COMMUNICATIONS INTÉRIEURES
La configuration géographique du Congo (i 5,000 kilomètres de réseau navigable sillonnant le Congo central, séparés de la mer par 400 kilomètres de cataractes et laissant dépourvus de voies de pénétration le nord-est, l'est et le sud de TÉtat) dicta le plan à suivre pour doter la colonie d'un
(z) Transports de Chinde à Kituta : £ 48 par tonne de 20 cwt ou 40 pieds cubes.
réseau complet de voies de communication : outiller le haut fleuve, le rattacher d'un côté à la mer, de l'autre aux frontières orientales et méridionales.
A. — Voies fluviales.
Bas Congo.
Le bas Congo est navigable pour les navires de mer jusque Matadi, soit sur une longueur de i5o kilomètres. Le chenal est constamment modifié par le courant; aussi de bons pilotes y sont-ils indispensables.
Les passes présentent quelques hauts-fonds ; le travail d'amélioration se poursuit constamment, de sorte que dans un avenir assez peu éloigné l'accès du fleuve sera devenu sûr et relativement commode.
Le bas Congo offre trois ports naturels en eau profonde et parfaitement abrités : Banana, Borna et Matadi.
Banana, à l'embouchure du fleuve, présente une rade large et sûre.
Mouvement du port en 1906 :
Navires au long cours :
218 jaugeant 512,790.00 tonnes.
Navires caboteurs :
547,389.98 tonnes.
L'importance de Borna est principalement due à sa situation de capitale de l'Etat.
Mouvement du port en 1906 :
Navires au long cours :
208 jaugeant 480,102.00 tonnes.
Navires caboteurs :
537,782.10 tonnes.
Matadi, par sa situation au terminus de la navigation maritime sur le bas Congo et à la tête de la ligne <iu chemin de fer vers le haut fleuve, est en outre devenu le grand port de transit des produits du Haut-Congo.
Un quai est en construction à Borna, mais les deux autres ports en sont dépourvus; des jetées en tiennent lieu.
Le port de Banana possède trois phares dont l'un, à II kilomètres au nord du port, empêche les navires de dépasser l'embouchure vers le sud et dont les deux autres marquent l'entrée du fleuve.
Mouvement comparé.
Ports de l'Angola : 366 bateaux de 617,649 tonnes en igoS.
Ports du Congo français : 100 bateaux de i63,o86 tonnes en 1905.
Ports de l'Afrique orientale allemande : gSo bateaux de i« 156,824 tonnes en 1905.
Communications.
Onze vapeurs desservent les trois ports du bas fleuve.
Deux steamers naviguent sur le Shiloango.
Tonnage de la flottille du bas Congo : 5oo à 600 tonnes.
Haut Congo.
Le haut Congo et ses afiluents forment un vaste réseau hydrographique auquel l'administration fait apporter de continuels perfectionnements. Encombré d'îles et de bancs de sable, subissant d'ailleurs de fréquentes et importantes variations de niveau, il a exigé, pour être utilisé comme voie navigable, un matériel naval spécial, composé de bateaux à fond plat, d'un faible tirant d'eau, actionnés généralement par une roue arrière (sternwheel) et donnant des vitesses variables.
Le tonnage de ces bateaux oscille entre 5 et 5oo tonnes.
Le matériel de navigation intérieure est encore complété par des remorqueurs, des barges, des allèges,^ etc.
En partant du Stanley-Pool, le Congo est navigable aux vapeurs jusqu'aux Stanley-Falls, soit sur plus de 1,600 kilomètres de développement.
A Ponthierville s'ouvre un nouveau tronçon navigable sur 3i5 kilomètres et qui conduit à Kindu (en aval de Sendwe).
Enfin le dernier bief navigable du Lualaba se
développe à partir de Kongolo jusqu'aux chutes de Konde sur 640 kilomètres.
Le Kasai peut être remonté par les vapeurs depuis son embouchure jusqu'aux chutes Wissmann.
La plupart de ses affluents sont navigables : la Lulîui jusqu'à Luebo, le Sankuru jusqu'à Pania- Mutombo, la FinuLukmie jusqu'à Lodja, le Loange jusqu'au 6° latitude sud, la Djuma jusqu'aux chutes Archiduchesse Stéphanie et le Kwango jusqu'aux chutes François - Joseph avec interruption à Kingunshi.
Ulrebu donne accès au lac Tumba.
UUbangi permet la pénétration des vapeurs jusqu'à Yakoma, mais non d'une façon courante à cause des rapides que l'on rencontre entre le 4® degré de latitude nord et Mokoange, à Banzy ville et à Setema.
La Busira Tshuapa et son affluent la Momboyo sont accessibles aux steamers sur de grandes longueurs.
Ulkelemba peut être remontéjusqu'àBombimba.
La Lulonga est formée du Lopori et de la Maringa, rivières accessibles sur de grandes distances.
Monveda est le point terminus de la navigation à vapeur sur la Mongala-Dua.
