CHAPITRE IV
Les stattoiu Inq^rtantas de l'État.
BiMiMA {12" 27' 06" long. E., el 6' 00' 21' lat. S.), chef-lieu du dislricl de Banaoa. — Banaaa, par sa situation exceptionnelle,
TDl SE BAHANA. "■ àticap ttMaear.
à l'entrée du Congo, était tout indiqué pour servir d'entrepôt au commerce intérieur et extérieur de l'État du Congo : mais son importance a beaucoup diminué depuis que la construction du chemin de fer a été entreprise. La localité consiste en ta réunion de factoreries de nationalités diverses ; les maisons petites et toutes blanches sont b&ties avec goût et coquettement parées de verdure; des parcs aux fleurs multicolores, de spleodides allées de cocotiers contribuent à donner un air de fraîcheur à la station, qui est en pleine prospérité. Elle est située sur une langue de terre sablou-
neuse qui dirige sa pointe vers le sud et occupe une longueur de 3 kilomètres sur une largeur variant de 40 à 400 mètres, et qu'on appelle pointe française. Un grand banc de sable, appelé banc de Stella, se trouve un peu plus bas que Textrémilé de la pointe. Les navires rasent ce banc de sable, puis, à Test, un autre banc nommé banc de Dialmath, et pénètrent dans une superbe baie de 3,000 mètres de longueur et de 400 mètres de lai^ur moyenne : cette baie est formée naturellement par un des bras du Congo, et la profondeur en est de 5 à iO mètres. Elle constitue le port, qui peut contenir un grand nombre de navires et qui en abrite journellement une dizaine au moins (i) : TÉlat a eu soin de faire placer à rentrée du port des bouées et d autres signes de pilotage, pour en faciliter laccès aux bateaux.
La moyenne de la population de Banana est blanche ; les nègres sont employés dans toutes les factoreries et au service du port; ces ouvriers sont en général recrutés dans la forte et vigoureuse race des Krooboys, qui rendent des services autrement sérieux que les nègres bacongos, en général abîmés et abrutis par Tabus de Talcool. Les Bacongos de Banana vivent du produit des fruits et du poisson qu'ils vont, en pirogue, vendre aux navires.
Il y a à Banana, en permanence, un consul anglais et un consul portugais accrédités, ce qui démontre l'importance de ce port au point de vue commercial.
Les principales maisons de commerce établies à Banana sont la Nieuwe Affikaansche Handelsvenootschap^ de Rotterdam; la Compagnie portugaise du Zaïre; quelques factoreries particulières et plusieurs petits comptoirs de commerce.
L'État a racheté à la British Congo, société anglaise qui a liquidé, tous ses bâtiments, parmi lesquels un superbe pavillon, habité par le commissaire du district.
Le climat est très sain dans cette station ; les Européens y supportent facilement la chaleur, tamisée par l'action du vent frais qui vient de l'océan ; un court séjour des malades à Banana, avant leur
(1) Les entrées de navires an port do Banana se chiffrent, pour le l*' semestre de 1893, par 41 navires au long cour^ et 181 bâtiments de cabotage*
rentrée en Europe» contribue à leur rendre rapidement les forces et la santé.
BoMA (13^ 06' 10" long. E. et 5* 51' 30" lat. S.), chef-lieu du district de Borna. — Borna, appelée par les indigènes la ville de rÉpauvante (1), consistait, au temps où Stanley remonta le fleuve pour la première fois, en un groupe de plusieurs factoreries anglaises, françaises, hollandaises et portugaises : ces factoreries se composaient de magasins, de hangars, etc., et les représentants des sociétés de commerce qui les exploitaient faisaient rechange des produits de Tindustrie européenne : coutellerie, fusils, poudre, etc., pour les produits naturels de la contrée : huile de palme, arachides, noix de kola, etc.
Depuis, fioma s*est complètement transformée : grâce à sa situation exceptionnellement favorable, elle a été choisie comme siège du gouvernement local qui, établi primitivement à Vivi, fut déplacé en 1886 (2). Elle est donc devenue la station la plus importante du Congo : c*est une véritable petite ville, où Ton vit à Teuropéenne et où le blanc peut mener une existence aussi confortable qu*en Belgique.
La station est située sur la rive droite du fleuve, dans Tangle formé par celui-ci et la rivière des Crocodiles, petit affluent très tortueux. Devant Boma, le courant du Congo est assez fort et les navires éprouvent quelque peine à aborder le pont de fer qui s'avance dans le fleuve (3).
La station est divisée en deux sections : Boma-rive (ou beach) et Boma-plateau, qui sont reliées par un tram.
 Boma-beach s'élèvent les constructions suivantes : entre le pier de TÉtal et la rivière des Crocodiles, le long de la rive, les
(1) Borna avait été de temps immémorial le centre du commerce d'eeclavee da Congo.
(2) Le choix de Vivi comme centre du gouvernement était une faute commise par Stanley ; la première station ayant été transportée plus à Test, celle-ci dut également être abandonnée à cause de Tinsalubrité de l*endroit et de la difficulté d*atterrinement des navires. Voir Livra I*', page 97.
