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CHAPITRE PREMIER Bègne «i-w<itia.i

Animaux malfaisants. — La faune du Congo est riche en animaux malfaisants, mais bien peu de ceux-ci sont dangereux et attaquent rhomme. Nous citerons plus loin deux ou trois cas seulement d*accidents occasionnés par des animaux sauvages.

Le lion habite certaines forêts du Haut-Congo; le lieutenant Liebrechts dit en avoir vu aux environs de Léopoldville; le major Cambier n'en a pas vu, mais affirme avoir entendu pendant la nuit des rugissements signalant la présence du roi des animaux.

La panthère et le léopard se rencontrent dans le Haut, à profusion vers rUelle et Tllimbiri, parfois aussi dans le Bas-Congo : ils assaillissent l'homme et sont terribles lorsqu'on les chasse ; ils vont parfois jusqu'à enlever des enfants dans les villages. Le lieutenant Michaux a ramené d'Afrique un superbe léopard apprivoisé, qui lui avait été donné par le chef de Dibue ; ce léopard suivait son maître en liberté, absolument comme un chien; M. Michaux en a fait don au Jardin zoologique d'Anvers.

Les hyènes et les chacals sont très nombreux, et, la nuit, leur infernal concert empêche les voyageurs de dormir ; les cadavres abandonnés par les noirs leur fournissent une abondante nourriture, dans les endroits où ne règne pas le cannibalisme.

Les buffles vivent en nombreux troupeaux; ils sont très dangereux lorsqu'ils sont attaqués, car ils se retournent sur le chasseur maladroit qui les a blessés : le 16 août 1884, M. Reys, adjoint de

la station de Lukolela, fut tué par un buffle. La chair de cet animal est fort bonne et fournit une nourriture fraîche fort estimée des Européens.

Les sangliers viennent, la nuit, dévaster les champs de manioc, où ils commettent de grands ravages. Chose curieuse, la robe des sangliers est celle de nos porcs d'Europe, tandis que les porcs seraient pris facilement pour des sangliers.

Les loups se rencontrent surtout dans le Kuilu Niadi, où ils circulent en grandes bandes et ne reculent pas devant Thomme.

Vhippopotame est l'animal le plus commun du bassin : il se rencontre partout, sauf pourtant dans l'Aruwimi. A terre il est inoffensif, mais dans l'eau il est très hardi et très dangereux. Il a occasionné souvent des accidents, et malheur à la pirogue qui rencontre sur son chemin un de ces monstrueux animaux se laissant conduire au fil de l'eau, car elle est impitoyablement renversée.

La mort d'un hippopotame est toujours un. événement heureux pour les noirs, car elle donne lieu à une véritable curée : de la bête, il ne reste généralement rien, et ce partage est souvent la cause de rixes sanglantes. La chair de Thippopotame est très abondante, mais, à cause de la graisse, elle est d'une digestion laborieuse.

Véléphant, très répandu à partir de Léopoldville, est assez rare dans le Bas-Congo : l'apparition d'un de ces pachydermes y devient un cas extraordinaire. L'éléphant du Congo est énorme; ses défenses atteignent des proportions vraiment colossales. Il est inoffensif par lui-même; mais il est prudent de s'esquiver à la vue de leurs bandes qui circulent en écrasant tout sur leur passage. Nous reviendrons plus tard à l'éléphant à notre chapitre de Tivoire.

Les singes peuplent les forêts de tout le Congo : on en trouve de toute espèce, depuis le gorille jusqu'au singe de petite taille ; le chimpanzé est propre aux forêts du Haut-Aruwimi. On les voit, nullement effarouchés par la vue de l'homme, se suspendre aux arbres, s'élancer de cime en cime, et donnera la solitude des grands bois un aspect de vie et de mouvement. Le Katanga, et spécialement les environs du Lualaba sont peuplés de cynocéphales. Beaucoup de résidents ont apprivoisé des singes de grande et de petite

laille : le capitaine Van Kerkhovea avail, à Baagala, ud soko Dommé Jef, qui détestait les noirs el leur jetait, dès qu'il lee voyait, tous les projecLiies qu'il trouvait à sa portée. A Basoko, le commandant Roget possédait un graad singe nommé Jan, qai professait une profonde, aversion pour les femmes habillées et qui arracbatl le pagne de toute femme qui passait à câté de lui. Le même officier signale comme existant dans les forêts de rAruwimi t un lémurien. gros comme un chat, avec pattes ooBrtes, rolie grise, museau

