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partout le palmier à huile (Elaïs guineensis), le -palmier à vin (Raphia vinifera) et le long des fleuves le dattier sauvage. Ce sont là les essences les plus typiques; l'élaïs de Guinée est commun d'ailleurs sur presque toute l'étendue du
Fig. 44. — Palmiers a huile (Elaïs de Guinée). A leur pied, culture mélangée de mais, de manioc, de banane. Vue d'une plantation dans la colonie allemande du Togo 1 Guinée) reproduite ici pour montrer le port de l'Elaïs. (D'après Vegetationsbilder de • Karsten et Schettck, — G. Fischer à lé na.)
Congo, il n'est rare que là où l'altitude est grande, par exemple au Katanga. Ajoutons l'acajou, grand arbre qui peut dépasser 60 mètres, le teck, Y acacia, Y arbre à coton, le tamarinier, le kolatier, Y arbre à beurre, le muscadier, les arbres à copal. Outre ces espèces, dans le sous-bois se développe une énorme quantité de fougères, d'orchidées et de
plantes les plus diverses. Très fréquemment orchidées et autres sont parasites, soit qu'elles absorbent la sève des plantes parasitées, soit qu'elles se contentent de s'en servir comme supports pour parvenir à étaler leur feuillage aux rayons ardents du soleil, par dessus la couronne des grands arbres. Telles sont les lianes, infiniment nombreuses qui, dans
Fig. 45. — Liane ficus enserrant le tronc d'un Capoquier (Kapokier) ou Fauxcotonnier dans la forêt de Loukoléla (rive gauche du Congo en aval du confluent de l'Oubanghi). Le Capoquier est un grand arbre (considérer le personnage au pied de l'exemplaire reproduit ici) qui fournit une bourre dont la fibre courte, très douce et abondante est employée déjà en quantité considérable dans la fabrication des coussins, matelas, etc..
un tissu emmêlé, enchevêtrent la forêt équatoriale en un fouillis inextricable que nous a si bien décrit Stanley. Parmi ces lianes, ne citons que les plus communes : les Landolphia, lianes à caoutchouc. La forêt du Katanga — exception faite de la forêt de bambous — se rapproche plus de nos forêts par l'aspect des végétaux et de leur feuillage.
Dans la savane, les essences forestières ont fortement diminué. Le baobab est apparu, V acacia se développe, les graminées très vigoureuses envahissent le sol, quelques euphorbes s'y montrent comme témoins du changement du climat. Le palmier est toujours abondant.
Fig. 46. — La forêt du Haut-Katanga, près des sources de la rivière Kouléchi (Congo primaire). Le personnage à l'avant-plan, le carnet de route à la main, est l'explorateur Lemaire qui dirigea plusieurs expéditions scientifiques, notamment celles du Katanga de 1898 à 1900 et du Congo-Nil de 1902 à 1905, et qui, par ses remarquables travaux d'investigations géographiques, acquit un des premiers rangs parmi les explorateurs modernes.
Cette richesse végétale du bassin entier s'augmente d'une plante qui, avec l'elaïs de Guinée (palmier à huile) suffit à caractériser la végétation congolienne; il s'agit du bananier qui croît sur presque toute l'étendue du bassin. La beauté de son port embellit les sites des villages qu'il entoure; son fruit exquis constitue une des plus riches ressources alimentaires du pays; sa fibre souple et son feuillage géant servent de matière première à l'industrie indigène.
Quel parti notre ami le nègre a-t-il su tirer de cette abondance végétale? C'est ce que nous verrons tantôt en l'étudiant de près. Nous verrons aussi comment les procédés coloniaux peuvent solliciter cette nature débordante à donner un rendement plus grand encore. Nous nous bornons poui
Fig. 4/. — Une bananeraie (Photographie communiquée par le Ministère des Colonies).
l'instant à concevoir aussi justement que possible les conditions physiques et biologiques du milieu congolien.
VI. — LES ANIMAUX. — Comme bien on pense, la superbe efflorescence de la vie végétale en Congolie y donne nourriture et abri à une vie animale intense : animaux d'eau et de terre, mollusques, vers et arthropodes, poissons, batraciens, reptiles, oiseaux, mammifères petits et grands.
Cette faune n'est pas particulière à la Congolie, c'est celle de l'Afrique équatoriale avec quelques variations sans doute
qui répondent à la nature du tapis végétal en chaque région du bassin congolien.
Les mollusques, huîtres et moules marines ou d'eau douce fournissent un tribut considérable à l'alimentation.
Fig. 48. — U.ve Termitière. — Les termites, improprement appelés fourrais blanches (les termites sont des névroptères, les fourmis des hyménoptères) vivent en sociétés très nombreuses. Comme chez les fourmis, on trouve chez eux des femelles et des mâles pourvus d'ailes et des ouvriers-soldats, sans ailes et bien armés de fortes mandibules. Ils rongent l'intérieur des arbres et des boiseries sans que rien apparaisse au dehors. Sans avoir été prévu, l'écroulement survient brusquement. Il est quelquefois très difficile de se mettre à l'abri des dégâts des termites. Leurs nids sont de véritables monuments ; monticules de terre construits d'argile mélangée de brins d'herbe et de petites fibres végétales, ils atteignent deux, trois et quatre mètres de haut. Leur architecture extérieure et intérieure est compliquée ; la disposition des galeries et des salles répond à un type qui varie peu.
(Phot. communiquée par le Ministère des Colonies.)
