux, entre des rives basses, très boisées et couvertes de nombreux villages. Le Lulongo regoit une multitude de petits affluents, entre autres : à gauche, le Luesso, YElondo, le Saldo; à droite, la Lua, VIlungu, la Mêla, la Musega, la Lenga^ YUamba, le Lomako, le Y€ke et une immense rivière, presque aussi considérable que le Lulongo lui-même, le Lopori^ qui est navigable en grande partie et a pour affluents le Bolombo et la Yokokolu.

Vlkelemba se jette dans le Congo par O^'O'lat. N. ; daprès Grenfell, qui en a remonté le cours, ce petit affluent n*aurait que 200 à 250 kilomètres de longueur; il semble toutefois avoir plus d*importance ; son cours est très tortueux.

Le Rtfki, appelé par Stanley le Fleuve noir, débouche dans le Congo à quelques minutes au-dessus de l'équateur. C'est un coura d*eau très considérable, formé de deux branches, la Tchuapa et la Bussera; la Tchuapa, navigable sur la plus grande partie de son cours, semble devoir prendre sa source dans un lac intérieur d'où viendrait également la Lukenye; la direction générale est estouest; elle reçoit un grand nombre de petits affluents. La Bussera vient du sud-est et est moins importante que Tautre branche. Les rives de ces rivières sont basses, couvertes de forêts; elles roulent leurs eaux noires à travers des terrains plats, d'immenses plaines marécageuses, où Ton rencontre une population peu nombreuse et pas toujours pacifique.

VIrebu est une rivière peu importante par la longueur de son cours, qui vient du grand lac Matumba.

Le KassaT est, avec TUbangi, Taffluent le plus important du Congo; Stanley en avait remonté le cours inférieur, appelé Kua, mais c*est à Wissmann, ainsi que nous l'avons vu dans notre aperçu historique, que revient l'honneur d'avoir résolu le problème du Kassaï,.que Ion identifiait primitivement au Ruki. Aujourd'hui, le système hydrographique de cet affluent considérable est à peu près complètement connu. Le Kassaï semble prendre sa source vers le IS"" parallèle sud et le 10* méridien; après avoir coulé vers Test entre le 11*" et le IS"" parallèle, jusqu'au delà du 20'' méridien, il

prend une direction nord-nord-ouest jusqu'à quelques minutes au* dessus du S"* parallèle; dans celle partie de son cours, il reçoit de nombreux affluents qui arrosent le territoire portugais, entre autres : à gauche, le Liàembe et la Chikapa; à droite, une petile rivière qui vient du lac Dilolo et qui forme la frontière ; un peu au nord du 6** parallèle se trouvent les chutes Wissmann, qui arrêtent la navigation vers lamont. A hauteur du 5"" parallèle, le Kassaï se gonfle des eaux de la Lulua. — La Lulua a un cours à peu près parallèle à celui du Kassaï; elle prend sa source à la frontière sud de l'État, dans ligne de faîte Gongo-Zambèze; elle traverse jusqu'à son confluent avec le Kassaï une belle région arrosée par ses nombreux affluents» dont les plus importants sont \eLuiji, la Lumbula, la Luisa qui reçoit elle-même le Kalanji, le Luebo^ qui coule entre la Lulua et le Kassaï. — Par environ 20** 40' long. E. et 4'' 15' lat. S. le Kassaï est rejoint par le Sankuru, dont les explorations de Wolf ont fait connaflre le cours inrérieur, et celles de Le Marinel et Bia les sources et le cours supérieur. Le Sankuru s'appelle dans son cours supérieur, à partir deLusambo, Lubilasch; il prend sa source au plateau des Sambas, d'où parlent également une multitude de rivières, affluents du Lubilasch, de la Lulua et du Lualaba. Avant d'arriver à Lusambo. le Lubilasch reçoit à droite deux affluents importants : le Lubischi et le Luembey et à gauche la petite rivière Buchimaî; le Lubilasch, de même que le Sankuru, est une belle rivière qui atteint parfois S à 3 milles de largeur et qui coule entre des rives élevées bordées de bois et de pâturages. A Lusambo, le Lubi, venant du sud, se jette dans le Lubilasch et la réunion de ces deux cours d'eau forme le Sankuru, qui, après avoir reçu à droite le Lubefu et à gauche le Lubudi, rejoint le Kassaï en formant un delta de 600 mètres parsemé d'tles, de blocs rocheux et de bancs de sable. — Le Koango est un grand affluent de gauche du Kassaï et y déverse ses eaux entre le 17^ et leiS' méridien : il a été vu par Livingstone, Pogge et Wissmann et exploré par Massari, Grenfell et Dhanis; la navigation est arrêtée sur cette rivière par les chutes de Kingunchi, situées par 5^* lat. S. Elle prend sa source non loin de celle du Kassaï et a une direction nord bien déterminée; elle reçoit dans son cours supérieur des affluents encore imparfaitement connus : à gauche, la Uni;

à droite, le Lubo et la Nbuya; dans sa partie navigable, le Koaogo reçoit à droite, à 10 kilomètres de son confluent, la Djuma, grande rivière de SÛOJraètres de largeur moyenne, formée par les rivières KhUu et Inzia; à 10 kilomètres plus en amont, il reçoit les eaax du Uambu, qui n'a pas encore été exploré. Le dernier affluent du Kassaï est la MQni, formée par les eaux du lac Léopold 11 et celles de la Lukenye : la lukenye vient de l'est, et on suppose qu'elle sort d'un lac ou plutdt d'un marécage intérieur situé i proximité du

LE BTUMKB ■ fiOI DBS BBLOES i> &TEG L'iXPiDlTIOK WISBUAHM.

Liomami;lecoursde 1a Lukenye est méandreux et parfois très rapide, surtout dans son cours supérieur; les rives sont marécageuses; sa largeur varie entre 300 et 500 mètres; elle s'élargit considérablement en passant au sud du lac Léopold II, dont elle prend les eaux pour former la MÛni. ha M/ini coule entre des rives basses et boisées et a une largeur de 300 à 500 mètres, qui atteint 700 mètres à Tembouchure. Le Bas-Kassaï est appelé Kua par les indigènes ; c'est UD bras de fleuve très puissent, qui' roule des flots énormes. • Entre le Stanley^Pool et'Hatadi, le Congo reçoit une quantité de

petits affluents dont nous ne citerons que les plus considérables qui, malgré leur peu de développement, ont acquis une certaine importance par suite des difficultés qu'ils apportent à la construction du chemin de fer : XlnkisH vient du sud-est et coule dans une vallée superbe de végétation; le Lunzadi; la Lukunga, d*une largeur moyenne de SO mètres, traverse une belle vallée très peuplée ; le Kuilu, dune largeur moyenne de 50 mètres, a un courant très violent et un aspect très pittoresque et reçoit le Ngongo; la Lnima et le Lunionzo sont de petites rivières coulant dans une plaine de sept à huit kilomètres de largeur ; la Lufa est assez importante : elle a un cours très méandreux, coupé de nombreuses chutes et traversant une vallée étroite et encaissée ; elle reçoit elle-même beaucoup de petits affluents sans grand développement; hMpozo débouche dans le Congo à deux kilomètres en amont de Matadi ; elle a une largeur moyenne de 70 mètres et une profondeur de 4 mètres ; elle coule dans une vallée étroite et très sinueuse.

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