(3) Il est entré dans le port de Boma, pendant le 1*' semestre de 1893 : 46 navires an long cours et 181 b&timents de cabotage.
ateliers de l'État (meDuiserie, forges, etc.). les magasins de U marine et des travaux publics, les établissements des droits de sortie, la poste; à cdié de ces établissements se trouvent la factorerie hollandaise, l'hôtel, les établissements des Magiuins généraux, les factoreries portugaises. Les Magasins généraux ainsi que la factorerie de la Compagnie portugaite du Zaïre possèdent un pier particulier. Les factoreries sont construites en planches. Les
Magasins généraux et l'iidtel, de même que les ateliers et magasins de l'Ëlat, sont en tdie.
Derrière Boma-beach s'étend une longue avenue qui court jusqu'au ravin, devant Boma-plateau ; elle est bordée de constructions en briques, à toits plats. Le ravin est contourné par deux routes : celle de gauche conduit à la force publique, qui est campée dans des cabanes ; elle est bordée par les magasins et les logements des sous-ofSciers et longe la batterie installée par le capitaine Roget. Le chemin de droite conduit à l'hôpital militaire, i l'église, à la cure, au pavillon du gouverneur, au secrétariat; plusieurs pavil-
Ions en lôle bordent ce chemin et servent de logement au médecin, au directeur des finances, au directeur de la justice.
Les constructions du plateau sont en bois : on y voit Tancien sanitarium, habité par les officiers de la force publique, le pavillon du commandant de la force publique, les bureaux de Tintendance,
BOMA, D*APBÂ8 tJN OBOQUIS DB M. VBBBBUGGHE.
du conservateur des titres fonciers. Le plateau est aussi occupé par la prison, construction nouvelle en fer.
Tous les pavillons sont entourés de jardinets coquettement arrangés, où poussent les lauriers roses, les cocotiers, etc.
Les marais qui séparaient le beach du plateau ont été comblés, nivelés et ont fait place à des jardins publics coupés de belles
avenues et oh une belle végétation répand de la galté et de Tombre.
Les campements sont situés, comme nous Tavons dit, entre la route de gauche et la rivière des Crocodiles : dans le camp de la force publique sont logés les Zanzibarites, les Dahomeyens, les Monroviens et les Sierra-Léoniens. On loge les Bangalas et les Haoussas dans un camp séparé appelé Camp des Bangalas.
Les environs de la station sont peu fertiles; partout croissent de grandes herbes qui atteignent parfois cinq mètres de haut. L*aspect de Boma est riant : on aperçoit la station, en venant de la mer, à plusieurs lieues de distance.
 proximité de Boma on construit un fort, au village de Chinkakassa, en aval de la station : ce fort empêchera le bombardement éventuel de Boma en défendant aux navires d'employer la seule passe qui puisse les y mener.
Entre Banana et Boma est établi un camp d'instruction, à Zambi. C'est le lieutenant Blocteur, qui avait accompagné rexpédition Van Kerkhoven jusqu'à la Mbima, que Ton chargea de la fondation de ce camp en janvier 1892. Cet officier a accompli sa tâche avec intelligence et les résultats obtenus sont remarquables : la station est établie sur une éminence, au bord du fleuve, où plus de 300 hectares de terrain ont été nettoyés et aménagés ; de grandes avenues ont été tracées, et on a immédiatement entrepris des cultures et des plantations : 60,000 bananiers ; cannes à sucre ; arbres fruitiers de toute espèce. Une briqueterie a été installée. L'essai d'élevage a parfaitement réussi : le troupeau, de â2 tètes qull comprenait en février 1892 a été porté, par les naissances, â 47 têtes en juillet 1893.
Matadi (13» 30' 56" long. E. et 5^ 49' 21" lat. S.), chef-lieu du district de Matadi. — Cette station a changé d'aspect de fond en comble depuis trois ans, grâce à l'établissement du chemin de fer. Aux quelques habitations antérieures sont venus s'ajouter un hôtel des Magasins généraux et diverses maisons de commerce qui vivent presque uniquement des dépenses faites par les employés blancs et noirs du chemin de fer. La Société belge du Haut-Congo y possède également un établissement pour le service des transports.
La Compagnie des Magasins généraux et celle du chemin de fer y ont fait construire chacune un pier, où peuvent aborder les plus grands navires.
Il y a à Matadi un camp de la force publique, où est logée la compagnie auxiliaire du chemin de fer.
Nous ne nous étendrons pas longuement sur la description de celte localité, dont l'aspect change chaque jour et qui est destinée à devenir Tune des villes les plus importantes de la côte d'Afrique.
LuKUKGo {W 16' 37" long. E. et 5** OV 22" lat. S.), chef-lieu du district des cataractes. — Lukungu est une des stations les plus importantes du fias-Congo, parce qu'elle est le centre de recrutement du grand nombre de porteurs qui sillonnent journellement la route des caravanes. Elle est située dans une magniûque vallée, d'une lieue de large, au bord de la Lukunga, dans un pays extrêmement peuplé. Elle comprend de nombreux bâtiments : maisons pour les blancs, magasins, camp de la force publique. Entre la station et la rivière se trouve un superbe jardin.