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pointu et la démarche lourde rappelant nn petit ours. Si la nature l'a affligé d'ataxie locomotrice, elle l'a par contrf; armé d'ongles terribles qu'il emploie admirablement pour se défendre. II ne sort que la nuit; son cri est agaçant, n

Les crocodiles pullulent dans tout le fleuve et dans ses affluents; dans l'eau, ils sont très dangereux ; pourtant les indigènes ne craignent pas de traverser à gué certaines rivières qu'ils savent être peuplées par ces dangereux amphibies : il parait qu'en frappant Teau et en faisant du bruit, ils parviennent k les tenir momeata'

nément à distance. La rivière des Crocodiles, à Borna, est littéralement peuplée de crocodiles et les blancs ne manquent jamais de leur tirer des coups de fusil lorsqu'ils viennent dormir au soleil, sur les bancs de sable. A terre, ils fuient devant Thomme. On signale un grand nombre d'accidents occasionnés aux noirs par ces bêtes malfaisantes : à Lukungu, où le personnel de la station se baignait depuis très longtemps en sécurité dans la Lukunga, un noir fut surpris par un monstrueux crocodile, qui happa les deux jambes du malheureux; celui-ci parvint à s'accrocher à une branche d*arbre, mais lorsque ses cris déchirants eurent attiré du monde, on ne transporta à la mission qu'un tronc mutilé et horrible, dans lequel les missionnaires, par des soins et un dévouement admirable, parvinrent à conserver la vie. La chair du crocodile est très estimée de certains noirs, à cause d'une forte et désagréable odeur musquée, qui répugne à nos estomacs délicats.

Des serpents de toute grandeur et de toute espèce sillonnent les grandes herbes et les forêts. Le boa se rencontre partout : à Boma. on en a tué un d'une longueur de six mètres, au moment où il venait de dévorer un mouton et où le glouton animal en entamait un second. Les serpents venimeux n'attaquent jamais l'homme, mais il est dangereux de marcher sur un de ces ophidiens, car, dans ce cas, il mord et la blessure est presque toujours mortelle : en 1885, le lieutenant suédois Hintze fut mordu par un grand serpent vert à ventre jaune, sur lequel il avait posé le pied, étant à la chasse : il expira la nuit, après quelques heures d'atroces souffrances. Les serpents de petite taille s'introduisent dans les toits des maisons, y déposent leurs œufs, et ces hôtes incommodes et dangereux viennent à chaque instant vous rendre visite, jusque dans votre couche. On les tue facilement à coups de baguette.

Parmi les animaux malfaisants de moindre importance par leur taille, mais non par les ravages qu'ils occasionnent, nous citerons : les rats, qui vivent en bandes innombrables, sont très hardis et ne reculent pas devant une attaque de l'homme ; à Bangala, ces terribles rongeurs ont causé de vrais désastres. La civette dévaste les poulaillers et la chasse en est très difficile. La loutre se trouve dans tout le Congo. Viguane abonde dans le Haut, ainsi que le caméléon

et le lézard, qui atteint parfois des proportions extraordinaires.

L'air est sillonné d'oiseaux rapaces de grandes dimensions : les vautours, les aigles mirs et blanos, les faucons et les éperviers pullulent, de même que les corbeaux noirs et blancs.

On trouve partout des scolopendres, de grandes araignées, des centipèdes, des chenilles et des sauterelles : une grande espèce de celles-ci, de couleur violette, est très nuisible. Â signaler aussi les pfieuses, sauterelles vertes parmi lesquelles on compte beaucoup de variétés : leur grosseur vraie de celle de nos sauterelles d*Europe à celle d*un oiseau.