Le Rubi est navigable jusqu'à Buta avec interruption près d'Ibembo.
UAruwimi permet la pénétration des vapeurs jusqu'à Yambuya.
La navigation est possible dans le Latnami jusqu'à Bena-Kamba.
Le Luapula est accessible jusqu'à Kiambi; en amont du lac Moero s'ouvre un nouveau bief navigable limité à Kasenga.
Enfin la Lufira ne permet la navigation à vapeur que jusqu'à Kayumba.
Des travaux hydrographiques importants et de toute nature ont été effectués pour permettre la navigation intérieure dans les meilleures conditions possibles : c'est ainsi notamment que tout un matériel spécial de dragueurs, de dérocheuses à pilon, etc., a été envoyé en Afrique pour permettre lamélioration des passages difficiles; des cartes hydrographiques ont été dressées par un personnel spécial, etc.
LéopoldvÙle et Kinshasa sont les principaux ports fluviaux, chantiers navals de montage et de réparation des steamers de l'administration et des négociants.
Ponthierville possède également un chantier naval comprenant un atelier et des slips.
Dima, siège de la direction de la Compagnie du Kasai, constitue un petit port fluvial.
Un slip y est établi.
Communications par vapeurs.
Les stations du haut Congo sont réunies par une ligne régulière de navigation de LiopoldvilU à Stan- Uyville et retour. Ce service comporte un départ du
Stanley-Pool, les i»", ii et 21 de chaque mois. Le trajet se fait en vingt-deux jours à Taller et un peu plus de la moitié du temps à la descente.
Un service régulier existe aussi entre Liopoldville et Lusambo (et même Pania Mutombo à la saison favorable). Les départs ont lieu de Léo les 8 et 23 de chaque mois. Le trajet de Léo-Lusambo prend dix-huit jours et un peu plus de la moitié pour le retour.
Seize steamers ont leur port d'attache à Léopoldville ; leur tonnage varie de 10 à 5oo tonnes.
Vingt-cinq steamers assurent la navigation dans le bief navigable du fleuve ou de ses affluents ou servent à d'autres usages.
Les différents ports d'attache sont Coquilhatville {2 st.), Nouvelle-Anvers (i st.), Bumba(i st.), Basoko (i st.), Stanleyville (2 st.), Ponthierville (i st.). Lac Léopold II (3 st.), Lusambo (i st. sur le Sankuru), Libenge (2 st. sur l'Ubangi), Basankusu (4 st. sur la Lulonga), Mobeka (i st. sur la Mongala).
Cinq steamers, dont un sur la Likati, n'ont pas de port d'attache déterminé.
Enfin, un vapeur navigue sur le Tanganika.
Au total, l'Etat possède sur le haut Congo quarante et un steamers jaugeant globalement 2,780 tonnes.
Un steamer assure également le service sur le Nil dans le bief Lado-Redjaf.
Outre cette flottille, les corporations religieuses possèdent huit vapeurs et les sociétés commer-
ciales un total de trente steamers, ce qui porte à soixante-dix-neuf le nombre de steamers flottant sur le haut Congo.
Par barques à rames.
Les communications sur les parties du fleuve et de ses afiluents non accessibles aux steamers se font par des embarcations à rames, européennes ou indigènes.
Le hie{ M anyanga-Isangila est occupé par un service d'allégés en acier appartenant à l'État.
Les transports en amont des stations terminus de la navigation sont assurés par les bateliers indigènes. Leurs pirogues, qui ont une capacité de transport allant jusqu'à 5 tonnes, se réunissent souvent en convois importants.
B. — Voies terrestres.
Chemins de fer.
A. — Voies achevées.
I. La voie ferrée contournant les chutes Livingstone de Matadi à Léopoldville (398 kilom.) est exploitée depuis le i«r juillet 1898. L'achèvement de ce chemin de fer a provoqué une révolution complète dans l'économie du Haut-Congo, dont la plupart des produits n'avaient pu autrefois être jetés sur les marchés européens. C'est, en effet, moins une voie ferrée réunissant deux villes qu'un
canal unissant deux mers, et cette œuvre accomplie au milieu de difficultés extraordinaires a exercé une influence considérable sur le développement économique de l'État du Congo-
2. Le chemin de fer vicinal du Mayumbe, de Borna à la Lukula (60 kilom.), met la fertile région du Mayumbe en communication avec le Congo maritime.
3. Le chemin de fer de Stanleyville à PonthiervilU (127 kilom.) qui contourne les chutes de Stanley. Cette ligne est la première d'un vaste réseau destiné à relier les territoires de la Province orientale au réseau navigable du Haut-Congo.
B. — Voies en construction.
4. La ligne de Kindu à Kongolo qui atteindra vraisemblablement un développement de 32o kilomètres et qui constitue le second tronçon du réseau ferré de la Province orientale.
Actuellement le rail a atteint le kilomètre 67, la plate-forme le kilomètre 102, et l'attaque le kilomètre 118.