C'est aux différents commandants de cette station, MM. Francqui, Le Clément de Saint-Marcq, Van Dorpe et spécialement Vcreycken que la station de Lukungu doit sa prospérité actuelle.
Léopoldville (15^ 19' 11" long. E. et 4^ 19' 36" lat. S.), chef-lieu du district du Slanley-Pool. — Station très importante, mais dont l'importance sera reportée sur Kinchassa, désigné comme point terminus du chemin de fer. Elle est située à 300 mètres au-dessus du niveau du fleuve. Nous empruntons la description de la station au lieutenant Liebrechts (1), qui Ta commandée pendant deux ans et à qui elle doit surtout sa prospérité, grâce aux travaux incessants et fatigants que cet officier s'y est imposés : « Les bâtiments ont été construits sur une terrasse coupée dans le flanc du mont Léopold : ils contournent la montagne sur un développement de 300 mètres et ont une longueur moyenne de 40 mètres. Cette terrasse a exigé
(l) Publications de TÉtat Indépendant du Congo. — N^ 5 : LéopoîdviUe, par le lieutenant Liebrechts.
des travaux nombreux et importants et n'a été achevée que vers la Sn de Tannée 1884.
» Les bâtiments construits par Stanley n'existent plus. Il y a actuellement : deux grandes habitations pour Européens, Tune datant de 1884, lautre de 1885; trois bâtiments en planches, un construit en 1884 et deux en 1888; un magasin (de 1883) pour abriter les marchandises, et quelques constructions accessoires.
» Les bâtiments à Tusage des Européens occupent un hectare; ceux du personnel noir, un hectare également.
» Autour des bâtiments et du pied de la terrasse jusqu'à la rive, s étendent des cultures de création récente, couvrant une superficie d environ 30 hectares, de manioc, bananiers, goyaviers, cocotiers et fruits divers, ananas, riz, patates douces, plantes potagères, caféiers.
» Tous les chemins sont bordés par des bananiers et des plantes d*ananas. La superficie approximative des plantations actuelles est : manioc, 12 hectares 86 ares; patates, 60 ares; bananiers, 1 hectare 65 ares (sans les chemins); riz, 35 ares.
A Quatre hectares de manioc ont été récemment récoltés en trois mois (février, mars et avril 1889) et de nouvelles plantations de manioc ont été faites immédiatement après. Cette récolte a fourni la nourriture à 284 noirs pendant ce même espace de temps.
» Â la rive se trouvent des installations pour la réparation des vapeurs et des allèges; elles ont été faites pendant les mois de mai, juin et juillet 1887. Elles comprennent :
» 1^ Une coulisse de 60 mètres de longueur, sur laquelle il est possible de mettre à sec deux vapeurs à la fois : le Roi des Belges y était en construction quand le StatUey a été hissé sur ce même plan incliné; S^ un hangar pour les artisans; 3^ un magasin pour remiser les objets d'entretien et de rechange, ancres, cordages, etc.. qui concernent plus spécialement les capitaines, et 4^ un magasin à lusage des mécaniciens.
» Une mission baptiste est établie à l'angle sud-ouest du territoire de la station. »
Un de nos amis nous écrivait dernièrement : « Le Stanley-Pool
n'a pas moins de ressources que n'importe quelle autre contrée du Congo ; mais tu comprends qu'il n'est pas Tacile de nourrir le nombre énorme de blancs qui en habitent les bords. Il y a autour du Pool : Léopoldville, Kinchassa (maison belge de commerce), trois missions protestantes, une factorerie hollandaise, la station de Brazzaville, une mission catholique,^ une Tactorerie française et une autre hollandaise ; au total, une centaine de blancs. Aussi les vivres sont-ils fort chers. ■■
LE POBT SK LËOPOLDVILLS. ^1. it M Beerl.
« Lorsque l'on descend la colline de Léo, nous écrivait-on en i889, on traverse le jardin et l'on arrive au rivage d'une large baie que forme le Congo devant la station. Rien n'est plus joli que le spectacle que l'on aperçoit du haut du plateau de Léopoldville. b'un càté le fleuve qui sort au loin du Stanley-Pool, coule entre deux rives boisées et forme en aval de la baie les premiers rapides du Bas-Congo; de l'autre cdlé, au pied de la colline, le potager, les établissements nécessaires au montage des bateaux, le camp des noirs formé de buttes d'berbe; puis, plus loin, la plaine coupée par plusieurs plis de terrain boisés; dans le fond les coquets bâti-
menls de la mission et les cbimbecks du village de Ngalyema, Tirascible ami de Stanley. »
Les divers commandants du district du Stanley-Pool ont continué Tœuvre si bien conduite par M. Liebrecbts : M. Yanden Bogaerde et le lieutenant Gostermans, tout particulièrement, ont augmenté le nombre des bâtiments et apporté tous leurs soins à Tentretien des cultures et des plantations.