Parmi les arthropodesy très nombreux, les crustacés (crabes, crevettes, écrevisses) servent d'aliments. Quant aux autres arthropodes, arachnides, myriapodes et insectes, leur quantité est prodigieuse. Les carabes, cicindèles, hydrophiles, scara-
bées, cétoines, etc. (coléoptères); les grillons, cancrelâs et sauterelles — celles-ci, dans l'Oubanghi et le sud, émigrent en vols puissants et détruisent les plantations — (orthoptères) ; les termites improprement appelés fourmis blanches, dangereux pour les constructions en bois, et les libellules (névroptères) ; les abeilles et fourmis (hyménoptères) ; les papillons de jour et de nuit (lépidoptères); les punaises des
Fig. 4o.. — La mouche tsetsé ou mouche de pirogues, mouche de rivière, mouche à éléphant (glossina palpalis) vit le long des rivières, à l'ombre d'une épaisse végétation. A 500 mètres des cours d'eau, on n'en voit plus. Elle pond une larve unique qui ne supporte pas les rayons solaires. Elle est commune aux abords des endroits où le gros gibier vient boire et se baigner et dans les lieux où les noirs amarrent leurs pirogues. Elle guette dans l'ombre et d'un vol silencieux et rapide fond sur sa proie. Parmi de nombreux insectes — mouches et moustiques — ■ agents du transport des trypanosomes, bacilles de la terrible maladie du sommeil qui atteint noirs et blancs, la mouche tsetsé semble être le plus actif. Avec le sang de ses victimes, souvent gros gibier naturellement immunisé ou réfractaire, elle suce les trypanosomes qui se maintiennent dans les petits replis intérieurs de sa trompe, Elle inocule ensuite ces bacilles à de nouvelles victimes hommes ou bêtes. La maladie du sommeil qui a dépeuplé plus d'une région de la colonie est encore incurable. La thérapeutique en est peu avancée, tout au plus peut-elle allonger un peu la vie des malades et adoucir leurs derniers instants. Seuls des moyens préventifs peuvent être actuellement conseillés. Leur efficacité est d'ailleurs problématique parce qu'ils ne peuvent pas être généralisés : les rayons solaires tuant la larve de la glossine (tsetsé), on préconise le déboisement complet aux environs des points d'amarre des embarcations ; on préconise aussi la destruction en masse du gros gibier.
bois et cigales (hémiptères) ; les mouches, tsetsés, moustiques et puces (diptères et aptères) ; en un mot tous les insectes vivent là en terre promise.
La classe poisson est très richement représentée et constitue pour l'alimentation une ressource inépuisable. Signalons seulement les silurides qui sont les plus nombreux.
Les batraciens^ grenouilles, crapauds et salamandres atteignent de fortes dimensions.
Comme partout où il fait chaud et humide, les reptiles, serpents, lézards, crocodiliens et tortues, sont en abondance.
Les oiseaux pullulent dans toutes les régions. Oiseaux aquatiques, échassiers, colombins, gallinacés, grimpeurs, insectivores et granivores divers ne le cèdent en rien aux prédateurs de jour et de nuit. Plus de la moitié, peut-être les deux tiers des espèces d'oiseaux du globe sont représentés au Congo.
Parmi les mammifères, les mangeurs de végétaux et les mangeurs de chair sont à la fois très nombreux et puissants. Ruminants : antilopes de toutes variétés, de toutes tailles, la girafe, le buffle, le bœuf indigène et le bœuf importé, la chèvre, le mouton. Pachydermes : l'éléphant qui, dans le bassin du Congo rencontre des conditions parfaites de développement, s'est extraordinairement multiplié. On lui a fait une chasse effrayante dans le but de lancer sur le marché du monde une grande quantité d'ivoire. La forêt et la savane sont encore battues à sa recherche, et, justement inquiet au sujet du danger que court ce puissant animal appelé à rendre de très grands services à la colonisation, on réclame des mesures protectrices réglant la chasse. Des décrets en ce sens ont été promulgués. Seront-ils suffisants? On l'ignore encore. L'hippopotame est très nombreux dans tous les cours d'eau, lacs et lagunes. Les sangliers sont abondants. Le rhinocéros est moins répandu (Katanga, Manyéma, Bomou, Nil). Les zèbres vivent en troupeaux dans le Katanga, et aussi dans la savane du Manyéma. L'oryctérope ou cochon fouisseur (sorte de fourmilier) dans le nord et dans le sud, le daman au Nil sont encore à signaler. — Rongeurs : écureuils, porcs-épics, lièvres et surtout rats. — Insectivores : taupes et musaraignes. — Chéiroptères : chauves-souris de petite et de grande taille. — Carnassiers : le lion peu commun excepté dans le Katanga où il est grand ; la panthère et surtout le léopard. Celui-ci
caractérise la faune Carnivore du Congo. La hyène, le chacal, le chien indigène domestiqué, se rencontrent partout. Au Katanga, le lynx. Dans le nord il y beaucoup de mangeurs de reptiles et d'œufs de crocodiles : civette, genette et mangouste. — - Les quadrumanes dépassent tous les autres mammifères comme nombre d'espèces et d'individus, particulièrement dans la grande forêt : gorilles, chimpanzés, cynocéphales, cercopithèques et semnopithèques.
Jusqu'à présent, cette riche faune naturelle n'a servi qu'à satisfaire en partie au besoin d'alimentation et à celui, mal raisonné, du commerce de l'ivoire (ivoire de l'éléphant et de l'hippopotame). Des essais de domestication de l'éléphant et du zèbre ont suffisamment réussi pour prévoir l'importance des services qui seront rendus par ces animaux dans un pays où la mouche tsetsé empêche souvent l'introduction du cheval et du gros bétail.