II. — Monnaie gommkrgiale
Dans leurs rapports avec les blancs, la monnaie la plus prisée par les indigènes est le fil de laiton, qu'ils appellent mUaku; c'est la monnaie courante pour tout le Congo; la longueur du fil de laiton est de 60 centimètres ou un peu moins ; son diamètre est de 3 millimètres. Sa valeur est d'environ 8 centimes. Les noirs s'enroulent ces fils de laiton autour des bras et des chevilles. Le prix des objets qu'ils vendent est évalué par les nègres en mitakus et, pour la somme convenue, ils demandent des cauries (coquillage blanc de la côte orientale), des perles, de vieux habits, des mouchoirs, des étoffes de toute sorte et de toute nuance, surtout les étoffes rouges et soyeuses, des miroirs, des assiettes, des sonnettes, et même des bouteilles vides.
Dans le Bas-Congo, les indigènes au service de l'État et la plupart des chefs indigènes connaissent la monnaie de l'État et même la valeur des chèques et des traites. La monnaie de cuivre de l'État est surtout prisée par les noirs à son service ou au service de factoreries : les pièces de cuivre portent, au centre, un trou qui permet aux nègres de les passer dans des fils de laiton et de porter constamment sur eux, en guise de bracelets ou de colliers, leur petit trésor.
Entre tribus noires, les monnaies varient : dans le Bas-Congo, ce sont des tissus grossiers en fibres végétales; dans le Haut, c'est généralement l'esclave, dont la valeur est représentée par une somme variant de 100 à 300 mitakus ; vers les régions des grands lacsy la houe en fer constitue l'unité monétaire. Dans le Katanga, c'est le lingot de cuivre et le sel qui constituent la monnaie indigène. Le lingot a la forme de croix de Saint-André, aplatie, et pèse jusqu'à 3 kilogrammes. Une des monnaies les plus prisées par les indigènes du Katanga et des régions voisines du lac Albert est le sel, qu'ils transportent sous forme de tablettes ou de carottes ayant une valeur déterminée.
Nous verrons plus loin ce que la monnaie d'échange oflre de débouchés à notre industrie nationale.