Un camp d'instruction a été établi en 1891 à Kincbassa, à deux heures de Léopoldville. Les débuts ont été pénibles, mais grâce â Tactivité du lieutenant Ricbard, le camp n*a pas tardé à donner d'excellents résultats, et, aujourd'hui, non seulement il fournit de bons soldats aux stations et aux expéditions, mais les immenses cultures entreprises par cet officier permettent de nourrir tout le personnel noir. Le camp comprend de belles constructions en pisé et en briques, une briqueterie, de grandes bananeraies, d'immenses champs de manioc, de maïs et de patates douces, parmi lesquels s étendent de longues avenues bordées de bananiers, de papayers, de manguiers, etc.. Les essais d'élevage du gros bétail ont parfaitement réussi.
CoQuiLHATviLLE (18** 13' lottg. E. ct 0** 5' lat. N. appr.), chef-lieu du district de l'Equateur. — La station fondée par les capitaines Yan Gèle et Goquilhat a été, depuis, transportée à l'entrée du Ruki, entre l'embouchure de ce fleuve et celle de l'Ikelemba, qui ne sont distantes que d'une centaine de mètres. Le lieutenant Lemaire, qui a en dernier lieu commandé le district de TÉquateur, a apporté tous ses soins à l'aménagement de cette station, qui a une grande importance à deux points de vue : commandant l'entrée des deux fleuves Ruki et Ikelemba, elle pourra empêcher le commerce d'esclaves que les indigènes opéraient dans ces rivières ; de plus, l'Equateur est un centre de commerce considérable et l'industrie du caoutchouc s'y pratique sur une grande échelle. Le lieutenant Lemaire a eu, en sa qualité de commissaire de district, la surveillance du camp dinstruction, commandé par le sous-lieutenant De Bock et situé sur l'emplacement de l'ancienne station de Yan Gèle ; les constructions du camp, qui peuvent loger un personnel de 500 noirs, sontdispo-
sées sur une ligne, parallèlemeni à la rive; elles sont en bambou, mais on les remplace progressivement par des maisons en briques. Derrière le camp on a entrepris d'énormes défrichements, et les plantations de toute espèce ont acquis un très grand développement. Les installations de Coquilhatville comprennent encore une factorerie de la société du Haut-Congo et une mission américaine, toutes deux fort confortablement aménagées ; une autre factorerie est établie sur la rive droite du fleuve, en face de la station.
Noovelle-Anvers (d9^ 09' 42" long. E. et 1^ 35' 56" lat. N.), cbef-lieu.du district de l'Ubangi-Uelle. — La station de Nouvelle- Anvers, ainsi baptisée par décret du Roi -Souverain, la plus importante du Congo après la capitale, mérite que nous rappelions en quelques lignes son histoire. Elle fut fondée le 7 mai d884, par le capitaine Hanssens, au milieu de la populeuse et sauvage agglomération des Bangalas. Nous avons vu les remarquables résultats obtenus par le capitaine Coquilhat, qui, avec ses trente-sept travailleurs, fit des prodiges; c est lui aussi qui recruta les premiers travailleurs bangalas, dont il envoya une partie à la station des Falls. Le 9 août 1885, il remit son commandement au capitaine Van Kerkhoven qui Texerça jusqu'en 1889, sauf d'avril 1886 à février 1887, temps pendant lequel le lieutenant Ernest Baert dirigea la station : Van Kerkhoven installa des briqueteries et, eu décembre 1887, il pendait la crémaillère dans la première maison en briques contruite au Congo. En octobre 1889, Baert fut nommé commissaire du district de TUbangi-Uelle, çt, pendant la période de son commandement, il apporta les améliorations les plus importantes à sa belle station : fabrication de tuiles, de carreaux pour pavage, extension considérable de la culture du café et du cacao. On peut afiirmer que c'est lui qui a fait de la station ce qu'elle est aujourd'hui. Le lieutenant Lothaire a succédé au lieutenant Baert en janvier 1892 et continue les excellentes traditions de progrès de ses prédécesseurs.
Le chef-lieu du district de l'Ubangi-Uelle, situé sur la rive droite, avec ses jolies maisons de briques rouges et blanches aux toits étincelants sur lesquels les grands palmiers étendent leurs bran-
cbes semblables aux pattes velues de gigantesques araignées, est certes la plus coquette petite ville du centre africain.
La simple énumération des bâtiments qui la composent indique suffisamment la somme de travail et d'énergie qu'y ont dépensée, sans compter, ceux qui l'ont commandée depuis sa fondation : 1'' un grand bâtiment en briques, de 6 mètres sur 12, servant de salle à manger, précédé d'une large vérandah, avec deux dépendances : office et magasin à vivres ; 2"" une maison à étage, de 10 mètres sur 4, entourée d'un large balcon servant au logement et au service du médecin (pharmacie) ; S'' la maison du commissaire de district : cinq places ; 4"" la maison du commandant de la force publique, faisant fonctions de chef de station : une chambre à coucher, un bureau, une chambre pour étrangers; S^ le magasin d*armes, comprenant aussi deux chambres pour sous-officiers ; 6* le magasin de marchandises, comprenant également une chambre et un bureau pour le comptable ; 7^ le magasin à poudre, couvert en tuiles ; 8"" la maison du capitaine de steamer et de son mécanicien : trois chambres ; 9^ le magasin de la marine et des vivres pour noirs; 10^ une cuisine; 11^ deux magasins pour remiser l'excédant des marchandises; 12^ la prison avec corps de garde, salle de police, cellules; 13"" une spacieuse salle de bains; 14^ un magnifique bâtiment, de 30 mètres sur 4, avec deux annexes de 8 mètres sur 4, le tout couvert en tuiles, servant d'hôpital pour noirs; cet hôpital a été construit derrière la station, dans un endroit exceptionnellement sain, et contient une quarantaine de lits; 15^ deux grandes maisons servant d'étables, qui abritent plus de trois cents moutons et chèvres.