Les fourmis blanches font de grands ravages dans les stations : « Les termitières, dit M. Baerl, atteignent parfois des proportions énormes. Derrière Bangala, une série de ces termitières couvraient les champs ; elles avaient 4 à 5 mètres parfois, et étaient distantes de 40 à 50 mètres au plus. Les fourmis blanches envahissent les bois et les maisons, elles rongent les poutres des maisons et construisent leurs termitières avec Targile des parois. Dans la poudrière de Bangala, ces funestes insectes avaient parcouru les intervalles entre les briques et enlevaient peu à peu le mortier. Nous ne pûmes nous en débarrasser qu'en enduisant les murs de goudron végétal et en versant partout de Feau salée.

» Les grandes fourmis brunes se trouvent partout dans la forêt et parfois harcèlent tellement les hommes qu'ils ne peuvent pas fournir l'approvisionnement de bois de chauffage nécessaire au steamer. »

Un ennemi de Thomme, extrèment désagréable malgré sa très petite taille, est la chique {pulex penetrans) : cette puce s'introduit sur la plante des pieds, y dépose ses œufs, et l'infinité d'animalcules qui en sortent infligent une véritable torture au patient.

Il est inutile de dire que les moustiques de toute espèce et de toute grandeur abondent : on trouve au Congo notre mouche d'Ëarope, plus grosse; une espèce indigène qui pullule au bord de Teau s'attaque à l'homme. Les cousins occasionnent des piqûres douloureuses et des ampoules formidables. Le capitaine Van Gèle décrit d'une curieuse façon la manière dont les indigènes se défendent contre les moustiques : « Les blancs s'en gardent par de bonnes

moustiquaires, formées de rideaux de lit hermétiquement fermés. Le nègre, lui, plante quatre perches eu terre; il les relie à six pieds du sol par des branches d'arbre : cela lui fait un lit élevé sous lequel IL entretient du îea. En un mot, il s'enfume et dort là-dessus comme une souche. Il va de soi qu'il n'emploie ce moyen qu'en voyage; chez lui, il s'enferme dans sa case : là également une

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bonne et douce fumée le défend contre ses petits mais terribles ennemis. »

ANIIUU& iHOFP£ns[Fâ. — ■ On rencontre dans le fias-Congo de grands troupeaux de zèbres, qui gambadent par les plaines et y épandent la Joie de leur course désordonnée et bruyante, de même que les chevreuils, les gazettes, et tes antilope», ces charmants animaux aux formes gracieuses, dont la chair fournit une alimentation précieuse aux blancs.

. Les peuplades bandjas signalent au nord de l'Uelle la présence

de la girafe, mais ne peuvent déterminer la région de son habitat. En fait d oiseaux, les voyageurs citent : le canard, la pintade, la pintade huppée, Yoie, la bécassine, la perdrix rouge, le pélican, le héron blanc, Yibis, la caille, le faisan, la grue, Yaigrette blanche. Les oiseaux au plumage riche et varié abondent, et leur vol, par les jours ensoleillés, emplit l'air de toutes les couleurs de Tarc-en-ciel : les pen'oquets gris à queue rouge, les perroquets verts, les pigeons verts et gris, qui font un plat délicieux, les colombes, les tourterelles, les colibris, les hirondelles, les bengalis, des oiseaux dont le cri rappelle celui de notre coucou, et enfin une espèce de moineau aux couleurs éclatantes, dont la familiarité n*a rien à envier à notre pierrot d'Europe, qui a, lui également, son habitat au Congo.

Les rivières sont peuplées de tortues, dont les proportions sont parfois colossales, A'écrevisses qui sont un excellent aliment. On trouve des bancs à'huîtres et de moules d'un goût très agréable, et des escargots de grosseur moyenne. Les villages mabas, sur la rive gauche de TUbangi, se nourrissent presque exclusivement d'huttres délicieuses.

