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III. — LES LACS

Sur tous les points du Congo, il existe soit des lacs de grande importance, soit de petits lacs formés par des expansions de fleuve. Ceux-ci semblent destinés à disparaître dans un temps plus ou moins rapproché; c*est du moins Tavis de H. Alexandre Delcommune, qui s'exprime ainsi : « Après avoir franchi ce chaos de montagnes et de vallées, le fleuve devient tranquille, sa vallée s'élargit considérablement et, quoique cependant bien dessinée, elle atteint souvent plus de 30 kilomètres de largeur. Ce retrait des montagnes vers le levant et le couchant a donné naissance à une succession de lacs ou de lagunes qui, dans un temps reculé, devaient ne faire qu'une seule et même expansion du fleuve, s'étendant environ depuis le neuvième jusqu'au septième parallèle. Le lac devait avoir une forme semblable à celle du Tanganyka, sans en avoir cependant ni la profondeur, ni la même cause de formation.

» L'évaporation constante des eaux et la sécheresse exceptionnelle de certabes saisons, jointes à l'empiétement continuel des herbes

et des papyrus, Tont transformé en une longue série de petits lacs ou lagunes. Nul doute pour nous que toutes ces lagunes, pour les mêmes causes, finiront également par disparaître, dans un temps plus ou moins long. Je n'en veux comme preuve que l'exemple suivant : à notre premier passage du Lualaba, en août 1894, passage qui s*opéra au confluent du Luvoï et à Textrémilé nord du lac Kissali, nous prîmes le débit d eau de ce fleuve et en décembre 1892, à 110 kilomètres plus en aval, c'est-à-dire à sa jonction avec le Congo, nous constatâmes que, malgré le commencement de la saison des pluies, son débit était inférieur à celui pris Tannée précédente. Celte difl'éreiice, qui semble anormale, provient incontestablement de Tévaporalion constante des eaux du fleuve dans ses nombreuses expansions, évaporation plus forte que la quantité d'eau apportée par les affluents dans cette partie de son cours.

» Ces divers phénomènes ne su produisent pas, ou ne se sont pas produits seulement dans le cours du Lualaba, mais nous les avons constatés également dans la vallée de la Lufira, dont la large envergure, depuis les mines de sel de Moichia jusqu'aux chutes de Djuo, n'a formé, dans les temps reculés, qu'un vaste lac qu'eutourraient, au levant la haute chaîne des monts Kundelungus, au couchant celle des monts Muttus (1) ».

Nous signalerons les lacs actuellement connus, situés dans le bassin du Congo, sur le territoire de TËtat.

Le Stanley-Pool est formé par une large expansion du fleuve Congo : pour la description, revoir le § I du présent chapitre.

Le lac Léopold II a été découvert par Stanley qui l'explora imparfaitement en 1882. Depuis il a été lobjet de divers voyages, entre autres ceux de MM. Grenfell, Delcommune, De Meuse et Mohun.Les renseignements fournis par M. De Meuse sont les plus précieux. Le lac occupe la plus grande partie de la région comprise entre le 18* et le 19* méridien et le l*"^ et le 3* parallèle. Peu profond, à rives basses, sablonneuses et couvertes de forêts, le lac Léopold II est très dangereux à la navigation. Il communique ses eaux au Congo par l'intermédiaire de laLukenye,qui prend dès lors le nom deMfini.

(l) Bulletin de la Société royale de géographie de mai 1893 : Communication présentée par M. Delcommune.

Le lac Matutnba est situé entre O^'SO' et 0''4& lat. S. et iS"" et 18^38' long. E. ; il est accessible aux steamers par la voie de Tlrebu qui conduit au Congo le trop plein de ses eaux. On suppose, sans en avoir la certitude, que le lac Matumba communique avec le Léopold II.

Les deux petits lacsA^o^^ua et iV^a^a, formés par la rivière Monaî, cours supérieur de la Mongalla, ont été découverts par M. Hodister, qui y signala Thabitude des indigènes de construire des observatoires aériens.

Le lac OzOj situé sur le 29* méridien est, d*où vient la rivière Loa, n*est pas encore connu.

Les voyageui*s qui ont parcouru la Lukenye et la Tchuapa affirment Texislence duu lac intérieur^ situé non loin du Lomami, qui, d après eux, doit donner naissance à tous les cours d*eau de cette région du Congo.

Dans la région du Kalanga, le Lualaba forme une série de lagunes dont les plus importantes sont : les lacs Kabire, Kabele, Upemba^ Molenda^ Kissali. En outre, entre le T et le 8® parallèle, il s*en trouve une série qui nont pas encore été reconnus, mais que M. Delcommune signale comme devant exister.

Le lac Albert- Edouard, qui est situé presque en entier sur le territoire du Congo, est divisé en deux parties, réunies par un assez gros bras de fleuve : les indigènes appellent Mwutan Nùge la partie sud et Kusango la partie nord ; la rive sud du lac descend jus* qu*à environ O"" 44' lat. N. ; le lac y reçoit, à la pointe extrême, une rivière appelée Ruchuii*u: du côté nord, le lac Albert est joint au lac Albert Nyanza par une rivière plus importante, le Semliki. Les côtes méridionale et occidentale du lac sont bordées de montagnes qui s*élèvent jusqu'à 2,000 mètres; au nord-ouest s'étend la chaîne de rUsongoi*a, couverte de neiges et dont l'altitude varie de 1,175 à 4,500 mètres.

Pour le lac Tanganyka, voir notre notice du Livre premier, page 58.

Le lac Moero ou Kiloî, découvert par Livingstone en 1867, a été exploré par le lieutenant Francqui; c'est une nappe d'eau brunâtre, de forme allongée, d*une profondeur de 2 à 3 mètres, que traverse

le Luapula; de sa rive sud-est se détache un petit cours d'eau qui le met en communication avec la lagune de Monfoi, qui, anciennemenl, a dâ ne faire qu'un lac avec le Hoero.

La Chambezi, cours supérieur du Luapula, forme, par son immense expansion au sud du lac Bugado, le grand marécage de Bemba (plus de 100 kilomètres de largeur), qui. en temps de pluies, se transforme en lac grâce à la réception des eaux du Banguelo qui s'écoulent par une ouverture de la rive sud de ce lac ; à cette époque

les deux lacs semblent n'en former qu'un ; en temps ordinaire, le Banguelo ne descend pas au-dessous du parallèle H" 33' S.

Des lacs de moindre importance sont disséminés sur divers poinis du Congo : tels sont les lacs Mohria, par .environ 25° 50' long. E. et 7* 30' lat. S. ; le lac Samba, par environ 25° 20' long. E. et 80' 15' lat. S.; le lac Katsota, à ta frontière sud, oit prend sa source un ailluent du Lualaba; enSn. [llus à l'ouest, le lac DiM> situé en partie sur le territoire portugais, où prend sa source l'affluent du Kassaï qui forme la frontière.

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