Les maisons sont pourvues d'un pavage en carreaux qui leur donne un aspect exceptionnel de propreté; elles sont coquettement meublées et certaines d'entre elles, telles que le réfectoire, sont décorées avec recherche et bon goût. Le fond de la station est formé d'une haie qui relie les divers bâtiments et au delà de laquelle s'étendent au loin les bananeraies et les immenses plantations de manioc, de riz, de café, de cacao et de tabac; de longues avenues, bordées d'arbres fruitiers, traversent ces plantations.
La station comprend encore une menuiserie et une briqueterie
composée d'un grand four de il mèlre8sur4,abriiéparun hangar, et de six hangars de 35 mètres de long, qui reçoivent les briques pour être séchées : ce sont les libérés qui travaillent ta et iis deviennent d'excellents ouvriers.
Le vaste potager donne à profusion les légumes d'Europe; la station est dans une situation excellente au point de vue des vivres de toute espèce.
En amont de ta station s'étendent le camp des soldats de la force publique et l'agglomération des cases des travailleurs noirs ; ces cases sont construites en pisé.
OHE lUtBOlI EH GOXBTBCOTION A 1I0DVBII.I-AHTBBS'
Il y a à Nouvelle-Anvers une mission des prêtres catholiques de Scheut, qui s'occupe spécialement de la colonie d'enfants indigènes, et une factorerie de la société du Haut-Congo, fondée par H. Hodis- (er, qui y a séjourné pendant trois ans.
Le mouvement du port de Nouvelle-Anvers est très considérable ; il y passe une moyenne de vingt steamers par mois. Les environs de la station sont habités par une population extrêmement dense et très pacifique; c'est parmi elle que se recrutent les meilleurs soldats de la force publique, les Bangatas, qui sont enrôlés avec leurs femmes et qui, dans les stations, ont un camp spécial. Grâce à l'énergique intervention des commandants de Nouvelle-Anvers, les pratiques cruelles, les sacrifices humains et le cannibalisme
ont disparu de la région voisine de la station, sur un immense rayon.
Basoko (23*^39' 21" long. E. et 1^ 13' 47" lat. N.), chef lieu du district de rAruwimi-Uelle. — Cette importante station a été établie suivant les ordres du Roi-Souverain lui-même, au confluent de TÂruwimi et du Congo, pour servir de point de rayonnement vers l'intérieur et empêcher le passage de TAruwimi par les bandes arabes. Ce sont MM. Ponthier, Dhanis et Milz qui jetèrent les assises du camp. Le capitaine Roget en eut le commandement de juillet 1889 à septembre 1890 ; c'est à lui que la station de Basoko doit son rapide et grand développement; le capitaine Roget a admirablement compris les qualités que devait posséder une station située à proximité d*un ennemi aussi dangereux que les Arabes, et Ton peut allirmer qu'il a laissé à ses successeurs une statioaqui eût pu résister aux assauts, si formidables qu'ils fussent; la disposition, l'ordonnance des bâtiments font Tétonnement de tous ceux qui ont visité le camp. M. Fivé en prit la direction jusqu'au moment de l'arrivée du capitaine Chaltin, qui a conservé jusqu'en 1893 le commandement du district de l'Aruwimi-UelIe et qui a apporté des améliorations de toute nature au chef-lieu de son district.
Nous extrayons d'une publication de l'État Indépendant la description de Basoko : « La station est établie près de l'embouchure de l'Aruwimi. Elle s'étend en amont et en aval d'un cap de la rive droite qui forme ainsi un étranglement de la rivière. Les vapeurs touchent en aval de la pointe, en amont il y a des roches qui empêchent d'accoster. A la pointe, la berge a 5 mètres environ, à 200 mètres en aval elle n'a plus que 2 mètres, à 200 mètres en amont elle a 9 mètres de hauteur.
» En aval de la pointe, la forêt touchait encore à l'eau il y a deux ans et demi, actuellement elle a fait place sur 300 mètres de rive et 250 mètres de profondeur à des constructions et à des cultures. La terre est noire et humide. Le drainage par sillons fera disparaître l'excès d'humidité.
» En amont de la pointe, le sol est sec; sur une centaine de mètres de profondeur s'y étendaient, il y a quelques années, des
villages allant rejoindre les habitations actuelles des Basokos qui commencent à d.OOO mètres environ en amont.
» La station de fiasoko comprend, près delà pointe, un réduit composé de cinq maisons formant un quadrilatère; les façades sont tournées vers l'intérieur et les murs extérieurs sont crénelés. Au centre de la cour se trouve un magasin à poudre.