Tout le Congo et ses affluents sont extrêmement poissonneux : certaines tribus riveraines vivent exclusivement de la chair des poissons, qui entre, du reste, pour une bonne part dans l'alimentation du blanc. On connaît très peu les variétés de poissons qui peuplent les cours d'eau; une espèce très abondante est le silure, dont la forme et les habitudes sont semblables à celles de nos brochets : un voyageur affirme que leur poids atteint jusque quatrevingts kilogrammes. Les anguilles de grandes dimensions sont très nombreuses, de même que des espèces se rapprochant de la perche et de la brème. « Un poisson qui mérite une mention spéciale parmi tous ceux qui peuplent le Congo est le malapterme, de la famille des silures, appelé vulgairement le « poisson électrique a. Il se dislingue des autres variétés de sa famille par l'absence complète d'épines aux nageoires. Son corps est cylindrique et mou : l'animal tout entier est recouvert d'une peau lisse de couleur grisâtre et mouchetée de petits points noirs. L'organe ou plutôt la batterie électrique dont ce poisson est pourvu et qui lui sert à la fois à étourdir sa proie ou à se défendre contre ses ennemis, est placé

entre la peau et les muscles : elle présente l'apparence d*un tissu cellulaire graisseux, abondamment pourvu de nerfs. Le malaptermet dont la taille ne dépasse pas cinquante centimètres, donne, lorsqu'on Fexcite, des décharges électriques très fortes. Mes pagayeurs, pour jouer un mauvais tour à mon cuisinier, lui apportèrent un jour un malapterme. Le maître coq congolais se mit en devoir d'écorcher le poisson : mais à peine son couteau eut-il entamé la peau de l'animal, que celui-ci, développant subitement toute la puissance de sa batterie électrique, donna à mon homme une telle commotion que, poussant un hurlement de douleur, il tomba à la renverse et resta quelque temps étendu par terre, tout ébahi, ne sachant deviner la cause de la bizarre impression qu*il venait de ressentir (1). » Un poisson, appelé mbutu par les indigènes, fournit une chair blanche très ferme et d*un goût très agréable.

 Tembouchure de l'Âruwimi, dit Roget, lorsqu'on pêche le grand mocolo^ c'est une fête dans les villages. Cet énorme poisson est un sérieux destructeur de menu fretin. Il atteint jusque 2">50 de longueur, a Les gens de l'intérieur prennent dans les marais, en décembre, à l'époque des moindres pluies, des lépidosirènes ; ils les déterrent comme des racines en fouillant la vase dont la surface est séchée et crevassée. »

La faune entomologique du Congo est l'une des plus riches et des plus intéressantes : tous les ordres d'insectes s'y trouvent abondamment représentés et ils rivalisent par leur éclat et par la diversité de leurs formes avec ceux de l'Amérique du Sud, de l'Inde et des tles de la Mélanésie, contrées d'où viennent les espèces les plus curieuses et les plus recherchées. Un grand nombre des insectes recueillis au Congo présentent un intérêt scientifique important, par ce fait qu'ils viennent combler de multiples lacunes dans l'échelle de la classification.

Les coléoptères sont représentés par leurs plus grandes et leurs plus belles espèces : un insecte propre au Congo et qui pullule dans le Haut, est le goliath (goliathus gigantew), dont la grosseur atteint celle d'un petit oiseau : les élytres, très coriaces, sont d'un

(1) Extrait d*one lettre adressée à VÉtoik bdge, aa mois de janvier 189?. par on résident de Kinchassa.

beau brun ; le corselet, forte et solide cuirasse blanche ayant à peu près la moitié de la dimension des élytres, est coupé de quatre stries longitudinales complètes et de deux stries moindres, d'un noir velouté; la tète, très forte, est pourvue de deux gros yeux rouges à fleur de tête, protégés par des appendices proéminents; elle est prolongée en avant par une corne fourchue d'une grande dureté. Le dessous du corps est formé d'anneaux parchemineux d'un noir luisant et présente à plusieurs endroits, notamment dans les parages de la bouche, aux pattes et dans la région anale, un duvet roussâtre ; toute la carcasse de l'insecte est extrêmement résistante.