» Les bâtiments sont réunis par une muraille en pisé avec double palissade, banquette intérieure et porte pour le service. A la pointe même se trouve une batterie en cavalier qui permet le tir en amont, en aval el par le travers du fleuve. Un observatoire domine l'ensemble, d'où une vigie surveille le fleuve et le camp.
» A l'extérieur du réduit il y a une habitation pour le médecin avec salle de visite, de pharmacie, etc., et une construction servant de réfectoire avec cuisines et dépendances.
» Toutes les habitations faites à la bâte en pisé sont successivement remplacées par des maisons en briques à mesure de ta confection de ces matériaux. Les habitations sont entourées de potagers. Un boulevard, planté d'acacias blancs, entoure la station. A tyfi du baut-oomoo. l'extérieur du boulevard se trouvent
les baraquements de la troupe, disposés en trapèze dont le fleuve forme te grand côté. Toutes les fenêtres et les communications font f^ce à l'intérieur du camp. A l'extérieur de ce trapèze s'étend partout un champ de tir, d'une centaine de mètres, planté de patates douces et d'arachides dont le peu de hauteur assure, en tout temps, des vues sur le dehors.
» Par suite des Iles qui masquent l'embouchure de l'Aruwimi et la vue du Congo dans sa largeur, la surveillance du fleuve était incomplète; pour parer à cet inconvénient un poste a été établi k la pointe d'une. Ile dans te milieu du Congo, d'où
il voit le fleuve dans toute sa largeur, ainsi que la vigie de Basoko (1). »
Stanley-Falls (25» 10' 42" long. E. et 0* 30' 18" lai. N.), cheflieu du district des Stanley-Falls. — La station des Falls, qui avait été établie primitivement par Stanley dans Tlle Usana (les événements ont démontré que c'était une faute grave), fut reconstruite en 1888 sur la rive droite du fleuve, un peu en aval de Tancienne station. C'est le capitaine Van Gèle qui fit choix de l'emplacement et qui y installa MM. Bodson et Hinck; ces deux officiers firent les premiers travaux en attendant l'arrivée du résident officiel, le capitaine Haneuse. Celui-ci occupa tous ses instants, avec une activité et une initiative dignes des plus grands éloges, à la construction et à l'embellissement de sa station; il fit de réels prodiges et fut admirablement secondé par Bodson et Hinck. Après eux, le capitaine Bia, puis le lieutenant Tobback s'occupèrent plus spécialement du développement des cultures et des plantations.
La station proprement dite s'étend le long de la rive droite, tandis que la résidence, habitée par le résident des Falls, est située sur la rive gauche, à proximité des établissements arabes, aujourd'hui occupés par l'Ëtat.
Les bâtiments qui composent la station sont très nombreux; en voici la nomenclature, dont les chifires correspondent à ceux indiqués sur le croquis : 1^ maison en pierres des chutes, construite par Haneuse, servant au résident ou chef de la station ; 2^ maison en pierres des chutes, construite par Hinck, servant de salle à manger et contenant des chambres ; 3^ magasin en pisé ; 4^ maison en pierres, construite par Bodson, servant de logement aux agents; 5^ prison en pierres; 6"" habitations de la force publique; 7^ habitations des esclaves libérés; 8^ grands hangars pour les ouvriers; Q"" magasin de transit; 10'' magasin et cuisine; 11^ poulailler; 12^ maison des boys; 13"" magasin à poudre; 14"" grand hôpital; 15''etl6'' tonnelles de maracoujas.
Les plantations et les cultures ont pris aux Falls une extension
(l) Léon Roqst : Le district de rArawimi-Uelle.
plus considérable que dans les autres stations ; en aval de la station, les bananeraies occupent plusieurs centaines d'hectares; le riz, le maïs et te maoioc y sont cultivés avec soin et produisent une forte et abondante nourriture. En amont de la station, les résidents ont apporté des soins particuliers à ta récolte du café et du cacao;
,Y-FALL8, D'APBàS DES OBOQCIS Dl UH. BtMOK >T DAKHEH.
en 1893, on pouvait y compter plus deS.OOO pieds de ces précieuses denrées. Le potager des Falls est très riche et les arbres fruitiers y croissent en grand uombre. L'abandon définitif des Falls par les Arabes à la suite de la victoire de M. Chaltin a acquis à l'Ëtat toutes leurs installations et leurs cultures qui enrichiront considérablement celte station déjà si favorisée.
Djabbir (23^ 51' 02" long. E. et 3^ 54' 21" lat. N. appr.). — La station de Djabbir a été établie par le capitaine Roget, lors de son exploration de TEntre-Mbomu et Uelle : falliance contractée avec le puissan t chef de celle région est l'un des nombreux succès politiques de cet officier, qui conûa le commandement du poste au lieutenant Milz. Celui-ci, aidé des lieutenants .Mahutte et Dejaiffe, obtint des résultats remarquables et la station est aujourd'hui une merveille de goût, en même temps qu un poste solide, à labri de tout coup de main : elle fait honneur à ceux qui Tout conslruile.
Djabbir est situé sur la rive droite de TUelIe; le bâtiment principal consiste en un immense réduit, semblable à une forteresse, comprenant de vastes magasins et où la garnison de la station pourrait éventuellement soutenir un siège de longue durée; ce réduit a la forme quadrangulaire; les quatre coins ont des tourelles qui commandent dans tous les sens; les murs sont crénelés; la sortie donne sur TUelle. Une longue avenue qui passe devant le fort conduit, vers l'aval, au magasin à poudre, bâti sur voûtes, et au camp de la troupe, construit entièrement en briques; derrière celui-ci sétendent de grandes plantations, qui produisent la nourrilure nécessaire aux soldats. Vers l'amont, l'avenue mène aux habitations des blancs, qui comprennent : un grand bâtiment divisé en trois parties : salle à manger, magasin à vivres et chambre ; une cuisine située en arrière de ce bâtiment, enfin deux grandes maisons destinées. Tune au commandant de la station ou chef de zone, Tautre aux commandants des expéditions du Haut-Uelle lorsqu'ils séjournent à Djabbir. Tous ces bâtiments sont construits avec la plus grande élégance, sont coquettement meublés, et l'admirable végétation environnante leur donne un air de fraîcheur extrême.
Les plantations et les cultures, où le manioc, le riz et le maïs dominent, s'étendent au loin derrière la station.
Les populations voisines sont en général de race bandja; il y a aussi, sur les rives de l'IJelle, des tribus d'Ârubata et d'Âbassango. Le' chef de toute la région, Djabbir, vit dans les meilleurs termes avec les représentants de l'État du Congo.
LusAMBO (33^ 20' long. E. et 4« 48' lat. S. appr.), cheWieu du
diatxict -du Lulaba^ — ha ^eodide «t spacieuse sUIïod de LusamJbo, édifiée suivant les ordres du B^i (de même que Basoko) pour servirde barrière aux iaetursiDOS arabes dans le Haut-Lomami, le Lubilascb «l Ja Luliia, a été construite par le lieubeiiant PaulLe Marinol, qui, ma^ré ses excursioDS du Kalanga qm prirent une grande partie de :Sod temps, sut aménager son camp de telle sorte qu'il fait l'admiration de ses successeurs et des nombreux voyageurs qui .y «at séjourné; les adjoints de cet officier et le lieute-
KHOLOB ni aHÈTBBS A LtHMÀBOURO. '^'- '" "f- *• ««w-
Dant «Dfaania ont continué et achevé son œuvre. Elle est située sur la rive droite dn Sankuru, un peu en amont du confluent du Lubi, où se trouve établi le débarcadère. A proximité de ta rivière s-'étendent, sur une ligne, de spacieux magasins, qui sont séparés des habitations des blancs par un grand rectangle dont un bassin occupe le milieu ; le câté nord du rectangle est oecupé par neuf habitations ponr blanos, dont celle du milieu sert de logement au commissaire <de 'district; sur le petit côté ouest sont établis les magasios de I^rmurerie; le côté Est est libre, mais, plus au nord.
dans le prolongement de ce côté, existent trois grands magasins. La salle de réfection, avec annexes et cuisine, est située au nord du rectangle; elle est admirablement aménagée; derrière elle sétend une immense plaine, servant aux exercices et aux manœuvres, bornée par une belle avenue en arc de cercle, où sont disposées les habitations des travailleurs et de leurs femmes et qui se termine, vers Test aux jardins de la station, et vers l'ouest, à proximité de la rive, au camp de la force publique. Ici est également installée une grande distillerie.
Les plantations ont été l'objet de soins tout particuliers : les jardins de la station regorgent de légumes et de fruits; des champs de manioc s'étendent au loin, en arrière de l'avenue des travailleurs, sur un rayon de plus de cinq kilomètres. De superbes bananiers et des palmiers ont été plantés sur le champ d'exercice, où ils procurent de l'ombre en même temps qu'ils fournissent leurs fruits si utiles sous bien des rapports.
Nous croyons inutile d'insister sur la portée qu'a eu l'établissement du camp de Lusambo dans la campagne anliesclavagiste, ni de vanter rexcelience de son emplacement, tant comme barrière défensive que comme point de rayonnement des troupes de guerre vers l'est et des explorations vers la région du Katanga.
LuLUABOURG (22** 28' 18" long. E. et 5° 58' 13" lat. S.), cheflieu du district du Kassaï. — La station de Luluabourg est l'une des plus saines du Congo ; l'emplacement en avait été choisi par Wissmann, qui y avait laissé son charpentier Bugslag avec mission d'y construire quelques habitations. En 1886, le capitaine de Macar y établit une belle .station, à laquelle ses successeurs n'ont dft apporter que quelques modifications et embellissements.
La station est située sur la rive gauche de laLulua. Elle a la forme hexagonale. Au centre de cet hexagone est située la maison du chef; devant et derrière cette maison s'étendent de grands jardins; celui de derrière est ouvert sur un vaste panorama vers la Lulua.