Les lépidoptères fourmillent : le docteur H. Robbe, savant collectionneur de papillons, a bien voulu nous communiquer à ce sujet la précieuse note suivante : « II faut citer dans l'ordre des lépidoptères les captures très intéressantes, faites par M. De Meuse, du papilio antimachus. Ce curieux papillon semble être, avec un de ses congénères d'Afrique, le papilio zcUmoxis, un des représentants de la faune lépidoptérique fossile. Capturé pour la première fois en 1775 à Sierra-Leone par M. Smeathman et ayant figuré dans l'ouvrage de Drury, son existence fut mise en doute par bon nombre d'entomologistes; le riche collectionneur Hewitson envoya à ses frais à Sierra-Leone un chasseur qui lui rapporta deux de ces papillons : l'un captivé au filet, l'autre tiré au fusil de chasse. On ne connaissait, il y a une dizaine d'années, que cinq ou six exemplaires de ce rare insecte, mais aujourd'hui les explorateurs du Congo en ont fourni quelques beaux échantillons. M. De Meuse a séjourné dans une localité où ce papillon se plaisait sans doute et en a recueilli une cinquantaine d'exemplaires. Â citer aussi, parmi les chasseurs, l'un des plus expérimentés, le capitaine Rom, qui a rapporté de chacun de ses voyages des espèces nouvelles très intéressantes et qui s'occupe encore en ce moment d'enrichir les collections de son pays. »

Les abeilles ont les mœurs de nos abeilles et fournissent un miel abondant et délicieux.

ANIMAUX DOMKSTiQUEs. — Lc chieu cxistc au Congo, mais la race

en est uniforme : il est petit, à poils ras, au museau très allongé, avec une sorte de nez de renard et des oreilles petites et pointues. Dans le Haut-Congo, il est très gras : on l'engraisse partout pour le manger. Nos chiens européens meurent très vite; la race qui résiste le mieux est celle des terriers; ils périssent rarement. Chose curieuse, nos chiens perdent la voix en arrivant et ne la recouvrent qu'après un ou deux ans de séjour.

Le chat existe, mais à l'état sauvage : il est assez méchant. Il est très rare dans le Haut-Congo.

Bétail. — Le bétail indigène se compose de moutons et de chèvres : les chèvres sont innombrables dans tous les villages, et constituent le principal objet de transaction et de marché des indigènes ; elles donnent un lait assez agréable au goût, mais que les noirs prisent fort peu. La race ovine est surtout féconde à l'intérieur ; elle est beaucoup plus résistante que celle importée de la côte. Le capitaine Thys a vu près de l'Equateur un troupeau de moutons de toute beauté.

On a introduit beaucoup de bétail dans ces dernières années : la société de Ttle de Maleba possède un troupeau considérable. L'espèce bovine n'est pas indigène : elle est importée de Mossamédès : cette race est très belle et la reproduction s'en fait dans d'excellentes conditions. Les stations et les camps du Bas-Congo possèdent des taureaux et des vaches, et le fumier que ces animaux déposent sert d'engrais et donne naissance à une herbe qui a les qualités nutritives de celle d'Europe.

Il y a aux environs de Léopoldville des plaines très fertiles qui deviendront des pâturages de tout premier ordre. Les alentours des stations du Haut pourront presque partout, à un moment donné, être convertis en prairies et en prés, et pourvoir à la nourriture de nombreuses tètes de bétail. Quant à la station de Luluabourg, elle possède dès à présent des pâturages extrêmement riches et elle entretient une véritable métairie.

La race porcine est représentée par des individus d'espèce plus petite que ceux d'Europe, mais qui se nourrissent tout aussi facilement et seront une source de richesse pour les colons de l'avenir.

Les ânes et les mulets sont importés d'Europe ; ils sont très nombreux dans le Bas-Congo ; cette intéressante race est appelée à rendre les plus grands services dans un temps rapproché.

La race chevaline est à peine représentée par quelques individus qui ont été transportés : la tsetsé n'existant pas au Congo, il n'est pas douteux que le cheval puisse être introduit avec succès ; la sensibilité de ses' pieds sera Tun des obstacles à son acclimatement. Les petits chevaux de Ténériife pourraient rendre des services sérieux à cause de leur résistance exceptionnelle ; Ttle de Mateba en possède plusieurs.

Les basses-cours sont très riches en poules de toute espèce, canards, pigeons, etc.. qui se nourrissent facilement et constituent le principal élément de l'alimentation du blanc dans le Haut-Congo.

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