Les bâtiments consistent en : maison du chef, maison du second, maison de l'interprète, deux maisons pour blancs, maison pour les femmes, magasin, arsenal, cuisine et logements des boys, caserne
de vingt et une chambres, deux maisons pour les étrangers et la garde, quatre bastions, prison avec chemin de ronde, deux tours à rentrée, étables pour le bétail, les chèvres, les moutons et les porcs, poulailler, salle de bains, deux hangars, tir. Ce vaste hexagone, sur lequel tous les bâtiments sont distribués avec régularité et où aucun détail n'a été oublié, compte 60 mètres de côté; H est entouré d'une palissade de troncs d'arbre taillés en pointe avec intervallation d'arbres verts plantés. Au centre de la station flotte le pavillon de l'État.
Autour de la palissade, il y a un boulevard de 150 mètres parfaitement nivelé et entretenu sans végétation ni constructions. A l'intersection des chemins d'accès à la station, des habitations pour nègres sont éparpillées comme avant-postes; un jardin potager d'un hectare environ, enfin les grandes herbes et une vingtaine d'hectares de cultures.
A environ mille mètres, un port, avec passage d'eau sur la Lulua.
Le capitaine de Macar soigna tout particulièrement ses cultures et son potager, ainsi que son bétail. Il fait de ses essais de culture la description suivante :
(c Dans le potager, les essais de culture de légumes européens ont été à moitié satisfaisants, les semences mises à notre disposition étant trop vieilles ou avariées, mais les choux, salades, endives, radis, petits pois ont réussi.
» Le sol est d'une richesse telle que ces légumes atteignaient des dimensions extraordinaires, surtout en hauteur.
» Le tabac a réussi, ainsi que le café, dont nous avons trouvé des plants dans les forêts, et le coton, lequel est particulièrement bien venu et sans aucun doute réussira dans toute la contrée.
» Les cultures consistaient en manioc, haricots indigènes, riz, maïs, canne à sucre, millet, sorgho, arachides, patates douces.
» Il y a, par an, deux récoltes et même trois pour le maïs ; une troisième récolte a très-bien réussi, mais comme elle n'était pas générale dans le pays, elle a été pillée et complètement détruite par les nuées de perroquets de la région. Les ennemis des cultures sont surtout les insectes, les termites ; il y a une grande quantité
de fourmis dont chacune a la spécialité d'un dommage ; le moyeu le plus efficace de les détruire est de les manger, comme funl les Degrés : elles fouroisseot un plat acidulé qui u'est pas sans saveur. Notre alioientation consistait dans les céréales ci-dessus, le produit de la cliasse et de la pècbe, la viande d'hippopotame, de porc, de mouton, de chèvre et la volaille.
» La flore du pays comporte aussi l'ananas, le piment, les tomates, ciboules, oignons, ignames.
» Avec le mais, le millet, le riz, nous rabriquions une bi^
B&TtMmTB DE LL BTATIOK DB LULUÀBODBa.
nommée bwalwa et le palmier nous fournissait A la fois le vin, l'alcool, l'huile d'alimentation et l'huile d'éclairage.
» En cas de disette de sel, nous avions appris des iodigèoes i en tirer d'une petite herbe qui croit près des rivières et s'appelle luepo.
» Les dix tubercules de pommes de terre que j'avais plantés m'en ont donné iSO, mais plus petits. »
A Luluabourg, le bétail a été tout spécïalemuit l'objet de la sollicitude des commandants de cette station. Après le commandant de Macar, le capitaine Braconnier a obtenu des résultats remarquables, et son passage à Luluabourg a été marqué par des embellissements coasidérables ; le capitaine Braconnier et, dans la saite, le lieutenant Liénart ont admirablement compris la lâche d'orgaoi-
sateurs qui leur incombait et c'est à ces trois officiers que le cheflîeu du district du Kassaî doit sa prospérité actuelle.
Nous sommes persuadé que la station de Luluabourg sera le premier centre de colonisation au Congo. Le climat y est sain, la population industrieuse et soumise, le sol d une fertilité rare et se prêtant à l'élevage du bétail, les moyens de communication avec la côte faciles, les forêts riches en bois de construction, de teinture, et surtout en caoutchouc. Noua le répétons, la station de Luluabourg tient, avec Bangala, la première place paraii les stations africaines, et elle sera certainement le but des premières émigrations de familles blanches.
ÂcTRES STATIONS ET POSTES. — Il uc nous est pias possible de faire la nomenclature des stations et des postes de l'État, nomenclature qui serait du reste fastidieuse et inutile, attendu que chaque jour amène la création de nouveaux postes, à mesure que le domaine de Tocrapation s'étend.
Les districts comprennent chacun un certain nombre de postes d'officier, qui deviendront à leur tour des stations; de ces postes dépendent de multiples postes commandés par des sous-officiers blancs ou noirs ; dans certains villages même, des postes de deux ou trois soldats indiquent l'occupation de l'État. Que l'on se rapporte à la carte jointe à notre livre pour les postes et stations de l'État.
Les endroits désignés pour devenir des stations du chemin de fer acquerront une grande importance; ee sont, provisoirement : Kenge» Lufu, Kimpesse, Inkissi, Ntamba et Ndolo ; cette désignation subira probablement des modifications.